Résumé : Samir apprend qu'il allait être père. Enfin, son rêve se réalisait. Il était si heureux qu'il propose à Ilhem de l'épouser. La jeune femme avait attendu ce moment toute sa vie. Cependant, elle ne donne pas une suite favorable à cette demande. Elle voulait garder l'enfant et en même temps sa liberté... Elle sourit et se passe la main dans les cheveux : -J'ai réfléchi depuis quelques jours à toute notre situation... Depuis quelques semaines déjà, je savais que j'étais enceinte. Mais j'ai dû attendre... Je voulais être sûre de mon état avant de te mettre au courant... J'ai d'abord subi quelques examens, puis comme mon médecin craignait une menace, il m'a fait subir un tas d'autres tests et des analyses afin de lever tout quiproquo sur ma grossesse... C'est pour cela que je ne voulais pas t'en parler auparavant, quoique, par moments, j'ai tenté de le faire... Mais maintenant que tout est clair dans ma tête, je pense que la meilleure solution pour nous deux est de nous quitter juste après mon accouchement. Je ne veux pas construire mon bonheur sur les malheurs d'une autre femme... Mordjana finira par découvrir le pot aux roses, et bonjour les dégâts ! Une femme blessée dans son amour-propre devient jalouse, agressive et prête à toutes les vengeances, et je ne veux pas que mon enfant en pâtisse. Samir, je suis désolée... Je t'aime... Je rêvais d'avoir un enfant de toi... Maintenant que c'est fait, je te demanderais d'espacer tes venues. Encore mieux, tâche d'être plus près de Mordjana. Elle va bientôt ramener un enfant à la maison, et je suis certaine que tu n'auras plus assez de temps pour t'occuper de moi... Samir l'avait écoutée sans mot dire... Il n'arrivait pas encore à assimiler les paroles d'Ilhem... Un brouillard passe devant ses yeux... Etait-il éveillé ? Ou bien est-ce un cauchemar qu'il était en train de faire et qui va se dissiper dès qu'il aura ouvert les yeux ? Il regarde autour de lui : il était dans une grande et belle cuisine, savamment aménagée, où sentait bon l'odeur d'un plat au four. La lumière tamisée que reflétait le plafonnier rendait l'atmosphère chaude et accueillante. Il regarde la petite tasse déposée devant lui, et la touche pour s'assurer qu'il était bien là et que le liquide noir et chaud qu'il buvait à petites gorgées était bien du café. Ilhem gardait le silence... Il savait qu'elle le mettait devant un dilemme. Il devait trancher... Va-t-il divorcer... ? Ilhem lui avait nettement spécifié qu'elle ne voulait pas qu'il quitte Mordjana. Il pousse un long soupir et regarde la jeune femme dans les yeux avant de murmurer : -Ne me fais pas ça, Ilhem... -Te faire quoi ? -Ne me fais pas ce coup... Je ne veux pas que mon enfant se sente abandonné par son propre père. -Il ne le sera pas, si c'est cela qui te préoccupe ; sois certain que dès qu'il commencera à faire ses premiers pas, je t'autoriserai à venir lui rendre visite une fois par semaine... Tu pourras même l'emmener faire de petites promenades de temps à autre. -Mais ce n'est pas ce que je veux ! Cet enfant est le mien, et nous ne sommes pas divorcés. C'est dans un tel cas que le père obtient le droit de visite hebdomadaire. -Nous ne sommes pas mariés non plus, l'interrompt-elle... -Mais je te demande justement de régulariser notre situation. Marions-nous aujourd'hui même. Elle se met à rire et jette un coup d'œil à la pendule de la cuisine : -Il se fait tard pour une telle initiative ce soir... La mairie doit être fermée à l'heure qu'il est. Il hausse les épaules : -Je vais passer la nuit ici... Et demain, à la première heure, nous nous rendrons à la mairie la plus proche pour officialiser notre union. Elle rit encore : -Je ne veux justement pas me marier Samir. Il se mordit les lèvres : -Je ne sais plus où j'en suis avec toi Ilhem... Que veux-tu au juste ? Dis-le moi donc... Elle s'étire et se lève pour éteindre le four, et retirer le plat qui cuisait à l'intérieur pour le déposer sur le potager, avant de prendre un couteau pour découper de belles tranches de viande. -Je sais que tu vas apprécier le dîner de ce soir Samir... J'ai préparé un de tes plats favoris : Un gigot rôti aux haricots et pommes de terre. Il hausse les épaules et desserre sa cravate : -Je n'ai pas faim... Je veux plutôt discuter de cet enfant qui va voir le jour dans quelques mois, et dont je suis le géniteur. -Oui... On peut discuter tout en dînant... Attends un peu, je vais mettre la table... Veux-tu découper le pain et prendre une bouteille d'eau dans le frigidaire ? Y. H. (À suivre)