Quelque 100 familles, habitant des logements ruraux implantés dans la commune de Oued El-Aneb (daïra de Berrahal), sont sans électricité depuis qu'elles ont été relogées en 2010. En effet, plus de trois ans après, Sonelgaz n'a pas encore daigné raccorder au réseau électrique cette cité qui donne l'allure d'un véritable ghetto, malgré le caractère urgent de cette opération. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, des bidonvilles et des constructions illicites qui poussent comme des champignons aux environs immédiats de cette cité, au vu et au su de tout le monde, sont mieux lotis aussi bien en alimentation en énergie électrique qu'en AEP, voire en gaz de ville. La négligence des dirigeants de cette entreprise publique est confirmée dans un document adressé par la direction des mines à la direction générale de Sonelgaz Annaba, où il est clairement précisé que “cette cité est prioritaire pour le raccordement en énergie électrique pour janvier 2012". Plusieurs mois après, on en est toujours au quinquet et aux bougies. Ceux qui, pour un besoin pressant, ont piraté des câbles après de vaines tentatives auprès de Sonelgaz et de l'APC, ont été poursuivis en justice et ont écopé de fortes amendes. “Devant cette situation inqualifiable relevant de l'âge de pierre et pour que nos enfants puissent étudier dans la lumière comme tout le monde et pour boire un verre d'eau fraîche pendant le mois de Ramadhan, etc., nous étions obligés de recourir au piratage des câbles électrique qui passent au milieu de notre cité et alimentent une autre cité dite des 80 logements sociaux. C'est l'équivalent d'un homme qui a très soif devant lequel on met une bouteille d'eau tout en lui interdisant la consommation", justifient les chefs de famille de cet acte illicite. Dans une correspondance adressée aux pouvoirs publics, les chefs de famille rappellent, à ce propos, qu'ils ont frappé à toutes les portes et qu'ils n'ont jamais cessé d'alerter les responsables à tous les niveaux sur le calvaire au quotidien et la situation difficile à laquelle ils sont confrontés depuis 2010, sans résultat. Un des habitants, une personne âgée, qui est née et a grandi sur ces lieux sinistres, a tenu à dénoncer l'indifférence et l'absence de réaction des décideurs. “A nos yeux, c'est de la hogra pure et simple", estime-t-il. “Sinon, comment expliquer que des unités de production, des constructions illicites, voire des bicoques, situées tout près du quartier, sont alimentées en électricité, en AEP et en gaz et pas nos foyers ?", s'interrogent d'autres chefs de famille qui signalent aussi l'existence de réseau d'AEP et celui d'évacuation des eaux usées. Nous avons saisi à ce sujet, aussi bien les autorités locales que les responsables de Sonelgaz et de l'industrie et des mines. Mais nos doléances sont restées lettre morte. En attendant une prise en charge de ce quartier, les familles continuent de recourir au mal nécessaire du piratage électrique. “Pour le moment, c'est la seule issue pour nous. Même cette méthode nous revient très cher, mais on y est forcé devant les exigences de nos enfants scolarisés." B. B