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«L'esthétique du bâtiment ne se décrète pas»
DJAMEL DJEMAI, VICE-PRESIDENT DU CONSEIL DE L'ORDRE DES ARCHITECTES D'ALGER, À L'EXPRESSION
Publié dans L'Expression le 20 - 06 - 2010

Les acteurs du secteur de l'habitat sont unanimes: l'Etat dispose en cette période, de moyens humains et matériels à même de faire du secteur de l'habitat une véritable locomotive de relance économique. Il y a en Algérie 12.500 architectes et 2700 ingénieurs recensés pour 1541 communes. Sur la mauvaise qualité architecturale, la loi sur la régularisation des constructions illicites et le million de logements, le vice-président du Conseil de l'ordre des architectes d'Alger et membre du conseil national de la même structure, Djamel Djemaï, nous livre ses impressions.
L'Expression: Il y a deux ans, vous avez organisé deux journées-débats sur la qualité architecturale à Béjaïa. Où en êtes-vous aujourd'hui et y a -t- il eu écho à vos recommandations?
Djamel Djemaï: Vous savez, la qualité architecturale, l'esthétique des bâtiments tout comme la cohérence urbaine et l'harmonie du cadre de vie ne se décrètent pas. Par contre, on peut les cibler comme objectifs et mettre en place les dispositifs nécessaires pour les atteindre au bout d'un processus. En ce qui nous concerne, il faut nous reconnaître le mérite d'avoir engagé effectivement le débat sur ces questions, d'avoir établi un diagnostic qui, sans prétendre à son exhaustivité, a tout de même été global dans son exposé pour ensuite déboucher sur une série de propositions pour lesquels nous avions alors recommandé un effort législatif. La-dessus je crois qu'il y a encore fort à faire pour espérer un écho. C'est vous dire que sur le terrain, il y a à reconnaître que les conditions pour l'«exploitation» du meilleur de nos capacités sont loin d'être réunies et ce n'est surtout pas et toujours du côté de l'architecte qu'il faut orienter les griefs, si ce n'est vers lui qu'il faille aller chercher des réponses même si, en tant que soumis à un code de déontologie et justiciable d'éthique, ce dernier est quelquefois interpellé et, notamment dans sa «conduite» en tant que tel.D'autres initiatives, pour les mêmes objectifs, ont été prises par certaines autres instances de l'ordre locales, il y a encore à espérer un vrai travail de coordination entre elles pour en faire de vrais cercles de réflexion et des forces de proposition desquels pourra s'inspirer la décision publique. Malheureusement, l'inertie l'a emporté sur la dynamique qui, bien que mise en branle les années précédentes, s'émousse quelque peu, aujourd'hui. Raison d'ailleurs pour laquelle une série d'actions visant la redynamisation autour de ces questions, a fait récemment l'objet d'une programmation exceptionnelle au niveau du Cloa d'Alger et sera bientôt mise en oeuvre.
Vous voulez dire que l'administration n'est pas à l'écoute et que les conditions ne sont pas adéquates pour une meilleure conduite de vos projets?
Il faut savoir que lorsque l'architecte, tout comme n'importe quel intervenant dans la chaîne de l'acte de bâtir, est mis dans de mauvaises conditions de travail, c'est d'abord l'intérêt public qui est compromis et les conséquences sont autrement plus préjudiciables pour la société. Nous ne voulons pas dire qu'il y a volontairement acte de mise sous cote de la profession d'architecte mais force est de reconnaître qu'il n'est fait appel à elle que comme formalité, d'abord toute procédurière puis, et pour le reste du temps, comme celui à qui échoit fatalement le rôle de garantir «l'esthétique» et quoi qu'il en soit.
C'est d'ailleurs, souvent en cela qu'il y a entrelacs entre maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre au détriment, quoi qu'en soit l'issue, de l'intérêt public, de notre environnement urbain et enfin du citoyen. De quoi, finalement, méditer sur la viabilité des relations maître de l'oeuvre-maître de l'ouvrage et sur leurs capacités à les rendre opérationnelles et synergiques.C'est notamment vers ce niveau des préoccupations que nous souhaitons voir ces deux partenaires, à l'avantage de tous, orienter leur intérêt et le travail réglementaire s'y concentrer.
Mais il n'y a pas que l'administration qui est responsable d'un si piètre résultat. En tant qu'architectes vous avez votre part de responsabilité.
Une autre façon plus franche de vous répondre est de nous interroger: est-ce que c'est au maître de l'ouvrage de réunir de meilleures conditions à l'architecte pour pouvoir produire en qualité ou est-ce qu'il appartient, notamment à ce dernier de «se mettre» en situation d'accomplir sa mission «loyalement» et d'assumer son rôle en tant que professionnel assermenté et soumis à un code de déontologie? Le mieux est qu'on ait la simultanéité de ces deux scénarii et chacun, en ce qui le concerne, n'est que mieux responsabilisé. Le pire est que ni l'un ni l'autre ne sont dans cette optique.
