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Ils sont au centre de scandales à répétition
Crise de confiance dans les médias britanniques
Publié dans Liberté le 13 - 11 - 2012

Elle est réputée comme l'une des plus indépendantes du monde, influente et éthique. Pourtant, la presse britannique, son support audiovisuel compris, semble loin d'être irréprochable. Le quatrième pouvoir, qu'elle représente depuis très longtemps dans le conscient des Anglais, est frappé au cœur, secoué par des scandales qui écornent son image d'affranchi et son honorabilité.
Depuis au moins deux ans, une crise de confiance s'est installée, révélant au public des travers dans le fonctionnement des médias britanniques. Règles de déontologie malmenées, culture de l'omerta, proximité avec les dirigeants politiques, véracité de patrons de presse... De manière sporadique mais dommageable, tabloïds et petit écran se voient obligés d'étaler leur linge sale et de subir des révélations en cascade. La dernière péripétie implique la BBC, mastodonte de l'audiovisuel et plus connue dans le cœur des téléspectateurs sous le nom de Beebs. Cette chaîne qui avait prêté au général de Gaulle l'un de ses studios pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de lancer son appel à la Résistance contre l'occupation allemande, connue dans le monde entier pour la qualité de ses programmes et le professionnalisme de ses journalistes, vient d'être éclaboussée par une affaire sordide de pédophilie mettant en cause un de ses animateurs vedettes, aujourd'hui décédé.
Il s'agit de Jimmy Saville, le présentateur pendant les années 1970 de “Top of The Pops", une émission musicale phare de la BBC. Il était aussi connu et admiré pour son implication dans de multiples œuvres de charité. Ce qui lui avait valu d'être anobli par la reine Elisabeth II. Outre les dons qu'il distribuait, Saville n'hésitait pas à faire du volontariat, surtout dans les hôpitaux. C'est là, dans des unités psychiatriques notamment, qu'il aurait abusé sexuellement de plusieurs jeunes patientes. Le reste de ses proies, plus de trois cents comptabilisées par les services de Scotland Yard, figure parmi les groupies qui se massaient dans les studios de “Top of the Pops". Il a été admis, à travers les témoignages des victimes, que l'animateur utilisait sa loge à la BBC comme un plumard, au vu et au su de certains de ses collaborateurs, qui n'ont jamais osé dire quelque chose. Sa vilaine réputation aurait même atteint les sommets de la chaîne. Mais à ce niveau aussi, le silence était de rigueur.
L'affaire Jimmy Saville
Saville était populaire, si populaire que l'ex-Dame de fer, Margaret Thatcher, lui réservait chaque année un couvert à sa table de Noêl. Le prince Charles figurait également parmi ses amis. L'animateur était intouchable. Pis, il l'est resté même après sa mort à l'automne 2011. Pour preuve, la BBC a censuré un travail d'investigation révélant, à titre post mortem, sa face obscure et a préféré à la place diffuser un hommage pompeux durant les festivités du Nouvel an. L'enquête devait être retransmise par News Night, un magazine d'information de référence de BBC. Mais à la dernière minute, son rédacteur en chef, John Rippon, l'a déprogrammée pour “insuffisance de preuves".
Sa décision sera coûteuse à plus d'un titre. Elle lui fera d'abord perdre sa place et compromettra davantage la BBC dans le scandale Saville. Rippon n'a été lâché par la direction de la chaîne qu'après l'éclatement de l'affaire de pédophilie, suite à un reportage, réalisé par la rivale ITV. Aussitôt, des langues ont commencé à se délier à l'intérieur même de la Beebs, estimant que la chaîne aurait gagné à être honnête en faisant usage de plus de transparence. Car il est clair aujourd'hui que Rippon, en faisant acte de censure, n'a pas agi seul. Il a tout juste appliqué des directives exprimées par de hauts dirigeants de la BBC qui ont fait pression sur lui pour le retrait du documentaire de News Night. Cette conduite déplorable a provoqué une série de réactions indignées. Le Premier Ministre David Cameron s'est dit surpris par le discours contradictoire de la direction de la chaîne. Alors qu'à l'intérieur de cette télévision, on évoque une crise dont les conséquences ne manqueront pas d'être désastreuses. Pour éviter un divorce avec le public, les responsables tentent tant bien que mal de reprendre la situation en main. Deux enquêtes internes ont été diligentées pour faire toute la lumière sur l'affaire Saville. La première a été confiée à Janet Smith, une ancienne juge de la Haute cour de justice qui devra déterminer “à quel point le personnel de la BBC était au courant ou devait être au courant de comportements illégaux" de l'animateur.
La seconde doit éclaircir les raisons de la déprogrammation fin 2011 par la BBC du documentaire consacré à Saville. Elle sera conduite par Nick Pollard, ancien directeur de la chaîne britannique Sky News. La BBC annonce, par ailleurs, qu'elle va nommer un expert indépendant chargé de revoir la politique en matière de harcèlement sexuel. Mais est-ce suffisant ? La confiance des téléspectateurs sera-t-elle restaurée pour autant ? Le pari semble incertain, surtout que les victimes de Saville envisagent de porter plainte contre la chaîne.
