Béjaïa attend de ses nouveaux représentants une relance. L'urne a parlé à Béjaïa. Depuis vendredi matin, les nouveaux élus sont connus, même si leur officialisation ne se fera qu'après le verdict du Conseil constitutionnel. Pendant 21 jours la période de campagne a permis aux citoyens de prendre connaissance de l'identité des prétendants, notamment les têtes de liste mais aussi de connaître leurs intentions aussi bien sur le plan économique que politique et social. Cette période a été marquée par des sorties publiques des listes concurrentes qui ont présenté, via des conférences de presse ou des conférences-débats et des meetings, leurs programmes respectifs devant des électeurs loin d'être emballés. Des généralités aux détails, certains candidats se sont laissés aller à des promesses qu'ils se doivent de concrétiser au risque de voir leur statut de député déjà assez malmené, contesté. C'est, d'ailleurs, l'un des facteurs qui est à l'origine du fort taux d'abstention à Béjaïa. Tous en sont conscients et déclarent travailler désormais pour réhabiliter le rôle du député et son statut au sein de la société. Pour ce faire, chacun y est allé, hier, de son commentaire et surtout de sa stratégie. Les nouveaux locataires entendent tous ouvrir une permanence au chef-lieu, d'autres parlent de plusieurs permanences. Le tout étant de rester au plus près du citoyen pour l'écouter et prendre en charge ses préoccupations dans des délais raisonnables. S'agissant d'un mandat national, les élus commencent, déjà, à réfléchir aux alliances qui leur permettraient d'apporter des réformes aux institutions, amender les codes communal et de wilaya, amender encore une fois, pour certains, le code de la famille, augmenter les pensions etc. Mais ce qui demeure essentiel pour les citoyens, ce sont les actions futures pour l'amélioration de leur quotidien. Le développement local, la sécurité, l'emploi et l'aménagement urbain sont autant de questions sur lesquelles les citoyens ont, certes, entendu les candidats, et attendent à présent le changement. Les nouveaux élus semblent prendre la mesure des choses et se montrent, dès à présent, prêts à se mettre à l'oeuvre. Les besoins sont là et ils sont énormes pour une wilaya fortement en retard sur tous les plans. Soumise à une crise qui a duré près de cinq ans et durant laquelle aucun développement n'était possible, Béjaïa attend de ses nouveaux représentants un nouveau souffle. Les élus aux commandes des municipalités peinent à relancer la machine du développement. Eux aussi attendent un soutien des députés. Un soutien à propos duquel se sont engagés les nouveaux parlementaires lors de la campagne. Comment développer le tourisme, le vrai? Comment attirer davantage les investisseurs? Comment régler les conflits et contentieux fonciers? Comment améliorer le réseau routier, véritable poumon du développement? Comment soutenir l'activité du port et de l'aéroport, très souvent malmenée par des décisions irréfléchies? Autant de questions auxquelles les nouveaux députés doivent aménager des réponses. Des solutions sous forme de propositions ont été annoncées. Ils restent à les rendre réelles, donc tenir ses promesses et c'est tout le défi qui attend les nouveaux locataires de l'APN. C'est aussi l'unique voie pour réhabiliter le politique aux yeux du citoyen. Une des leçons du scrutin que l'Algérie venait de vivre.