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Elles sont de plus en plus sollicitées pour financer les programmes étatiques
L'Etat à la recherche d'une stratégie pour les banques publiques
Publié dans Liberté le 05 - 06 - 2013

Après la BEA, considérée de longue date comme la "banque de Sonatrach", voilà que le CPA est appelé officiellement à devenir "une banque du logement", tandis que les excédents financiers colossaux de la Cnep ont été mis massivement, depuis l'année dernière, au service des investissements de Sonelgaz. à ce tableau, il faut ajouter des banques privées qui s'intéressent de plus en plus au financement du commerce extérieur. Est-ce le grand retour du concept et de la pratique de la spécialisation bancaire en vogue dans les années 1970 ?
Le CPA vient d'annoncer des bénéfices record pour l'année 2012. Un résultat net de plus de 15 milliards de dinars. Le bénéfice enregistré en 2012 succède aux 13,2 milliards de dinars de 2011, soit une rentabilité des fonds propres proche, ces dernières années, de 15%, ce qui classe la banque parmi les établissements moyennement rentables au sein d'un secteur bancaire algérien très prospère. Selon des données récentes révèlées par son P-DG M. Mohamed Djellab, par ailleurs très avare en communication, le bilan du CPA avoisine à fin 2012 près de 1 150 milliards de dinars, et sa part de marché est proche de 11%.
Objet ces dernières années d'une sollicitude particulière de la part des pouvoirs publics, la banque du boulevard Amirouche était considérée jusqu'à une date récente comme une banque à "vocation universelle". Elle se distingue en effet, surtout de ses consœurs, du secteur public par trois caractéristiques originales : l'essentiel des crédits à l'économie du CPA va à l'investissement qui représente 80% de l'encours total. Les crédits alloués au secteur public représentent, seulement à fin 2011, près de 33 % contre 67 % pour le secteur privé. Enfin, le CPA est également caractérisé par une diversification de son portefeuille qui couvre de nombreux secteurs d'activités dont le BTPH, l'industrie manufacturière, les services, l'énergie, le tourisme et le commerce.
Le CPA au carrefour des enjeux de la réforme bancaire
Autant de particularités qui ont placé, au cours des dernières années, le CPA, ainsi d'ailleurs que, dans une moindre mesure, la BDL avec laquelle il présente beaucoup de points communs, au centre des projets de restructuration du secteur. L'un des derniers d'entre eux est un programme global de modernisation conçu dans le cadre d'une collaboration discrète entre le FMI, la Banque mondiale et le ministère des Finances algérien, dirigé à l'époque par M. Benachenhou, assisté de Karim Djoudi au titre de ministre délégué à la Réforme financière. Cette nouvelle "vision stratégique", qui a connu un début de mise en œuvre en 2004 et 2005, visait à transformer en profondeur le paysage financier algérien à travers, tout d'abord, une réforme des banques publiques, y compris au moyen de la privatisation de plusieurs d'entre elles. Le CPA devait ouvrir la voie et montrer le chemin à la BDL. La privatisation était conçue comme le moyen le plus efficace et le plus rapide pour favoriser la concurrence et la diversification des acteurs, des activités et des services proposés à la clientèle dans un secteur bancaire algérien dominé par une poignée de mastodontes publics. A la fin de l'année 2007, l'une de ses dispositions phares qui concernait le processus de privatisation d'une grande banque publique, en l'occurrence le CPA, a été interrompue officiellement pour cause de crise financière internationale.
La "banque du logement" : le gouvernement passe aux actes
Depuis la fin de l'année dernière, le changement de décor est complet. L'intention affichée par le gouvernement depuis la fin 2012 était de faire du CPA une "banque du logement". Au cours du printemps 2013, il est passé aux actes. Voici une dizaine de jours, le ministre de l'Habitat et le DG du CPA ont annoncé triomphalement "la plus grosse opération de financement par concours bancaire dans l'histoire de l'Algérie et l'une des plus importantes à l'échelle mondiale" (sic). La banque du boulevard Amirouche va, à ce titre, prendre la tête de financements syndiqués assurés par l'ensemble des banques d'Etat au profit de la relance des programmes AADL et de logements promotionnels publics. Au total, 1 200 milliards de dinars (soit 15 milliards de dollars) seront versés par l'ensemble des banques publiques algériennes pour mener à bien ces projets immobiliers. L'enthousiasme des responsables du secteur n'est pas forcement partagé par la plupart des spécialistes qui observent avec perplexité les transformations récentes et massives de la structure du portefeuille des banques publiques au profit du financement des infrastructures économiques et sociales tandis que l'investissement productif peine encore à décoller.
