Plusieurs unités de l'entreprise ont été partiellement touchées par ce débrayage qui se veut un signe d'alarme en direction des responsables de l'entreprise pour aller plus vite dans l'élaboration de la nouvelle grille salariale. Grève générale et illimitée, piquet de grève, ou simple débrayage dans des unités du groupe Saidal ? Une chose est sûre, plusieurs unités du groupe, notamment celles relevant de la filiale biotique du groupe (unités de Gué-de-Constantine, d'El-Harrach, de Cherchell et de Médéa), ont été partiellement affectées, hier, par un débrayage mené par une “partie” des travailleurs en guise de protestation contre leur situation salariale. Cependant, le flou entoure encore cette question tant que la direction du groupe se dit ne pas comprendre le pourquoi de cette montée au créneau des travailleurs dès lors qu'elle a pris l'engagement d'assainir la situation socioprofessionnelle de tous les personnels. Fait inédit, et c'est peut-être une première dans les annales des luttes syndicalistes, les travailleurs et leurs représentants que nous avons tenté d'approcher, hier, au niveau des unités biotique d'El-Harrach et de Gué-de-Constantine, à Alger, se sont étrangement abstenus de faire la moindre déclaration concernant leur mouvement. D'où la difficulté de contrarier la tutelle pour qui ce “petit débrayage ne répond à aucune logique du moment que la direction du groupe s'est engagée à régler le problème de la disparité salariale et autres dysfonctionnements affectant l'entreprise”. Ces problèmes, reconnus par la direction, affirme le premier responsable de la filiale biotique d'El-Harrach, seront pris en charge dans le cadre du “travail engagé déjà depuis mars 2008 par la direction du groupe qui a désigné une équipe d'experts et de consultants spécialisés, pour la refonte totale du système de rémunération”. Il s'agit, d'une “opération d'une grande envergure visant à apporter des solutions à une multitude de problèmes et de dysfonctionnements dont est victime, ces dernières années, l'entreprise”, reconnaît le même responsable. La nouvelle grille des salaires en juin 2012 Ceci avant de rassurer que “de grands progrès ont été tout de même accomplis en peu de temps et que l'application de la nouvelle grille des salaires, et par effet rétroactif à compter de janvier 2012, ne saurait dépasser l'échéance fixée à juin 2012”. Selon le même responsable, le groupe Saidal en fait même son cheval de bataille. “Pour nous, l'assainissement de la situation socioprofessionnelle des travailleurs est l'une de nos priorités à même de retenir nos compétences qui sont de plus en plus tentées d'aller ailleurs et, par ricochet, préserver la sérénité de notre entreprise”, soutient-il, rappelant que ce qui a posé problème jusqu'ici est “l'absence d'une nomenclature des postes et d'une grille de salaire cohérente”. À présent, révèle-t-il, la direction dénombre “400 intitulés de postes inexistants”. Cependant, rassure-t-il encore, ce problème précis devra bientôt être solutionné tant que le travail que mènent les experts engagés par la direction, a bel et bien amorcé sa phase finale et qu'“il ne reste plus que la mise en place des commissions paritaires (entre l'employeur et les syndicalistes) pour, enfin, arrêter la nomenclature pour la définition des postes et leur classification”. Aussitôt cette étape franchie, ajoute la même source, il y aura automatiquement les négociations sur la nouvelle grille des salaires et le régime indemnitaire. Le responsable de la filiale biotique d'El-Harrach rappelle que la première phase du travail mené par les experts, outre une série de réunions et de journées d'information organisées depuis mars 2011 à ce jour, avait permis de faire le diagnostic général, ainsi que la définition de la méthode des classifications et la nomenclature, puis l'élaboration de la grille des salaires et le régime indemnitaire, lesquels seront bientôt soumis aux négociations avant leur application effectif d'ici juin 2012. F A