Nous insistons, à juste raison, sur la responsabilité partagée, entre maître de l'oeuvre et maître d'ouvrage. Chacun dans le rôle qui est le sien, est appelé à oeuvrer à la réussite des projets d'architecture et de leur insertion spatiale et sociale. Nous insistons aussi à dire que, quelle que soit la compétence de l'architecte, ce n'est que par une dynamique globale et un règlement de beaucoup de paramètres en amont qu'on peut espérer un résultat satisfaisant sur le plan de la qualité architecturale. Présentement et de façon générale, nous ne sommes pas dans une situation idoine de production d'une architecture satisfaisante et à la hauteur de nos vraies capacités. Ceux qui, parmi nos consoeurs et confrères, ont pu réaliser des oeuvres intéressantes ont eu, soit de la chance d'avoir un bon maître d'ouvrage comme partenaire soit ils ont dû faire de la résistance ou du «militantisme» utile, un tant soit peu, pour s'en consoler.
Parlez-nous du programme du million de logements. Le défi a-t-il été effectivement relevé? Quelle attitude avez-vous adoptée en tant qu'impliqués dans un programme massif et limité dans le temps?
Il y a lieu d'abord de préciser que nous devions en tant que moyens d'études nationaux, y faire face et quel qu'en soit le nombre. Cependant, la question qui nous a le plus préoccupé est celle de la qualité de ce que nous réalisons.
C'est le point qui devait être la préoccupation commune et devant susciter, dès le départ, un intérêt particulier. Par ailleurs, on peut, faire remarquer qu'un programme aussi massif et inhabituel pour les structures gestionnaires, tous secteurs confondus, recommandait une réorganisation totale au niveau de leurs fonctionnements, des moyens humains et matériels conséquents. Cela nécessite une mobilisation totale des moyens d'étude et de réalisation dont disposait le pays. Je crois qu'il est temps d'en parler, de professionnaliser la maîtrise d'ouvrage...Et par rapport à cela, on peut avancer que ça n'a pas été le cas. Les DUC, Dlep et autres moyens et représentations de l'Etat sont tels quels et depuis des années et il faut reconnaître aussi que la situation n'est guère facile à ce niveau. Ils travaillent dans des conditions qui sont loin d'être aisées et sont, eux aussi, pris dans l'engrenage du processus de l'urgence...C'est notamment sur ce processus que nous recommandons d'agir et d'apporter les correctifs appropriés.
Le prochain programme quinquennal sera celui de la qualité d'après le premier responsable du secteur qui prône la pluridisciplinarité des bureaux d'études comme étant l'alternative? Qu'en pensez-vous?
Il n'y a pas un moment pour la quantité et un autre pour la qualité. La production architecturale et urbaine des cinq prochaines années côtoiera celle qui l'a précédée. Je ne pense pas qu'il faille comprendre les choses comme cela d'autant que les architectes, pour leurs projets, recourent systématiquement aux ingénieurs, tout corps d'état. N'est-ce pas là la mise en jeu d'un cadre pluridisciplinaire régi par de libres relations interprofessionnelles qu'il serait là, effectivement, utile de réglementer? Par contre, il nous semble, s'il s'agit de cela, tout opportun de mettre en place des textes réglementant les bureaux d'études qui permettraient à des ingénieurs, tous corps d'état, de se regrouper comme staff de soutien et partenaire pluridisciplinaire d'architectes en charge de projets d'architecture et qui, cependant, doivent, seuls, assumer la mission de maîtres d'oeuvre.
Une nouvelle loi portant régularisation des constructions illicites vient d'être mise en application. Aura-t-elle un impact sur l'amélioration du cadre bâti?
Je voudrai d'abord relever qu'«achèvement des constructions» n'induit pas forcément «cadre bâti esthétique et harmonieusement aménagé» au sens que devrait recouper cette terminologie. Pour nécessaire qu'elle soit, cette loi qui traite de constructions illicites aurait dû intégrer la dimension globale car il faut noter que, dans ses dispositions, la demande (et encore à qui veut bien la formuler!) est individuelle et donc relevant de cas isolés alors que le problème était de gérer aussi et, notamment le global, le devenir de l'espace public, soit l'urbanisme. Or, mis à part les «annotations» de sa mise en oeuvre, très au point du reste, la loi n'a prévu aucune disposition qui prenne en charge ce volet. Dans le meilleur des cas, et par rapport aux objectifs visés, je pense que c'est une loi qui a déjà besoin d'être amendée ou qui en appelle d'autres en appoint vu la complexité du double contexte foncier et de la diversité de cas inédits de bâtisses et d'ensembles de bâtisses dites «illicites» et qui définissent mal ou de façon confuse le rapport privé/public.
Dans l'avenir, l'espoir est-il permis, quant à l'amélioration du cadre urbain algérien?
Oui, si l'on compte plus sur les enfants de ce pays en général et sur ses architectes en particulier...Avec une diversification de l'intervention publique sur l'espace et le bâti, une édition d'une nouvelle génération d'instruments de planification urbaine, adaptés à nos conditions et réalités: d'autres outils de gestion du territoire quelle qu'en soit l'échelle et plus mobilisateurs des potentialités. Tout comme il est requis un effort d'innovation et d'adaptation de mécanismes de mise en dynamique de toute la société civile. Il est temps de casser le monopole tant technique qu'administratif, de la «pensée et de la décision» sur l'avenir commun et collectif. Gageons sur nos capacités à réfléchir ensemble notre devenir et le devenir de notre cité et nous y arriverons bien.


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