Le rapport prévoit une croissance modeste, de surcroît en baisse en 2008 : 3,3%. La situation qui prévaut dans le secteur de l'emploi devient de plus en plus préoccupante. Elle s'est caractérisée par le déclin des contrats à durée indéterminée (CDI) et la prédominance des emplois précaires. En dépit de la tendance à la baisse du taux de chômage observée depuis une décennie, peu de postes d'emploi réel et définitif ont été créés jusque-là. Le chômage s'est situé au tour de 11,8% en 2007 contre 29,5% en 2000. La structure des sans-emploi est dominée par le chômage des jeunes estimé à plus 30%. Ce constat vient d'être établi par le Conseil national économique et social (Cnes) dans sa note de conjoncture du 1er semestre 2008. L'autre fait marquant que le Cnes a mis en exergue dans son rapport a trait au taux d'inflation. Ce paramètre ciblé par la politique monétaire a connu, indique le document du Cnes, un rebond au cours du 1er semestre de l'année en cours pour atteindre 4,9% en moyenne annuelle jusqu'à juin dernier. Ce niveau est expliqué par une forte hausse des prix des biens alimentaires, des produits agricoles frais et des produits alimentaires industriels. Ces deux indices, ô combien révélateurs, montrent à eux seuls, de manière claire, que la situation sociale demeure encore préoccupante en Algérie. Néanmoins, dans un contexte mondial marqué par une crise impitoyable, l'Algérie affiche, actuellement, selon la note du conseil, une bonne santé financière. Les prévisions de clôture tablent sur un taux de croissance économique globale pour l'année 2008 de 3,3%. Ce résultat est le fait des secteurs d'activité tels que l'agriculture qui atteindrait à lui seul 1%, l'industrie 2% et les hydrocarbures dont le taux serait négatif à -0,2%. Les contre-performances de ces secteurs, faut-il le préciser, tirent la croissance vers le bas. Pour les autres secteurs, le BTPH, souligne le Cnes, aura une croissance de 9,4% en 2008 contre 9,8% en 2007. Quant aux services, son taux de croissance sera de l'ordre de 7,5% en progression par rapport à l'exercice 2007 où il a réalisé un niveau évalué à 6,8%. Ce sont ces deux secteurs qui, faut-il l'indiquer, porteront la croissance. L'institution que préside M. Babès relève une augmentation des dépenses d'investissement estimée à 13%. Le secteur des travaux publics, qui a utilisé 20% du financement mobilisé pour l'ensemble des équipements entrant dans le cadre du plan complémentaire de soutien à la croissance économique, a vu la création de 688 947 postes d'emploi durant le 1er semestre 2008. Pour le programme de un million de logements, affirme le conseil, 538 888 unités ont été livrées alors que 542 000 autres sont en cours de réalisation durant la même période. Abordant la situation financière du pays, le Cnes parle d'un excédent du compte courant de la balance des paiements estimé à 22,21 milliards de dollars. “Une performance corrélée aux exportations des hydrocarbures, évaluées au 1er semestre 2008 à plus de 40 milliards de dollars”, lit-on dans le document du Cnes. “Aussi, les acquis résultant de la stratégie de désendettement extérieur permettent à l'Algérie d'être à l'abri du choc externe inhérent à la contraction des financements extérieurs. Ainsi, l'important du solde global de la balance des paiements estimé à environ 20 milliards de dollars conforte la position financière extérieure et alimente en conséquence les réserves de change dont l'encours a atteint 133,235 milliards de dollars à la fin juin 2008”, constatent les experts du Cnes. L'encours de la dette à moyen et long terme se situe légèrement au-dessus de 4 milliards de dollars, soit 3,6% du Produit intérieur brut (PIB) en 2007. Le Fonds de régulation des recettes (FRR), évalué à 46 milliards de dollars est en 2007, selon le Cnes, le garant de la réalisation du programme d'investissements publics de développement. Mieux, il a atteint près de 60 milliards de dollars durant le 1er semestre 2008. Le rapporteur du conseil, au cours d'une journée organisée hier à Alger, destinée à la présentation de la note de conjoncture, a indiqué que les découverts bancaires enregistrés dans le secteur financier s'élèvent à 44 milliards de DA. Parmi les 417 entreprises privatisées, 96 ont été rachetées par des opérateurs nationaux. Badreddine KHRIS