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Ces mendiants qui roulent carrosse
DES LOIS RIGOUREUSES EN MAL D'APPLICATION
Publié dans L'Expression le 23 - 08 - 2010

La société a du mal à considérer la mendicité comme un délit, même si celle-ci est devenue au fil du temps, un métier.
Banalisée, la mendicité sous toutes ses formes devient un véritable phénomène de société aux dimensions inquiétantes. Le spectacle de ces trop nombreux groupes de mendiants, qui envahissent au quotidien les places publiques, les stations de bus ainsi que les alentours des marchés, des mosquées et même des cimetières, est outrageux. Pis encore, voir des enfants, seuls ou accompagnés par un adulte, est un fait sordide. Ces derniers n'hésitent pas à vous tendre une main muette, en vous scrutant d'un regard parfois aimable, parfois hostile mais toujours insistant. Désormais, ils font partie du décor. «Ils sont partout. On n'arrive plus à distinguer le vrai mendiant du faux. Cela donne une bien triste image de nos villes», estiment des citoyens excédés par des hommes, des femmes et des enfants poussiéreux et loqueteux qui les abordent avec insistance pour leur soutirer de l'argent. Le hic est que des témoins oculaires ont rapporté que très tôt le matin, des groupes de mendiants débarquent dans des voitures de luxe et s'éparpillent dans les rues non sans avoir troqué au préalable leurs vêtements propres et bien faits contre des guenilles.
«Comble de la ruse, la plupart d'entre eux se bandent, les uns des membres inférieurs ou supérieurs, exhibant des pansements repoussants de saleté, alors que d'autres brandissent des ordonnances comme preuve, soi-disant, de l'état de misère qui les pousse à mendier», explique un commerçant de la rue Didouche-Mourad, à Alger. Indigné, il ajoute que paradoxalement, pas un de ces mendiants n'accepte que vous lui achetiez les médicaments prescrits sur l'ordonnance.
Maternité sur commande et handicapés loués sont également les procédés privilégiés de ces mendiants pour attendrir les passants. «Ce qui les intéresse le plus est l'argent. Le montant moyen de la cagnotte, est estimé au moins à 5000 DA par jour, soit un revenu mensuel net de 150.000 DA», souligne un autre commerçant qui est sollicité par de nombreux mendiants après une journée de «travail» bien remplie pour échanger les pièces d'argents contre des billets. Que font l'Etat et les collectivités locales, si ce n'est pour éradiquer, du moins pour endiguer ce fléau social? Nombreux sont en effet les citoyens qui s'interrogent sur l'existence d'une loi efficiente à même de mettre fin à ce fléau des temps modernes. D'autant plus que la problématique touche le côté social et celui de la lutte contre le professionnalisme.
Selon Me S.Fetta, avocate à la cour, agréée près la Cour suprême et le Conseil d'Etat, des lois incriminant la mendicité existent bel et bien, mais malheureusement elles ne sont pas appliquées. Ce qui, en fait, n'est pas pour dissuader de futurs mendiants tentés par le gain facile. Pourtant, l'article 195 du Code pénal stipule qu'«est puni de l'emprisonnement d'un à six mois, quiconque ayant des moyens de subsistance ou étant en mesure de se les procurer par le travail ou de toute autre manière licite, se livre habituellement à la mendicité en quelque lieu que ce soit». L'article 196 punit également à la même peine de prison ferme toute personne versant dans la mendicité ou le vagabondage, alors qu'elle a les moyens de gagner autrement et dignement sa vie.
La loi est plus sévère si le mendiant exploite des enfants qui ne sont même pas mineurs. C'est le cas de l'article 196 bis. Mais pourquoi alors l'exploitation des enfants en bas âge et la formation de filières pour la mendicité, montées en entreprises fort juteuses, prennent de l'ampleur jour après jour?
«Trop belle la loi», répondra une autre femme de loi qui fait endosser la responsabilité de ce fléau à l'Etat en ajoutant qu'«une loi qui n'est pas appliquée est comme une loi inexistante». Elle ajoute que très rares sont les mendiants qui ont été arrêtés et déférés devant la justice. Quelques cas seulement, se comptant sur les doigts de la main ont été traités et réinsérés au moment où d'autres apparaissent au grand jour. Me S.Fetta, quant à elle, remet en cause «les défaillances de l'Etat qui laisse faire», faisant allusion à la cherté de la vie, la crise du logement et le chômage. Elle s'interroge, cependant: «Pourquoi l'Etat édicte une loi pour ne pas l'appliquer ensuite?» Selon les sociologues, il ne s'agit pas de la corrélation entre pauvreté et mendicité mais plutôt entre cette dernière et le professionnalisme. Ils ajoutent qu'il n'y a pas de solution face à des gens qui ont choisi la mendicité comme profession. D'autres diront encore que si la loi n'est pas appliquée c'est à cause des sentiments et autres traditions qui poussent la société à mal accepter la mendicité comme un délit. D'autre part, les sorties des brigades spécialisées dépendant de la Direction de l'action sociale (DAS) demeurent inefficaces. Surtout que les structures manquent. Il y a quelques années pourtant, un décret exécutif portant sur la création du Samu Social pour les wilayas de Béchar, Ouargla, Oran, Constantine et Alger a été promulgué. Seulement voilà, seul celui d'Alger a pu voir le jour. Cela dit, et en l'absence d'enquêtes à grande échelle sur la mendicité, aucune statistique fiable ne peut permettre d'avancer un quelconque chiffre qui permettrait d'apprécier l'ampleur du phénomène.


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