Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a animé hier à l'Ecole nationale d'administration (ENA), une conférence autour du thème de la diplomatie et de l'économie, intitulée : “Les avancées de l'Algérie”. Le chef de la diplomatie a fait un bref rappel des grands axes de la diplomatie algérienne, que sont la promotion de la paix et de la stabilité, la consolidation de la coopération bilatérale et multilatérale et la protection de la communauté algérienne établie à l'étranger. Pour Mourad Medelci, la diplomatie et l'économie ont toujours poursuivi le même objectif : la diversification des partenaires et des opportunités de coopération. Il rappellera, avec insistance, que la Constitution algérienne stipule que la diplomatie est du ressort du président de la République et que, dans ce cadre, il y a lieu de relever les acquis réalisés durant les dix dernières années, sous la houlette de Abdelaziz Bouteflika. Toutefois, le ministre reconnaît que les missions de la diplomatie algérienne rencontrent souvent des contraintes de par la complexité des relations internationales et des bouleversements que connaît le monde et auxquels la diplomatie algérienne doit impérativement s'adapter et de façon permanente. Devant les étudiants et les professeurs de l'ENA, Mourad Medelci fera remarquer que la paix et le développement économique et social, à travers le monde, sont intimement liés. Pour lui, “l'objectif économique (…) se situe comme stratégique au centre des enjeux politiques et diplomatiques”. C'est pourquoi, estime-t-il, “la démocratie a pris de l'importance dans un contexte de globalisation de l'économie, où les distinctions entre le politique et l'économique, l'intérieur et l'extérieur, perdent de plus en plus de leur sens”. Le chef de la diplomatie algérienne citera le rôle de la diplomatie dans la concrétisation de certains objectifs économiques stratégiques du pays, à l'instar des hydrocarbures ou la gestion de la dette extérieure. À ce titre, il citera l'exemple des investissements dans le secteur des hydrocarbures où les résultats restent aléatoires au regard de la fluctuation des cours au niveau mondial. “La lisibilité que recherche l'investisseur pétrolier gagnera certainement en force si cet investisseur bénéficie d'un éclairage sur les évolutions prospectives internationales, et c'est justement là que la diplomatie est quasi irremplaçable, dans la mesure où son rôle consiste précisément à prévoir ces évolutions, au niveau politique et géostratégique en particulier.” Il citera également la politique volontariste de recourir à un fonds de régulation des recettes. Ce fonds a été inspiré de l'expérience norvégienne lancée en 1997. Mais, contrairement à la Norvège, qui a placé son argent dans des fonds spéculatifs, avec les conséquences que l'on connaît actuellement, l'Algérie a préféré garder cet argent (60 milliards de dollars) en Algérie et il est géré par la Banque d'Algérie. Il citera également l'expérience du remboursement quasi total de la dette extérieure algérienne où la diplomatie a grandement contribué à la signature de 17 accords avec des pays et des parties privées en vue de concrétiser cet objectif qui suscite actuellement une grande considération de la part de la communauté internationale. Le ministre dira que l'Algérie, tout en restant ouverte aux évolutions du monde, insiste sur ses propres spécificités. C'est ainsi que l'accord d'association avec l'UE a été signé tardivement, mais en tenant compte des spécificités algériennes. Il en sera de même pour l'accord d'adhésion à l'OMC qui devrait, selon le chef de la diplomatie algérienne, prendre le temps qu'il faudra, pour peu que ce ne soit pas une simple accession, mais une négociation. La diplomatie algérienne, poursuivra-t-il, vise à contribuer à la diversification de l'économie algérienne, en soutenant le secteur industriel, notamment celui de la pétrochimie, mais aussi le secteur agricole et agro-alimentaire. Il n'omettra pas de mettre en valeur le rôle que devrait jouer la communauté algérienne établie à l'étranger dans l'accompagnement des réformes économiques, mais aussi dans l'investissement. Azzeddine Bensouiah