Le prix de la blouse scolaire oscille entre 790 et 1200 DA. Le mois de Ramadhan ne fait que débuter alors que les besoins de l'Aïd et de la rentrée scolaire commencent à faire saigner les bourses. Depuis le retour des grosses chaleurs de ces trois derniers jours, les habitants à Bouira sont de plus en plus nombreux à sortir la nuit et à faire les magasins. Devant l'immense flux, la direction de la Sûreté de wilaya a fait appel aux éléments des Unités républicaines, plus connues sous l'appellation de CRS qui, jusqu'à cette année, se limitaient aux opérations de contrôle autour de la ville. Les hommes en bleu sont présents aux différents coins de la ville. Comme à leur habitude, les commerçants profitent de cette aubaine pour essayer de tirer le maximum de profit. Sachant pertinemment que les enfants sont les seuls à se faire habiller en pareilles circonstances, les vendeurs, spécialisés dans l'habillement pour enfants, augmentent les prix. Un pantalon pour enfant de 6 ans, c'est-à-dire moins d'un mètre carré de tissu jeans, est affiché à 1200 DA. Un ensemble avec robe, un semblant de pull... pour une fillette du même âge est proposé à 1870 DA. Rusés, les vendeurs vous accostent à l'entrée avec des politesses souvent puisées dans la terminologie religieuse comme «Allah Ibarak» «Rabi yastar»...Le vendeur proposera au client, encore étourdi, l'article le plus cher sans omettre à chaque fois de préciser que le produit est nouveau et son prix est de loin inférieur par souci de la Rahma envers les consommateurs en ce mois de piété. Une formule est en vogue ces derniers temps. «Si vous n'avez pas d'argent maâlich, machi khsara fikoum...» Une rhétorique pour pousser les gens à mettre la main à la poche. L'autre fait à relever est cette spécialisation dans la vente de vêtements pour enfants. La crise de la blouse rose et bleue qui a poussé Benbouzid à reporter la décision d'uniformiser le tablier, ne risque pas de se renouveler. Les devantures des magasins sont toutes en bleu et rose. S'agissant du prix, il varie entre 790 DA et 1200 DA selon la qualité du produit. Devant cet état de fait où le citoyen est dépouillé à l'extrême de son argent, notamment les familles les plus vulnérables, la friperie reste une alternative pour les moins nantis. «Ce sont les pauvres qui achètent», dira un fonctionnaire de la wilaya rencontré à l'entrée du magasin du pont Emir Abdelkader. «Les riches s'offrent autre chose», ajoutera notre interlocuteur apparemment énervé par la cherté des prix et ses quatre enfants qui voulaient des glaces et des jouets...A moins d'un mois de la rentrée sociale, les citoyens sont, une nouvelle fois, mis à rude épreuve avec une dépense importante qui grèvera un budget familial qui se rétrécit comme une peau de chagrin. Quant aux plus démunis, ils n'ont que les yeux pour regarder et «apprécier» ce fossé qui sépare les couches sociales...