Des ONG internationales ont exhorté hier le président égyptien, Hosni Moubarak, d'intervenir pour autoriser une marche vers Ghaza, prévue à partir de demain et interdite par les autorités. «Nous sommes des partisans de la paix, nous ne sommes pas venus en Egypte pour créer des problèmes ni provoquer des conflits», écrivent les organisateurs de cette marche dans une lettre ouverte au président égyptien et à sa femme, Suzanne Moubarak, distribuée lors d'une conférence de presse au Caire. Dans ce texte, les organisateurs disent «espérer une réponse positive» à leur requête. Quelque 1400 militants de 43 pays avaient annoncé, la semaine dernière, leur intention d'organiser une marche vers Ghaza à partir de la ville frontalière de Rafah pour marquer le premier anniversaire de l'agression israélienne contre le territoire palestinien. Mais les autorités égyptiennes leur ont opposé lundi une fin de non-recevoir. «Compte tenu de la situation sensible dans ce territoire, l'Egypte ne peut coopérer» à un tel projet, avait indiqué, dans un communiqué, le ministère égyptien des Affaires étrangères. Le ministère avait averti que «toute tentative de violation de la loi et de l'ordre public par des organisations locales ou internationales sera sanctionnée conformément à la loi». Du 27 décembre 2008 au 22 janvier 2009, Israël avait lancé une offensive aérienne et terrestre contre le Hamas dans la bande de Ghaza, faisant 1400 tués palestiniens. L'agression a également détruit l'infrastructure de Ghaza et aggravé l'impact du blocus imposé en juin 2007 par Israël sur cette étroite bande surpeuplée (1,5 million d'habitants, dont 85% dépendent de l'aide internationale). Les autorités égyptiennes ont, par ailleurs, annoncé jeudi qu'elles n'autoriseraient pas l'entrée sur leur territoire d'un convoi d'aide humanitaire destinée à la bande de Ghaza, mené par le député britannique George Galloway. Le convoi est bloqué depuis mercredi en Jordanie.