Le transfert des enfants cardiaques à l'étranger a coûté 12 millions d'euros à la Cnas. La liste des enfants atteints de maladies cardiovasculaires s'allonge. Leur prise en charge se complique. D'autant plus que le seul centre de prise en charge des patients atteint de ce genre de maladie, celui de Bou Ismaïl en l'occurrence, dispose d'une liste d'attente de 3500 patients. «Ils sont 2000 enfants malades qui ont été pris en charge en 2006», a révélé, hier, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, Tayeb Louh. Cette déclaration a été faite en marge de la signature d'une convention entre la caisse nationale des assurance sociale (Cnas) et les cliniques universitaires Saint Luc (Belgique). L'objectif principal consiste en la résorption de la liste d'attente des enfants relevant de la chirurgie cardiaque infantile. Leur nombre dépasse, selon le ministre, les capacités d'accueil nationales (la clinique médico-chirurgicale infantile (Cmci) de Bou Ismaïl ou les cliniques privées). Il s'agit notamment de l'amélioration des performances de la Cmci de la Cnas. La prise en charge des enfants cardiaques en Algérie permettra, à coup sûr, de réduire les dépenses publiques de leur transfert à l'étranger qui sont d'environ 30.000 euros par malade, soit l'équivalent du coût de traitement d'une dizaine de malades en Algérie. M.Louh a révélé, aussi, qu'en 2006, le transfert à l'étranger des enfants cardiaques a coûté à la Cnas 12 millions euros. Leur prise en charge dans les cliniques du pays a été estimée à 600 millions de dinars. Au mois de mai 2006, M.Louh, qui effectuait une visite d'inspection et de travail à la Cmci de Bou Ismaïl, avait précisé que les prises en charge ont coûté près de 3 milliards de dinars à l'Etat en 2005. Cette même prise en charge, à l'intérieur du pays, ne coûtera que 150.000 à 400.000DA par malade alors qu'elle atteignait 1,5 million à 3 millions de dinars par malade. Des chirurgiens étrangers seront sollicités pour effectuer les opérations chirurgicales. Ainsi donc, des solutions ont été trouvées pour soulager la souffrance du nombre important d'enfants cardiaques porté sur liste d'attente. Pour ce faire, des conventions avec des hôpitaux étrangers sont en cours de négociations notamment avec les Britanniques, les Suisses et les Italiens pour les opérations en Algérie. Il est projeté, par ailleurs, la réduction puis l'arrêt des transferts des enfants cardiopathes à l'étranger. Cet objectif sera réalisé grâce notamment à la réalisation de trois établissements publics spécialisés. La convention signée entre la Cnas et les cliniques universitaires Saint Luc, vient renforcer le nombre de structures étrangères spécialisées en chirurgie cardiaque infantile partenaires de la Cnas. Elle intègre en outre l'aspect du transfert de technologies avec formation des équipes médico-chirurgicales de la Cmci et l'intervention sur site en Algérie d'équipes de chirurgiens belges.