Les dernières déclarations des responsables de cette formation sont-elles les signes d´un désarroi des formations de la «coalition» présidentielle? L'Alliance présidentielle traverse-t-elle la zone de turbulence? Le pilote - FLN - est secoué par une crise intestine. Le RND joue la sourde oreille. Le Mouvement de la société pour la paix monte au créneau et se répand en réclamations. Les responsables de cette formation dénoncent cette panne. Ainsi, la coalition présidentielle est-elle à la croisée des chemins? Les dernières déclarations des responsables du MSP sont interprétées comme des signes de désarroi. Le président du parti, Boudjerra Soltani n'est pas allé par trente-six chemins pour dénoncer l'actuelle situation de stagnation de l'Alliance. Abdelmadjid Menasra a opéré des tirs croisés à l'encontre de ses alliés. Net, clair et précis: il accuse le FLN et le RND d'être gâtés par le pouvoir. Le vice-président du MSP, Abderezak Mokri, a déjà indiqué dans une déclaration à L'Expression que «les rencontres de l'Alliance ne sont pas efficaces». Lorsque trois grosses pointures du MSP se démarquent des deux autres formations qui fondent l'Alliance, cela montre au moins qu'à défaut de feu dans la maison, cela ne tourne pas rond et qu'il y a du «gaz» dans les rouages. Le report, à deux reprises, du sommet de l'alliance confirme cet état de fait. A ce jour, les trois formations n'arrivent pas à trouver un consensus sur leur prochain rendez-vous au sommet. Là encore le MSP endosse au FLN la responsabilité de la mise en «stand-by» de leur rencontre. Le parti de Soltani estime que la «crise interne du FLN» est la cause de ce non-respect du calendrier de fonctionnement de l'Alliance. Accusation rejetée dans le fond et dans la forme par le FLN; Saïd Bouhadja, porte-parole de ce parti renvoie la balle dans le camp du MSP et du RND. Il estime que les priorités partisanes du FLN, du RND et du MSP seraient à l'origine de ce retard. «Le MSP est préoccupé par les préparatifs des élections locales», a-t-il souligné. Toutefois, le MSP s'inscrit en faux contre cet argument. Le parti du défunt cheikh Mahfoud Nahnah témoigne que les préparations pour les locales sont à un stade très avancé. Le conflit au sein de l'alliance a commencé presque une année après sa naissance. Le clou a été enfoncé, notamment après les dernières élections législatives. Ce scrutin a donné naissance à une grande polémique à propos de la présidence de l'APN, ainsi que sur le partage des présidences des commissions de la chambre basse. Le MSP a revendiqué le perchoir, estimant être sorti grandi des dernières législatives qui l'ont formidablement boosté sur la scène politique nationale. Il essaye ainsi de se démarquer de ses alliés. Mieux encore, M.Soltani a toujours revendiqué un gouvernement neutre. C'est ainsi que lors de campagnes de sensibilisation pour les projets du président, M.Soltani a réitéré comme un leitmotiv: «Nous n'avons rien contre Ouyahia, ni contre Belkhadem. Mais, plus que jamais, nous continuons à exiger un gouvernement neutre». L'autre point qui confirme encore le désaccord entre le MSP et les deux autre formations est la question liée à la révision de la constitution. Contrairement au FLN et au RND, lesquels affirment leur volonté de s'inscrire toujours dans le programme du président, le MSP estime que l'actuelle «constitution est parfaite». Abderezzak Mokri a affirmé que «le projet de la révision de la constitution ne figure pas dans l'agenda politique du parti». Les divergences persistent sur d'autres points politiques importants. A propos du retour sur la scène politique des anciens dirigeants de l'ex-FIS, le MSP s'est dit favorable. Le président du parti affirme souvent qu'interdire à quelqu'un l'activité politique est contraire à la Constitution. Il est allé même loin: Boudjerra Soltani a aussi plaidé pour une amnistie générale et l'élargissement de la réconciliation à certains ex-dirigeants du parti dissous. Et pourtant, ce même parti a soutenu jusqu'au bout le projet de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, lequel est clair quand au cas des personnes impliquées dans la tragédie nationale. Ce qui ressort à la lumière de ces données: le MSP ne sait plus sur quel pied danser. C'est l'histoire du beurre et l'argent du beurre. Dès lors, la question se pose: dans quel camp se place finalement le parti de Boudjerra Soltani? Est-il un parti opposant? «Jamais cela, affirme-t-on à l'unisson!» Est-il un ami du pouvoir? «Oui, mais...», le MSP affiche désormais une volonté de cavalier seul. Il semble privilégier dans son discours la logique «de la compétence politique»: une alternative aux principes de l'alliance? C'est là la nouvelle attitude du MSP qui se démarque de ses alliés. Tout laisse à croire que ce ne sont là que les énièmes étincelles dans le ciel faussement serein de l'Alliance présidentielle.