Des sources sécuritaires ont indiqué à L'Expression que les chefs des deux organisations terroristes, Hattab du Gspc et Zouabri du GIA, accompagnés de leurs lieutenants respectifs, se sont rencontrés il y a une dizaine de jours près du village de Derrag, dans la wilaya de Médéa. Pas moins de 150 hommes armés, appartenant aux deux organisations, ont assuré la sécurité de cette rencontre secrète. Intrigués par ce déploiement de forces, certains citoyens ont alerté les services de sécurité. Tandis que les formations politiques traversent leur quatrième année de coma et laissent indifférents les citoyens, l'actualité sécuritaire reste la caractéristique majeure. Une «pause» de deux mois du côté des GIA, un déferlement de nouvelles chez le Gspc de Saouane, Hassan Hattab en villégiature dans les maquis de Derrag pour rapprocher les rangs, la dissidence de Houti pour ouvrir la région sud-est à Zouabri. C'est la semence terroriste souterraine qui signe le prochain départ d'une nouvelle escalade à travers les villes et villages de Médéa. Si la vie dans les maquis GIA est donc pour l'heure à la réorganisation générale, l'affûtage des armes et les «marchés» macabres dans lesquels les quatre-vingt-quatre irréductibles de Kara, Roukia, Benselem se placent hors concours, le Gspc de Saouane négocie, apprend-on, un double rapprochement : avec katibat El Ahouel d'Al-Afghani cantonnée entre Theniet El-Had, Tissemsilt et Mascara (250 à 300 éléments), et la phalange de l'Est sous l'émirat de Hassan Hattab qui aurait rendu visite à Antar Zouabri pour ouvrir un large couloir à une reprise des attentats contre les forces de sécurité. D'autres sources inscrivent cette rencontre au coeur de la concorde civile préparée secrètement et activement par ces deux émirs. L'autre donne, celle-là plus inquiétante, est la dissidence de Houti, ex-chef zonal du Gspc de Ouled Antar, qui vient de passer sous la bannière des GIA avec une trentaine de terroristes. Ce sont les populations de Ouled Antar, Ouled Hellal, Derrag, Aziz et même Ksar El-Boukhari qui vont renouer avec l'horreur des années 92-96. Cela obligera du même coup les troupes de Saouane (100 à 150 éléments) à descendre dans l'arène pour défendre un territoire et une véritable manne logistique sans lesquels le Gspc n'existerait pas encore. A ce propos, on raconte que les quatre katibate de Saouane luttent depuis des mois contre la faim, l'épuisement nerveux, les maladies chroniques et, plus encore, contre un ennemi autrement plus redoutable: des centaines de chacals continuellement à l'affût d'éléments affaiblis dont quelques-uns ont déjà connu une mort effroyable. En effet, des bergers qui sillonnent la région rapportent des scènes horribles de cadavres déchiquetés, desquels ne subsistent que des lambeaux de vêtements afghans. Dans les maquis de Derrag et d'Ouled Hellal, ajoutent d'autres sources, les bandes armées ne peuvent plus fermer l'oeil de jour comme de nuit face aux crocs des chacals et des hyènes qui les traquent sans répit. En somme, le châtiment inattendu du Seigneur...