Un niveau qu'ils n'avaient pas connu depuis près de cinq ans au point que l 'Opep avait réduit sa production de l'ordre de 2,2 millions de barils par jour. Les dés étaient jetés. Après avoir atteint le record historique des 147 dollars le 11 juillet 2008, les cours de l'or noir allaient connaître une descente aux enfers qui allait mettre en exergue la vulnérabilité de l'économie nationale, dépendante totalement des exportations en hydrocarbures. Il était dit tout de même que l'Algérie allait terminer 2008 en fanfare, puisque les réserves de change engrangées durant les douze mois de l'année dernière allaient atteindre la somme de 78 milliards de dollars, grâce, essentiellement aux exportations des hydrocarbures. L'économie nationale pouvait compter désormais sur une fabuleuse manne financière de près de 140 milliards de dollars à la fin du mois de décembre 2008. Mais 2009 allait mal commencer. Même très mal, après l'effondrement des cours de l'or noir. Une conséquence directe de la crise financière internationale qui a pris corps aux Etats-Unis avec la crise des subprimes. Elle fut foudroyante. Au mois de septembre 2008, Lehman Brothers, quatrième banque d'affaires américaine, allait faire faillite. En Algérie, les discussions allaient bon train et les membres du gouvernement, qui se sont exprimés à ce sujet, ont tous affirmé que le phénomène ne nous concernait pas. Le ministre des Finances allait même se montrer très peu prévoyant en déclarant sur les ondes de la Chaîne III: «Les cours des hydrocarbures ne devraient pas connaître de chute significative.» Sous le fallacieux argument selon lequel le système bancaire algérien était déconnecté du système financier international, bon nombre de responsables ont estimé que la crise ne toucherait pas notre pays. Beaucoup plus prudent, Abdelaziz Bouteflika allait tirer la sonnette d'alarme bien avant que l'économie nationale ne subisse ses premières secousses. «La crise économique mondiale, dont les contours demeurent encore incertains, n'épargne pas notre pays, notamment au niveau de ses revenus tirés des hydrocarbures», avait averti le chef de l'Etat au cours d'un Conseil des ministres consacré à la loi de finances complémentaire 2009. Une mise en garde à laquelle s'est joint le gouverneur de la Banque d'Algérie, dès la fin du mois de décembre 2008, au plus fort de la chute spectaculaire des prix du brut, sévèrement affectés par la crise financière internationale qui a occasionné pas moins de 500 milliards de dollars de pertes aux banques du monde entier. «L'importante chute des prix du pétrole réduit de manière considérable les recettes d'exportations du pays et, partant, la capacité d'épargne budgétaire. Une faiblesse durable des prix du pétrole se traduirait donc par un fort amenuisement de l'épargne accumulée ainsi que par une baisse corrélative des réserves de change», avait déclaré Mohamed Laksaci au cours d'une rencontre qui a réuni les présidents-directeurs généraux des banques et des établissements financiers à l'Ecole supérieure des banques d'Alger. Ces prévisions n'allaient pas tarder à se concrétiser puisque la balance commerciale n'allait afficher qu'un tout petit milliard de dollars d'excédent pour les six premiers mois de l'année 2009 contre 20 milliards de dollars pour le premier semestre de l'année 2008. Un objectif demeurait alors prioritaire: la réduction de la facture des importations qui avait atteint le chiffre record des 40 milliards de dollars en 2008. Pour y remédier, des mesures draconiennes ont été introduites dans la loi de finances complémentaire 2009. La remontée des cours de l'or noir aidant, avec en toile de fond une sortie de crise annoncée de l'économie mondiale, le gouvernement semble avoir, ainsi, limité les dégâts. Le niveau des réserves de change même s'il n'a pas évolué au même rythme qu'en 2008, est resté appréciable: 146 milliards de dollars. Il a pu profiter d'un prix du baril de pétrole qui s'est stabilisé dans une fourchette comprise entre 75 et 80 dollars depuis de nombreuses semaines. Reste à résoudre la délicate question de l'étroite dépendance de l'économie nationale des exportations en hydrocarbures qui ne pourra se réaliser qu'avec la mise en oeuvre d'une économie productrice de richesses. Ce qui épargnerait bien des angoisses et des frayeurs dès que les cours de l'or noir font un plongeon. Un objectif sur lequel ont buté tous les gouvernements qui se sont succédé depuis l'Indépendance.