L'hermaphrodite en Algérie a droit à l'héritage. C'est ce qu'a affirmé le Dr Maouche lors d'une conférence dont l'intitulé était “Les successions”, qu'il a animée mercredi dernier au Palais de la culture d'Alger. En abordant le cas d'un hermaphrodite dans l'héritage, le conférencier a commencé par dire que “ce n'était pas facile” avant de “proclamer” qu'une solution avait tout de même été trouvée dans le droit algérien. Le Dr Maouche a ainsi affirmé que les personnes ayant ce “statut” pouvaient bénéficier des droits des deux sexes “à 50% il (l'hermaphrodite, ndlr) reçoit un héritage en tant qu'homme et à 50% en tant que femme”. Ce cas n'est qu'une des nombreuses facettes abordées lors de cette rencontre. D'emblée, l'orateur avait averti l'assistance qu'il allait essayer “de faire un commentaire sur le code de la famille” qu'il considère comme “énormément compliqué”. D'ailleurs, tout au long des deux heures de la conférence, le Dr Maouche s'arrêtait chaque fois pour demander à l'assistance de se concentrer sur sa “démonstration” sur l'héritage qu'il considère “la science des sciences”. Un sujet des plus importants et dont les conséquences sur les familles algériennes ont été souvent désastreuses à cause, essentiellement, de l'ignorance des textes. Avec plusieurs schémas à l'appui, le Dr Maouche a essayé de faire de son mieux pour expliquer quelles sont les quotes-parts de chaque héritier. Pour cela, il s'appuie sur le Coran (sourate Ennissa pour les quotes-parts), la charia, le code de la famille ainsi que le code civil. Des références sur lesquelles il ne s'est pas attardé se contentant juste de lancer une “flèche” qui n'est pas passée inaperçue. C'était à l'encontre du code de la famille : “Ils devraient changer la partie concernant la succession”. Une des facettes les plus controversées de l'héritage a également été abordée par le conférencier. Il s'agit de l'indivision qui est de recevoir un ou plusieurs biens en commun avec d'autres héritiers ou légataires. Le Dr Maouche préconise une solution et qui est “la donation du vivant” (hiba en arabe) en évitant le testament qui “est très difficile”. Sur le statut de la femme dans la succession, il a à chaque fois évité d'aborder le côté “polémique”. Il a tout de même soutenu que “la mère a beaucoup de considération dans le Coran”. Approché à la fin de la conférence, le Dr Maouche, poliment, a refusé de faire un quelconque commentaire, en répétant : “Excusez-moi mais je n'ai pas beaucoup de temps, ni aujourd'hui, ni encore ces jours-ci.”