Ils ont paraphé, hier à Dublin, un document interdisant les armes à sous-munitions dans le monde. Ce projet de convention qui vient s'ajouter à celle d'Ottawa portant sur les mines antipersonnel a été initié en 1976 par un certain nombre de pays dont l'Algérie, qui avaient proposé l'interdiction des armes à sous-munitions. Le projet de convention qui a été conclu après une semaine et demie de négociations difficiles entre les 111 pays, interdit «l'utilisation, la mise au point et le stockage des armes à sous munitions», et devrait officiellement être signé lors d'une cérémonie à Oslo les 2 et 3 décembre prochain avant sa ratification par l'ensemble des pays signataires. Le texte de convention prévoit notamment la destruction des stocks existants de bombes à sous-munitions (Basm) durant la décennie en cours. Elle laisse cependant la porte ouverte à une autre génération de Basm, décrites comme étant plus précises et moins dangereuses pour les populations que celles-ci. Les organisations nationales et pays signataires espèrent que ce texte aura le même impact que la Convention d'Ottawa de 1997, bannissant les mines anti-personnel. La Norvège, pays à l'origine de cette initiative ayant abouti à cette convention, a dit espérer que les Etats-Unis et les principaux producteurs de ces armes signent cette convention. Ainsi, le ministre norvégien des affaires étrangères a déclaré vendredi: «Nous ne stigmatisons pas diplomatiquement les autres pays qui n'ont pas signé. C'est à eux de prendre leurs propres décisions (...) nous avons créé une structure qui autorise les pays à s'y joindre.» Ces propos viennent en réponse à l'absence remarquable des grands pays producteurs de ces armes destructrices, à savoir les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde et Israël. Cependant, les Etats-Unis ont d'ores et déjà répondu à ce dernier. Tom Casey, porte-parole du département d'Etat américain, a déclaré au cours d'un point de presse sur l'accord conclu à Dublin que «rien de ce qui s'est passé ces derniers jours n'a changé notre position». Interrogé sur l'impact qu'une telle position risque d'avoir sur l'image des Etats-Unis, M.Casey a indiqué que «les gens tireront leurs propres conclusions». Ce même porte-parole a aussi ajouté que «les Etats-Unis sont profondément préoccupés par l'impact humanitaire, non seulement des armes à sous-munitions, mais de tous les types de munitions utilisées en temps de guerre». Ces déclarations paradoxales et à l'antipode de la politique militaire américaine, ne traduisent pas moins qu'une intention de cette dernière à ne pas rejoindre le cercle des pacifistes. La Grande-Bretagne, quant à elle, se veut un exemple pour les autres, puisqu'elle a annoncé la mise hors service de l'ensemble des Basm cette semaine. «C'est à nous de faire en sorte que la convention suscite une dynamique», a déclaré le chef de la diplomatie britannique David Miliband, lors d'une rencontre de presse sur les marches du Centre Nobel pour la Paix.