Halima Lakehal, nouvelle Secrétaire générale de l'UNFA    Des membres du Congrès américain saluent le rôle de l'Algérie et son expérience pionnière en la matière    Les zéros de la discorde    L'UDL accueille la première édition du concours national universitaire des applications innovantes    Des relations apaisées économiques et sécuritaires Algérie-Europe, facteur de stabilité des espaces euro-méditerranéens et africains    Dénonciation des pratiques terroristes de l'occupation contre ceux qui retournent dans la bande de Ghaza    Les colons obligent des bergers à quitter leurs terres dans la Vallée du Jourdain    Etats-Unis : Les Clinton vont témoigner dans le cadre de l'enquête de la Chambre des représentants sur Epstein    Ligue 1 : L'OA et le CSC nouveaux dauphins    Mobilis tranche dans le vif et sonne la fin d'une ère    Imad-Eddine Azzi de retour à l'USM Alger    Un homme âgé de 65 ans décédé par électrocution à Zemmoura    Les bourses des ménagères mises à rude épreuve    Un programme riche d'activités de solidarité à l'occasion du Ramadhan    Mme Bendouda insiste sur la nécessité de valoriser son classement en tant que patrimoine architectural et arabe    Yasmina Khadra anime une rencontre avec les étudiants    Aux origines d'un Etat en résistance    «Accorder à la communauté nationale à l'étranger la place qui lui revient dans les politiques publiques»    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Attraction et influence
CONFERENCE DU PROFESSEUR AHMED DJEBBAR PORTANT SUR LES “ARTS ET SCIENCES EN PAYS D'ISLAM”
Publié dans Liberté le 04 - 04 - 2010

Comment les sciences ont-elles influencé les arts ? De quelle manière les arts ont-ils été au service des sciences ? Y a-t-il eu des manifestations concrètes ? Quel a été l'apport des scientifiques aux artistes, et inversement proportionnel ? Peut-on joindre ces deux disciplines, en apparence, aux antipodes l'une de l'autre ?
Le professeur Ahmed Djebbar, mathématicien, enseignant et chercheur en histoire des sciences au CNRS et spécialiste dans les mathématiques de l'Occident musulman (Espagne musulmane et Maghreb), a expliqué l'étroite relation qui existait, du VIIIe au
XVe siècle, entre les sciences et les arts, en terre d'Islam, dans le cadre d'une conférence organisée, jeudi dernier, à la salle Kheima (hôtel Safir Mazafran), par le Lions'club Alger-Citadelle. Sa conférence s'est articulée autour de trois axes importants : l'art sans les sciences, l'art au service des sciences et enfin les sciences au service de l'art.
Ahmed Djebbar a donné un aperçu édifiant de la relation entre les deux domaines, tout en mettant en relief le mode de vie des sociétés qui avaient pour dénominateur commun la religion musulmane. Il y avait, à cette époque-là, une grande liberté de circulation, ce qui a facilité les échanges et surtout la création dans toutes les disciplines. Car la spécificité de cette période et des sociétés humaines était la différence. Mais, souvent, les pratiques profanes se confondaient avec les pratiques religieuses. Sommes-nous sortis de cet amalgame ? La réponse évidente à cette interrogation pourrait susciter la curiosité des uns et pousser à la recherche pour les autres. Ahmed Djebbar a entamé son postulat par la problématique de l'image dans l'Arabie antéislamique. “Le culte des images n'existait presque pas dans l'Arabie antéislamique”, a-t-il attesté. D'ailleurs, le Coran ne consacre que deux versets à la question de l'image, car celle-ci n'a jamais été centrale. Dans les hadiths, il n'y a pas de catégorie dédiée à l'image. Cependant, par extension, il y a eu consensus sur trois points entre les sunnites et les chiites. Ils conviennent de l'interdiction des images représentant des humains et animaux sur les murs, de la représentation anthropomorphique et la permission des dessins et autres représentations sur les coussins et tapis.
On tolère les poupées et les marionnettes, parce qu'on estime que Aïcha, l'une des épouses du Prophète, avait des poupées. “Le moindre élément de la vie réelle du Prophète était considéré comme un moyen de liberté”, ajoute
M. Djebbar. Malgré le combat du monothéisme contre le paganisme, “chronologiquement, les musulmans ont toujours fait de l'art figuratif”, mais il est devenu un art profane, exclu de la religion. Les exemples ne manquent pas pour étayer cet axiome, notamment à l'ère des Omeyyades. Images à l'appui, Ahmed Djebbar a montré quelques célèbres palais des Omeyyades, notamment Qasr Khirbat Al-Mafjar, Qasr Al Har Al-Ghari, et Qusayr'Amra. Les artistes en terre d'islam ont de tout temps transgressé les règles, notamment en représentant le Prophète, au XIIIe siècle, par l'art des miniatures.
En outre, ce qui a encouragé les artistes, c'est l'existence des concepts d'Al Amma et Al Khassa. Cette dernière représentait l'Intelligentsia de l'époque, qui prenait plus de libertés, se croyant au dessus de tout et tous. D'autant que “les califes ont toujours brigué le pouvoir au nom de l'islam, mais n'ont pas toujours gouverné par l'islam”, estime Ahmed Djebbar. La deuxième partie de la conférence a été consacrée à la présence de l'art dans la science, notamment dans les ouvrages consacrés à la chimie ou à la zoologie. Ibn El Yassamin, savant et grand soufi, du douzième siècle (né à Fès au Maroc), a composé 54 vers qui font croire — dans la forme — à un poème amoureux, mais qui sont, dans le fond, une fiche technique pour apprendre l'algèbre.
Les mathématiques interviendront dans l'art, notamment dans la construction des minarets, à l'exemple du minaret de Samara, ou la mosquée Bleue en Turquie, “bien que la mosquée du Prophète ait été construite sans minaret”. L'art des calligraphies n'échappera pas à la logique mathématique, et le célèbre calligraphe, Ibn Moqla, introduira les proportions dans ses œuvres artistiques. Les rotations également. Il est clair que l'art ne peut se passer des sciences. Celles-ci acquièrent, grâce à l'art, une sorte d'harmonie et de beauté, voire une irrégularité, nécessaires à la création.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.