Le scandale des écoutes téléphoniques du News of the world
Des plaintes d'une autre nature, mais qui trahissent également une pratique journalistique déloyale, ont également visé un autre représentant emblématique des médias en Grande-Bretagne, jusqu'à lui ôter sa place sur le marché. News of the world (NOTW), la version dominicale du tabloïd The Sun, a été obligé de mettre la clé sous le paillasson en juillet dernier, à la suite d'une sérieuse affaire d'écoutes téléphoniques impliquant directement ses journalistes. L'hebdomadaire appartient au groupe News Corporation (plus grand propriétaire de presse au Royaume-Uni, qui possède également Sky TV, Sun, Times) du magnat américain des médias, Rupert Murdoch.
Le scandale, aux contours très sinistres, porte sur la mise sur écoute pendant des années de membres de la famille royale, de personnalités du showsbiz et du monde sportif, mais, pire encore, de familles de victimes de drames divers (soldats tués en Afghanistan et civils morts lors des attentats de Londres en 2005). Le téléphone d'une jeune fille kidnappée et retrouvée morte a également été piraté. Souvent, les journalistes du News of the World ont graissé la patte à des policiers véreux pour réaliser leur sale besogne. Certains officiers de Scotland Yard ont été confondus. Des reporters de l'hebdomadaire ont été également interpellés. En fermant le News of the World, Murdoch pense pouvoir arrêter le grand déballage. Mais les révélations se poursuivent en cascade, engageant un débat politique inédit sur l'éthique journalistique au sein même du Parlement. Pour David Miliband, chef de l'opposition travailliste, il s'agit du “plus grand scandale de la presse des temps modernes".
L'éthique journalistique mise à mal
Dans cette affaire, il s'est surtout fait un plaisir de souligner la proximité du gouvernement conservateur avec le groupe de Murdoch. En effet, Andy Coulson, ancien rédacteur en chef du News of the World a été recruté par le Premier Ministre David Cameron comme directeur de communication au lendemain de son arrivée au 10 Downing Street, en mai 2010. Coulson a par la suite été contraint à la démission. Lui et Rebekah Brooks, une autre amie de Cameron, réputée comme reine des tabloïds (elle était directrice de rédaction du News of the World), ont été inculpés par la police pour dissimulation d'informations dans le dossier des écoutes. Lors de son passage devant une commission d'enquête (The Leveson inquiry) qu'il a lui-même mise en place pour mettre la lumière sur l'affaire de NOTW, le Premier ministre a été forcé d'admettre que la relation entre les hommes politiques et les médias est devenue trop étroite.
Pour autant, il a nié avoir entretenu des rapports intéressés avec les responsables du News of the World ou de leur patron Rupert Murdoch. Pourtant des informations persistantes circulent autour d'un deal que le magnat américain a passé avec les conservateurs, les assurant de son soutien lors des dernières legislatives en contrepartie d'une assistance réciproque visant la promotion des intérêts du groupe en Grande-Bretagne. Il y a quelques mois, un projet controversé d'OPA à 10 milliards d'euros du groupe Murdoch, sur les 60% du capital du bouquet de télé satellitaire BSkyB, a fait l'objet d'une grande controverse à la suite de révélations faisant état de l'appui du gouvernement à cette démarche. Depuis, Murdoch a battu en retraite et a abandonné le rachat de BSkyB.
De son côté, Cameron continue à faire face à des révélations embarrassantes sur ses amitiés. Des textos échangés entre lui et Rebekah Brooks font encore l'actualité. Dans l'un d'eux, l'ancienne directrice de NOTW, lui révèle son admiration et son désir de travailler avec lui. L'opposition au Parlement demande la publication de l'ensemble de ces messages “lascifs", afin de mieux compromettre le Premier ministre. Mais, pour le moment, cette liaison dangereuse entre presse et pouvoir est distillée par bribes. La classe politique et l'opinion publique devront sans doute attendre l'ouverture du procès NOTW en septembre prochain pour connaître tous les détails de ce qui a tout l'air d'être une affaire d'Etat.
Le patron de la BBC jette l'éponge
George Entwistle a démissionné de son poste de directeur général de la BBC le 10 novembre dernier. Il a battu un record en quittant sa fonction après à peine 54 jours d'exercice. Son départ s'explique par sa gestion approximative du scandale Saville. Il a été précipité par le traitement par le Service de l'information d'une seconde affaire de pédophilie, où cette fois, au lieu de couvrir le coupable, les journalistes se sont pressés de mettre sur le banc des accusés, et à tort, une personnalité politique. Le magazine d'information Newsnight qui avait censuré les crimes de Saville a cité sans conviction le nom de Lord McAlpine, un ancien député conservateur, dans une liste de pédophiles ayant abusé sexuellement des enfants dans le pays de Galles pendant les années 1970..
S. L.-K.


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