L'économie algérienne a renoué avec la croissance depuis plusieurs exercices, affirme le délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de la planification, M. Brahim Ghanem, invité du journal El Moudjahid. L'année 2003 confirme cet état de fait ainsi que la bonne tenue des équilibres généraux de l'économie. Le délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de la planification parle de la viabilité renforcée de la position extérieure de l'Algérie, à travers des exportations dépassant les 24 milliards de dollars, alors que les importations sont estimées à environ 13 milliards de dollars ; un compte courant fortement positif, de plus de 8 milliards de dollars en amélioration de près de 4 milliards de dollars par rapport à 2002 ; un ratio du service de la dette de l'ordre de 17% ; une augmentation substantielle des réserves de change dont le niveau (32,9 milliards de dollars) dépassant largement l'encours de la dette extérieure, d'une part, et les 22 mois d'importation des biens et services, d'autre part, et enfin, le stock de la dette qui ne représente plus qu'un tiers du Produit intérieur brut (5 124 milliards de dinars en 2003). M. Brahim Ghanem souligne, par ailleurs, la forte croissance du PIB de 6,8%, le faible taux d'inflation de 2,6% et, surtout, l'amélioration nette des finances publiques avec un excédent budgétaire de l'ordre de 160 milliards de dinars, en dehors du fonds de régulation des recettes, du fait des fortes augmentations des recettes de fiscalité pétrolière. Le délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de la planification reconnaît, d'une manière implicite, que cette croissance est principalement tirée par les hydrocarbures et l'agriculture. Le secteur des hydrocarbures, qui a évolué dans des conditions de forte augmentation des prix sur le marché international, a vu sa valeur ajoutée augmenter à un rythme élevé de 8,4% en termes réels. Bénéficiant des conditions climatiques et pluviométriques favorables, l'agriculture a enregistré une croissance de 17%. Les BTP ont connu une augmentation de 5,5% (elle était de 6% en 2002). Cette évolution s'explique principalement, par l'accroissement important des dépenses d'équipement de l'Etat à fort contenu en BTP et les programmes de reconstruction des zones touchées par le séisme du 21 mai 2003. À côté de ces aspects positifs de reprise de la croissance et de la tendance de l'amélioration d'emploi, il convient de relever que l'économie algérienne reste fortement dépendante des hydrocarbures. Ce secteur continue de tirer la croissance et représente, au sein de l'économie, 36% du Produit intérieur brut, 97% des exportations de marchandises, près de 66% des recettes fiscales et l'essentiel des investissements directs étrangers. Le secteur industriel public hors hydrocarbures vit une situation de désinvestissement, de stagnation et même de baisse de production dans les secteurs autres que ceux du bois, des industries sidérurgiques métalliques, mécaniques et électroniques (Ismme). Le secteur industriel ne représente plus aujourd'hui que 9% de la valeur ajoutée totale des secteurs productifs, contre 15% en 1989. Même le secteur privé, sa croissance est opérée à un rythme relativement modeste, comparativement aux années précédentes, notamment les années 1998 à 2000. Ce ralentissement traduit a priori un besoin de relance de l'investissement. Le potentiel, est là. 72 000 dossiers en attente de concrétisation au niveau de l'ANDI pour un montant de 490 milliards de dinars et susceptible de créer 115 000 emplois. M. R. Pour faire face à la demande de 45 millions d'Algériens en 2030 “Il faudra construire une deuxième Algérie” Le délégué auprès du chef du gouvernement chargé de la planification, M. Brahim Ghanem, a évoqué dans son exposé, un ensemble de résultats de travaux, encore préliminaires, relatifs aux perspectives de développement à long et moyen terme et notamment, la demande sociale et aux conditions et modalités de sa prise en charge. M. Brahim Ghanem affirme que la population, de l'ordre de 32 millions à fin 2003, sera d'un peu plus de 38 millions en 2015 et d'environ 45 millions en 2030, avec trois grandes caractéristiques qu'il convient de souligner : la réduction des tranches d'âge scolarisables, un vieillissement de la population et un gonflement des tranches d'âge de 16 à 59 ans qui constituent la population potentiellement active. Partant de ces données, l'importance des principaux besoins sociaux à prendre en charge, à long et moyen terme, constitue un véritable défi. En matière de logement par exemple, d'ici 2030, il faudrait réaliser l'équivalent d'une deuxième Algérie en logements, infrastructures et équipements divers d'accompagnement. D'ici à 2015, les besoins en livraisons annuelles de logements varieraient entre 180 000 à 250 000 unités. L'ampleur du défi à relever apparaît clairement au regard des rythmes actuels de livraison de logements, soit 100 000 à 120 000 unités par an. M. R.