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Opinion
Mohieddine Amimour évoque l'assassinat de Boudiaf : “Quand j'étais ambassadeur au Pakistan..."
Publié dans Liberté le 08 - 07 - 2012

Le 29 juin 1992 je n'étais pas en forme. C'était ma troisième année de chef de mission diplomatique à Islamabad. Bien que je n'aie eu ni attaché militaire ni attaché de presse j'ai pu donner une impulsion nouvelle aux relations entre les deux pays, et créer un réseau de relation publique s'étendant à toutes les tendances politiques, les autorités civils et militaires et les sensibilités religieuses, sunnites et chiites.
J'avais un regard vigilant sur les activités de nos jeunes, attirés par le Dihade afghani, affirmant à qui veut l'entendre, que je suis l'ambassadeur de tous les Algériens qui respectent leur devoir du citoyen vivant à l'étranger.
J'avais réussi à organiser la visite de deux chefs de l'exécutif pakistanais à Alger.
La visite de Benazir Bhoto a été un grand succès.
Elle été suivie, quelques mois plus tard, par la visite de son éternel adversaire, Nouaz Charif.
En janvier 1992, le Président Chadli Bendjedid est “remplacé" par le président Mohamed Boudiaf.
Des organes de presse internationale rapportent des propos du Président Boudiaf qui m'ont bouleversé. Le chef d'état algérien a déclaré que les ambassadeurs algériens mènent à l'étranger une retraite dorée.
Dieu sait que je faisais le maximum, trois années durant, pour honorer mon pays et maintenir mon équilibre diplomatique dans un pays déchiré par des contradictions politiques, ethniques, religieuses et culturelles.
A Moscou, Tunis, France et Jakarta et certainement ailleurs des collègues faisaient la même chose ou plus, en leur âme et conscience, mais que dire aux conseillers “importé" de la présidence de l'époque. Quelques jours plus tard j'ai été informé de la fin de ma mission au Pakistan.
J'ai su plus tard dans un journal algérien que derrière cette décision, qui m'a semblé hâtive et non réfléchie, une rumeur disant que j'aurais envoyé un message de félicitations au chef du FIS à l'occasion de son succès aux élections, ce qui était archi-faux. Je suis et j'étais toujours un responsable qui comprend et s'attache à la notion d'état et à ses obligations. Quelques jours après, et pour être précis, le 29 juin, j'apprends, en écoutant la BBC, que le chef d'état algérien a été assassiné.
J'ai essayé de contacter Alger, mais il n'y avait pas de “gabonais" aux numéros demandés.
En vain, j'ai attendu des instructions, des orientations ou n'importe quel élément qui m'indiqueraient l'attitude à prendre et les réponses que je devais donner aux responsables pakistanais et aux membres du corps diplomatique à Islamabad.
Boudiaf n'était pas seulement un chef d'état mais aussi, et avant tout, une figure historique de l'Algérie, un des trois militants qui ont commencé la lutte pour déclencher la révolution algérienne (les deux autres étaient Ben Bella et Mehsas) et le coordinateur des 22 (et non 21)
à l'approche de crépuscule j'avais la certitude que les gens à Alger avaient d‘autres chats à fouetter, et que je dois prendre ma responsabilité d'ambassadeur de la République, quelles que soient les conséquence à assumer. Avec mon majordome pakistanais, j'ai mis le drapeau algérien de la résidence en berne, sans même attendre la suite donnée à l'assassinat à Alger, ou savoir si ça était l'immense chagrin ou les soupirs de soulagement. J'ai envoyé des jeunes collaborateurs, dont Benali Lekhbasène, Namouni, Hadjari et peut-être Boudali, à l'ambassade pour rester à l'écoute d'Alger et mettre le drapeau en berne. Bien que je n'aie rien reçu, j'ai pris l'initiative d'informer les autorités pakistanaises que l'ambassade algérienne est dans un état de deuil, et qu'un registre de condoléances sera mis à la disposition des visiteurs à partir de 10h, le 30 juin. Avec l'aide de mon épouse, une salle a été préparée à la résidence avec un éclairage tamisé, la photo du président défunt a été accrochée au mur derrière une table ornée de bougies allumées. Un enregistrement des versets du Coran sera diffusé sans cesse Un véritable décor du deuil.
Le lendemain, j'ai reçu la visite du président pakistanais, Ghoulam Ishaq Khan, qui a signé le registre de condoléances. ça était la première visite d'un chef d'état pakistanais à la résidence algérienne. Quelques jours après j'arrive à Alger.
Je n'ai entendu ni remarques ni critiques, encore moins des félicitations ou des interrogations.
Mission accomplie.


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