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«Je prône la laïcité...»
LE REALISATEUR NOURI BOUZID AU «MAGHREB DES FILMS»
Publié dans L'Expression le 17 - 10 - 2009

Repéré grâce à cette manifestation, son film Making of sortira enfin en salle française, le 28 octobre prochain.
Il est toujours intéressant d'écouter ce qu' a à dire un réalisateur sur son film, même s'il est déjà vu et plusieurs fois distingué, notamment au Festival international du film arabe d'Oran, il y a 2 ans et où nous y étions. Bref, assister à sa projection dans un cadre autre qu'«arabe» mérite l'attention. Car parfois, il s'avère fructueux.
Nous ne nous sommes pas trompés. Le réalisateur tunisien Nouri Bouzid était invité à présenter une rétrospective de ses films au «Maghreb des Films», une manifestation qui s'étalera jusqu'au 12 novembre et consiste chaque année à projeter des films d'obédience arabe à Paris, et ce, entre les sept salles du réseau. Faisant un crochet par Paris, nous avons été invités par Djamila Ouzahir, chargée de la communication à assister à l'avant- première du film Making of de Nouri Bouzid à Paris.
Film qui date de 2006 (Tanit d'or et Prix d'interprétation masculine aux Journées cinématographiques de Carthage, en 2006, prix d'interprétation masculine et du scénario au Tribeca festival, New York, Prix d'interprétation masculinité, Prix de l'espoir et du meilleur montage au Fespaco ainsi que plus de vingt autres prix, ce n'est que maintenant que le film sort en France.
En effet, repéré grâce au Maghreb des Films, il sera dans les salles françaises à partir du 28 octobre prochain. Orignal par la configuration de sa trame qui comprend trois coupures ou «Making of», le film sonde les intentions du réalisateur in vivo. Comment? En se justifiant du pourquoi du «sujet» dans son long métrage.
Et c'est cela qui nous gêne en fait... L'histoire, une fiction, est celle de Chokri alias Bahta, partagé entre ses deux passions, sa voisine qu'il aime et le hip-hop ou le rap. Oisif et une âme rebelle, il aspire à la harga afin, pense-t-il, trouver une vie meilleure en Europe et s'éloigner de ses douleurs et frustrations. L'Irak vient d'être envahi par les Etats-Unis d'Amérique qui ont fini par renverser le régime de Saddam Hussein.
Une défaite pour les Arabes, ressentie plus comme une agression dans sa chair. Dans un pays miné par la répression policière, Bahta, obnubilé par la danse, en fait souvent les frais à cause de sa grosse gueule. Il est vite repéré par une bande d'islamistes qui tentent de l'enrôler prétextant l'envoyer au paradis en devenant un martyr de Dieu.
Mais Bahta est dur à cuir, hésitant. Il remet en cause ce projet de société. Il a peur aussi et interrompt le tournage par trois fois. S'ensuit un dialogue surréaliste entre lui et le réalisateur.
Le making of! Et pourtant, ce dialogue «réel», d'après le réalisateur, devient suspect aux yeux du spectateur. Pourquoi le réalisateur sent le besoin de s'entendre parler dans le film? Son oeuvre ne suffit-elle pas à elle seule pour dire...? Le réalisateur n'assume-t-il pas son oeuvre jusqu'au bout? Sans doute...
Reste que le film est puissamment beau et les jeux des comédiens, particulièrement de Bahta, filmé en gros plan, est fort éloquent. Nouri Bouzid présente en première partie Duel, un court métrage de 19 minutes, un Belgo-Tunisien qui dénonce le pouvoir du capitalisme.
«Un film d'école réalisé par un marxiste» dit-il. Inspiré et beaucoup influencé par Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard, Duel met en scène un valet de chambre confronté chaque jour au patron de l'hôtel dans lequel il travaille. Il vit très mal ces rapports de force et tente de s'en évader par l'imagination..
Malgré les tentatives d'analyse assez réussies de certains «franchouillards» dans la salle, le réalisateur préfère débattre sur son second film qui lui semble plus important à ses yeux.
Devant un parterre composé de Français, de Maghrébins et ou de Français d'origine maghrébine, Nouri Bouzid se veut intransigeant dans ses propos directs et sans ambages. Révélant un peu plus loin qu'il est athée, il estime d'emblée que le Coran ne peut être appliqué dans les rapports sociaux au quotidien.
«Pour le quotidien, vous appliquez les lois de la République. Si on applique les lois de la Charia ce serait un enfer!» A qui croyait-il s'adresser? Des Maghrébins dans la salle s'en offusquent. Des Français sont également interloqués.
Un Français prend la défense d'une Maghrébine qui se défendra de pouvoir faire la prière quotidiennement sans que cela interfère ou gêne le cours de son existence..
«La loi de l'Islam est une croyance personnelle que tu appliques chez toi à la maison, sinon tu rentres chez toi en Tunisie. Ici c'est la laïcité, tu appliques la loi de la République. L'Islam interdit l'intérêt bancaire. Et pourtant cela existe. C'est cela la laïcité. On ne peut concilier Islam et laïcité, c'est faux! On est dans l'hypocrisie. Il faut dire que cela est dépassé. Chez nous c'est un tabou. Mélanger l'Islam à la politique hélas, est une maladie génétique chez nous. Ce qui a été dit dans le Making of, je le pense réellement. C'est exactement cela qui a gêné les autorités...», souligna le réalisateur excédé.
Un peu plus tard, Nouri Bouzid redevenant un peu malléable ou tolérant, nous déclare en aparté: «La laïcité renforce l'Islam». A-t-il tout dit? Trop dit ou pas assez? Quoi qu'il en soit, ses paroles ont heurté la sensibilité de plus d'un Arabe dans la salle. Des moments forts comme celui-là, le public est invité à venir les vivre et ce, jusqu'au 12 novembre. En tout, 66 films, se répartissant en inédits, hommages, thème: «Musiques en images», séances spéciales, sans oublier les courts métrages comiques de Zangro qui figurent au programme.
La soirée inaugurale a eu lieu le 7 octobre dernier avec un hommage à Yasmine Belmadi, héros - récemment décédé - du film Beur, blanc rouge de Mahmoud Zemmouri et des extraits de Pigalle, série bientôt diffusée sur Canal Plus, une projection suivie de débats avec le réalisateur, des membres de la famille de Yasmine et ses amis.
Au menu aussi, des coups de projecteur sur les films de Merzak Allouache dont Harraga, un hommage à Serge Moati et un coup de chapeau à Noureddine Sail, Mohamed Abderahmane Tazi et Abdelkader Lagtaâ notamment et des inédits dont Mostefa Benboulaïd, en présence de son réalisateur Ahmed Rachedi... A ne pas manquer.


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