Les groupes armés qui sévissent à l'est de la RD Congo sont dans la ligne de mire du Conseil de sécurité. L'ONU déroge à sa conduite traditionnelle de force d'interposition et de sécurisation pour faire la guerre contre les groupes armés qui écument la RDC depuis plus d'une décennie : le Conseil de sécurité va créer une brigade spéciale d'intervention qui sera basée à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, épicentre des multiples rebellions en œuvre dans le pays aux multiples richesses et pas des moindres, des diamants aux métaux les plus recherchés par la technologie moderne. Estimée à 2 500 hommes, cette brigade croisera le fer notamment avec le M23 et les FDLR, “invincibles" jusqu'ici. Cette brigade de forces spéciales aura pour tâche que de mener des opérations offensives et ciblées, seule ou aux côtés des forces armées de la RDC pour “stopper le développement de tous les groupes armés, les neutraliser et les désarmer", selon la résolution onusienne. La Monusco, forte de plusieurs milliers de soldats “neutres", pourra alors protéger les civils. Ces Casques bleus ont été critiqués pour n'avoir pas réussi à stopper la progression de la rébellion de M23 vers Goma en novembre dernier. La mission de la brigade d'intervention sera appuyée par des drones de surveillance le long des frontières entre le RDC, le Rwanda et l'Ouganda. Ces deux derniers pays ont été accusés par des experts de l'ONU de soutenir et d'équiper la rébellion de M23. Ce qu'ils continuent de démentir. La création et le mode d'emploi de la brigade rappelle étrangement l'opération “Serval" de la France au Mali. Ce n'est pas une coïncidence, le texte a été concocté à l'initiative du président français, celui-là même qui conduit la guerre contre l'islamisme djihadiste dans le Nord-Mali, en particulier et dont les effets concernent pratiquement tout le Sahel saharien. En présentant la résolution “Serval bis", le représentant de la France a dit que son pays souhaite faire tourner la page des souffrances dans l'est de la RDC après plusieurs opérations menées dont l'Artémis (Ituri) et l'Eufor (Kinshasa). Et pour poursuivre la comparaison avec le Mali, François Hollande a fait assumer le rôle de la Cédéao par des Etats de la Communauté économique des Etats d'Afrique australe (SADC) qui ont insisté pour la force spéciale puisse fonctionner indépendamment de la Monusco. Selon des fuites de Kinshasa, des officiers supérieurs et des généraux d'armées de la Tanzanie, de l'Afrique du Sud et de Malawi avaient effectué, mi-mars, un repérage des sites où pourraient être déployées les troupes de cette brigade internationale au Nord-Kivu. L'Afrique du Sud, la Tanzanie et le Mozambique seraient prêts à fournir des troupes à celle force internationale. Mais des pays du Conseil de sécurité, qui ont des troupes dans la mission de l'ONU (Guatemala, Pakistan) redoutent des représailles contre leurs Casques bleus tandis que la Russie et la Chine soulèvent des objections de principe sur le thème de la non-ingérence. Cela dit, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon reste persuadé que cette brigade spéciale mettre fin au règne des groupes armés dans la région des Kivu. Comme pour le Mali, l'Union africaine (UA), préoccupée par la situation humanitaire dans l'Est de la RDC, a donné son approbation par la voix du représentant spécial de sa présidente dans la région des Grands Lacs. Mais, et c'est toute la problématique des pays africains, la RDC a besoin de confiance en soi et pour y parvenir, il n'y a pas d'autre chemin que celui de la gouvernance démocratique. Le Mali est également confronté à la même condition. D. B