La construction, les énergies propres, les banques et les technologies de l'information sont les principaux secteurs ciblés par les sociétés américaines sur le continent africain. Des entreprises américaines comptent investir un montant de 14 milliards de dollars dans les secteurs économiques importants en Afrique. La construction, les énergies propres, les banques et les technologies de l'information sont les principaux secteurs qui bénéficieront de ces projets d'investissement des sociétés américaines sur le continent africain. Cet engagement des firmes US, qui n'est pas encore suivi d'un planning bien défini, a été annoncé, hier, par le président Barack Obama, au deuxième jour du sommet états-Unis - Afrique qui se déroule à Washington. Deux raisons essentielles motivent la décision des USA pour la reconquête du "marché" africain. D'abord, l'Afrique devient désormais l'attraction de tous les investisseurs du monde de par son marché prometteur et son taux de croissance qui atteindra, selon les estimations du FMI, 5,8% en 2015. L'administration américaine et les géants de l'industrie espèrent tisser des liens économiques solides avec l'une des régions les plus attrayantes de la planète. Barack Obama voit dans le continent africain la "prochaine success story mondiale". L'autre motif, qui a poussé les états-Unis à tenter un redéploiement en Afrique, est indubitablement lié à la percée spectaculaire réalisée par la Chine sur cette partie du monde et le succès que son business a connu là-bas. Ce nouveau regard que les USA réservent à l'Afrique, est également dicté surtout par l'avance prise par la Chine dans cette zone en matière de commerce et d'énergie. Devant la redistribution des cartes géopolitique et économique mondiales, Washington a très vite compris qu'il fallait revoir ses relations avec le continent. Les Etats-Unis sont vexés de voir la Chine capter toutes les ressources dans le monde, notamment en Afrique. Cette région devient ainsi un terrain où se joue cette rivalité entre ces deux puissances. Il faut dire aussi que les démarches et les méthodes suivies par les Chinois semblent convaincre les dirigeants africains. Les spécialistes s'accordent à dire que la collaboration sino-africaine est simple, rapide, efficace, sans conditions notables. La Chine représente pour le continent un véritable contrepoids aux Occidentaux. En 2013, les échanges commerciaux entre l'Afrique et Pékin ont atteint 210 milliards de dollars, contre 85 milliards de dollars entre Washington et les pays africains... Les USA veulent... rattraper la Chine ! Le secrétaire d'état John Kerry a été clair à ce propos dans son intervention du premier jour : "Je le dis sans complexe, nous voulons et nous allons travailler dur pour que davantage d'entreprises américaines investissent en Afrique." Pour sa part, le patron de General Electric, Jeffrey Immelt, a indiqué que la "croissance est là, maintenant, et pour de vrai. Il n'y a aucune raison que les milieux d'affaires américains ne rattrapent pas leur retard". Le représentant américain au commerce, Michael Froman, a reconnu que l'Afrique de 2014 n'est pas celle de 2000. Au cours de cette journée, il sera aussi question du principal outil d'échanges entre l'Amérique et l'Afrique, à savoir l'Agoa (African Growth and Opportunity Act) qui n'est plus adapté. Ce programme américain accordant des avantages commerciaux à certains produits africains date de 2000 et doit en principe être renouvelé en 2015. Les dirigeants africains, de leur côté, demandent le renouvellement, pour une période de 15 ans, du programme commercial exonérant de droits de douane certaines exportations en provenance d'Afrique. Signé en 2000, l'Agoa arrive à expiration l'an prochain et il est jugé très important par les chefs d'état africains. Il faut dire que la première puissance mondiale est largement distancée en Afrique par l'Union européenne, solidement en tête grâce aux liens historiques et coloniaux de certains états membres, et par la Chine qui a soif de matières premières. Certains observateurs très au fait des échanges américano-africains avouent qu'il est grand temps que les USA rompent avec une image de l'Afrique trop souvent associée aux conflits, à la maladie et à la pauvreté. Cela étant, General Electric a ouvert le bal des contrats, avec l'annonce de transactions qui portent sur deux milliards de dollars en Afrique, d'ici à 2018. Cependant, pour les Africains, les investisseurs américains sont encore trop timorés. "La liste des conditions qu'ils posent est plus longue que celle des Européens et des Chinois", a déploré le président du Ghana, John Dramani Mahama. L'Algérie représentée à ce sommet par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, défendra une vision intégrée de la coopération avec l'Afrique, basée sur le principe gagnant-gagnant. B. K. Nom Adresse email