Le département de l'Industrie s'oppose à la levée du gel des exportations des métaux ferreux et non ferreux sous prétexte qu'il existe “un besoin national énorme pour ces produits" mais les opérateurs ignorent l'existence de preneurs locaux. La Fédération nationale des récupérateurs et exportateurs de métaux ferreux et non ferreux reviennent au-devant de la scène en interpellant le ministre de l'Industrie via une correspondance adressée le 24 juillet dernier. Les opérateurs, qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts depuis le gel, voire l'interdiction des exportations de ces métaux, demandent au ministre de l'Industrie “de réviser sa décision" et d'accorder une entrevue aux responsables de cette organisation pour débattre de la situation. “Moult actions ont été prises par notre Fédération nationale pour convaincre toutes les institutions dont dépend notre activité de trouver une alternative qui nous permettrait de continuer à exercer notre activité. Malheureusement à la dernière rencontre (au mois de juin dernier), le représentant de votre département s'est opposé à la relance de notre activité", résume d'emblée la fédération. En fait, le département de Benmeradi s'oppose à la relance des exportations sous prétexte qu'il “existe un besoin national énorme pour ces produits". Ce qui surprend la fédération qui “ignore l'existence même de preneurs locaux, en témoigne le fait que les récupérateurs et les exportateurs ont du mal à trouver acheteurs de leurs produits depuis l'arrêt des exportations en 2009 et 2010". “Ils sont tous au bord de la faillite car ayant investi tout leur capital dans l'achat de marchandise et du matériel sans oublier ceux qui ont investi dans des fonderies". Alors, s'interroge la fédération, “si vraiment il existait des industries intéressées par nos produits pourquoi des milliers d'opérateurs se résignent-ils à leur sort, à la misère et au chômage ?" Pour la fédération, l'exportation de ces métaux “est une alternative hors-hydrocarbures qu'il faudrait prendre en considération en essayant de la réguler et de la restructurer". C'est ce que fait déjà cet organisme qui veut participer à l'encadrement de cette activité en installant des bureaux de liaison dans chaque wilaya pour une bonne coordination et dans le but de maîtriser et d'encadrer au maximum l'activité afin d'éviter d'éventuels dépassements. À rappeler enfin que la fédération a reporté sine die une action de protestation devant le siège du département de l'Industrie à la suite d'une médiation et un engagement d'ouvrir un dialogue mais rien de concret à ce jour. MALIKA BEN