Quand la Cnep devient la "banque de Sonelgaz"
Le CPA n'est en effet pas la seule banque concernée par cette nouvelle orientation. Il y a moins d'un mois, c'est un communiqué de la Cnep, passé un peu inaperçu dans les médias nationaux, qui annonçait que cette dernière a été récemment appelée au chevet de Sonelgaz dont elle finance, depuis la fin 2011, les investissements en mobilisant ses excédents colossaux (voir encadré). Les crédits à l'investissement accordés par la Cnep ont atteint 343 milliards de DA (plus de 4 milliards de dollars) en 2012. A elle seule, Sonelgaz a bénéficié l'année dernière de 312 milliards de dinars, soit près de 90% des crédits à l'investissement octroyés par la Cnep en 2012. En comparaison, et pour donner une idée de l'importance de cette décision, la "banque de l'habitat" n'a accordé, en dépit d'une progression très sensible de son activité dans ce domaine, qu'un peu plus de 40 milliards de dinars de crédits immobiliers en 2012.
Des risques importants
Aux yeux de beaucoup de spécialistes, les évolutions récentes du secteur bancaire algérien sont porteuses de risques importants pour la structure du portefeuille des banques publiques et leur solidité financière. Elles risquent également d'accentuer le dualisme existant entre banques publiques et privées. Depuis le début de l'année 2011, en vue d'utiliser leurs ressources financières excédentaires, les banques commerciales publiques ont en effet été sollicitées massivement par l'Etat, qui est leur actionnaire unique, pour financer d'abord les programmes de développement de la microentreprise puis les investissements réalisés dans les infrastructures économiques et sociales, en lieu et place du Trésor public qui assurait encore presque exclusivement ce rôle jusqu'à une période récente.
Banques universelles ou banques spécialisées ?
Les orientations récentes des autorités financières algériennes tournent le dos à ce qui était, voici encore quelques mois, le credo de toutes les banques publiques : la "banque universelle" développant à la fois ses activités en direction des entreprises, tous secteurs confondus, des professions libérales ou encore des particuliers. C'était devenu le programme et la stratégie affichée par les banques publiques algériennes depuis plus d'une décennie. A l'image de toutes les grandes banques internationales, il s'agissait d'élargir leurs domaines de compétence, renforcer leur professionnalisme, accroître leur rentabilité et diviser leurs risques.
Aujourd'hui, le changement de décor est complet. La concentration des crédits accordés par certaines banques publiques au profit d'un seul secteur, voire même d'une seule entreprise, risque de se révéler à l'avenir un facteur de fragilité et de vulnérabilité à l'égard de la conjoncture, qui semble ignorer les règles prudentielles les plus élémentaires....
Banques publiques, banques privées : un dualisme qui s'accentue
En lieu et place du processus de mise en concurrence visant à la convergence des deux secteurs public et privé, dont Abdellatif Benachenhou rappelait, voici quelques semaines, l'actualité intacte, les dernières années ont, en outre, surtout été marquées par une accentuation du dualisme entre les deux secteurs. Le risque de renforcement du dualisme entre des banques privées très fortement bénéficiaires, et des banques publiques fragilisées par les contraintes imposées par l'Etat, est en effet réel. Pour l'essentiel, les décisions gouvernementales concernant la généralisation du crédit documentaire ont constitué une forte incitation au renforcement de la spécialisation des banques privées, dont 70% des engagements sont constitués de crédits à court terme, dans un financement du commerce extérieur devenu extraordinairement rentable. De leur côté, les banques publiques, dont plus des deux tiers des engagements sont déjà des crédits à moyen et long terme, ont été simultanément invitées à supporter seules le poids des décisions récentes de financement massif de la micro entreprise ou des infrastructures économiques et sociales, qui sont en passe de provoquer une modification sensible de la structure du portefeuille de certaines d'entre elles. Avec les risques que cela comporte inévitablement pour le recouvrement de leurs créances et leur santé financière future...
H. H.
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