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Tu seras un homme mon fils
Publié dans Liberté le 24 - 03 - 2009

Résumé : Une femme vint la trouver pour soigner ses plaies. L'origine de ses maux se trouve être son mari. Pour gagner sa croûte, elle doit se prostituer...
13eme partie
Elle eut un rire ironique :
- Estimez-vous heureuse docteur d'être à l'abri de toutes ces affres de la vie. Je ne suis qu'une pauvre loque à ramasser au coin de la rue. Quand j'ai épousé cet homme il y a 20 ans, je pensais accéder au paradis. J'étais jeune et je rêvais d'amour et d'eau fraîche. Mon mari était quelqu'un d'autre à l'époque. Il gagnait bien sa vie, et j'étais à l'abri du besoin. Quelques années plus tard, il perdit son travail et nous étions obligés de serrer la ceinture. Il bricolait à droite et à gauche, gagnait de quoi nous acheter du pain à moi et à ses trois enfants. Un jour, ne se contentant plus de faire du bricolage, il fut tenté par le vol… Et c'est là que commencèrent mes misères. Mon mari faisait partie d'une bande d'escrocs qui terrorisait le quartier. Il rentrait de plus en plus tard à la maison, puis s'absentait des journées entières sans s'inquiéter pour nous. J'étais enceinte et ne pouvait même pas faire des ménages pour nourrir mes enfants et payer le loyer.
La femme étire sa jambe et se tut un moment pour revivre en mémoire cette étape de sa vie. Elle pousse un long soupir et reprend :
- Vous avez du temps à me consacrer docteur ?
Je consultais ma montre. Il était déjà 16h20. L'heure de rentrer approchait. Mais poussée par une irrésistible curiosité d'en connaître plus sur cette femme, je m'empressais de répondre :
- Je suis à vous. Je vous écoute.
La femme s'éponge le front et essuie ses yeux larmoyants. Elle garde un moment le silence, comme si elle cherchait un fil conducteur à son récit, puis reprit d'une petite voix :
- Nous serons expulsé des deux pièces cuisine que nous occupions, et je me retrouvais dans la rue avec mes trois enfants et ma grossesse. Le froid, la faim nous tenaillaient. Je cherchais du réconfort chez mes parents, puis chez mes beaux- parents. Rien à faire, au bout de quelques jours, on me signifia gentiment qu'on nous aimait bien mais que par manque de moyens, on ne pouvait nous garder. Ma mère ira même jusqu'à me dire que je pouvais revenir sous le toit parental, mais une fois débarrassée de ma grossesse et de mes trois enfants.
- “Ils ont leur père tout de même, pourquoi veux-tu t'encombrer des enfants d'un inconscient, tu n'as qu'à les lui envoyer en express recommandé… ”
C'était inconcevable. Le soir même, je repris mon errance. Je ne savais même pas où était mon mari. Je me suis mise à mendier sur les trottoirs, entourée de mes trois gosses. Avec mon “ventre plein”, je suscitais la pitié des passants, et je pus ramasser assez de pièces pour nous acheter de quoi subvenir à nos besoins immédiats : du pain, du lait et quelques fruits. Je passais la nuit sur des cartons sous les escaliers d'un immeuble. Mes enfants, trop jeunes pour comprendre, s'endormirent sans trop de mal, mais moi, j'étais aux aguets. J'étais presque à terme et j'avais peur d'accoucher dans la rue.
Dès le lendemain, je me mettais à chercher un abri pour mes gosses et du travail.
Bien sûr, vu mon état, la tâche n'était pas aisée. Je passais la journée entière à taper aux portes et à demander de l'aide.
En fin de journée, une vieille dame eut pitié de moi et m'accorda le gîte pour la nuit à moi et à mes enfants. Elle m'offrit de dormir dans un débarras noir et humide au sous-sol. Mais pour moi, c'était un luxe. Elle nous offrit aussi du pain et un bout de fromage pour le dîner. Affamés, mes enfants se partagèrent ce modeste repas, mais moi, je restais sur ma faim. Je ne pouvais rien avaler, et mon dos me faisait très mal.
Il était minuit passé quand les contractions me prirent. Je me tordais de douleurs, en mordant dans un morceau de bois pour m'empêcher de crier. Mes enfants dormaient à poings fermés, et je risquais de réveiller tout l'immeuble si je donnais libre cours à ma souffrance. Mes douleurs devenaient de plus en plus fortes. Je me mets à marcher toujours dans le noir en tâtant les murs. Je me retenais aux poutres à chaque contraction. Le calvaire dura des heures. Ce n'est qu'a l'aube que j'accouchais à même le sol de deux jumeaux sans aucune assistance. Au petit matin, la vieille femme, en apprenant ma délivrance, me remit quelques billets, une couverture et un sac qui contenait quelques victuailles, mais me demanda de quitter immédiatement les lieux. Elle avait peur des représailles des voisins.
Prenant mon courage à deux mains, je repris mon bâton de pèlerin avec cette fois-ci mes cinq enfants.
Y. H.


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