Les automobilistes à El-Oued s'énervent de plus en plus contre ces petites carrioles qui occupent les routes de la ville, tirées par des ânes et conduites par de jeunes garçons. Ces véhicules parasites, dont le nombre ne cesse d'augmenter, gênent sérieusement la circulation et portent préjudice à la réglementation routière. De jeunes enfants, victimes de la déperdition scolaire, s'adonnent à la pratique du transport de marchandises par carriole. C'est du moins le seul créneau auquel ils ont accès, étant donné que l'investissement est presque nul. Néanmoins, l'insouciance de ces conducteurs de carrioles et leur méconnaissance totale des règles de circulation ajoutées à la mauvaise qualité des routes et l'étroitesse de la chaussée augmentent les tracas des automobilistes. Eux qui payent vignette et assurance, sont souvent obligés de se ranger en files interminables, bloqués derrière une carriole nonchalante. Parfois, des bêtes tirant leurs carrioles, s'élancent seules dans une course folle à travers les rues, causant blessures graves et dégâts matériels. Pire encore, des accidents mortels ont eu lieu ces dernières années, causés la nuit par des carrioles sans feux ni cataphote arrière. Les autorités locales pour qui ces carrioles représentent un emploi permanent pour près d'un millier de jeunes chômeurs ne sont pas encore prêtes à les supprimer, ni même à réglementer leur circulation par des bandes blanches limitant leur parcours sur les routes à grande circulation.