C'est un plaidoyer contenant des mesures structurelles, sectorielles et complémentaires qui a été remis au Premier ministre. Le Forum des chefs d'entreprise (FCE) semble, plus que jamais, décidé à apporter assistance au gouvernement et à l'accompagner dans sa recherche de solutions face à la crise que traverse le pays. L'organisation patronale a, au cours d'une rencontre, remis, hier, au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, un document portant contribution du FCE "pour l'émergence de l'économie algérienne". Il s'agit, en fait, d'un ensemble de mesures structurelles, sectorielles et complémentaires, jugées "urgentes" par les auteurs. À travers ce plaidoyer, le forum estime qu'il est maintenant urgent que l'Algérie s'engage résolument dans les transformations à même de garantir un développement "non pas sur la base de la dépense publique mais par le travail et l'effort des Algériens, l'entreprise et la création de valeur, seule voie d'une croissance saine, forte et durable". En toile de fond, l'étude plaide pour que soient réunies toutes les conditions "facilitatrices et incitatives qui permettront à l'entreprise algérienne de prendre le relais du développement par l'investissement". Cela passe impérativement, selon les auteurs, par l'application pure et simple de l'article 37 de la Constitution qui consacre la liberté d'entreprendre. Puis, le FCE souhaite que le rôle de régulateur de l'Etat soit confirmé et consolidé. Il réitère son cheval de bataille, à savoir la dépénalisation de l'acte de gestion, une disposition prise en compte dans la LFC 2015 et dont les textes d'application seront promulgués prochainement. Son président, Ali Haddad, a, lors d'une conférence de presse qu'il a animée hier, évoqué la nécessité de mobiliser toutes les capacités nationales publiques privées pour le développement du pays par l'investissement. La relance de ce dernier assurera, a-t-il indiqué, un taux de croissance durable se situant entre 7 et 8% dans les 5 années à venir et 60 000 postes d'emploi/an. Cette stratégie réduira les importations, a souligné le patron du groupe ETRHB, de 15 milliards de dollars dans les deux prochaines années. "Atteindre un montant d'exportations de 10 milliards de dollars dans 5 ans est un objectif à notre portée", a-t-il ajouté. Faisant sienne la politique de rationalisation que prône l'Exécutif, le FCE propose, dans son rapport, une réorientation des subventions au profit des citoyens les plus démunis. Les rédacteurs du document pensent que la politique de soutien des prix des produits de large consommation et de subvention d'autres (produits) que les pouvoirs publics mènent depuis de longues années est "louable et juste". Cependant, "elle a engendré des abus, des déviations, des gaspillages et de l'informel", relèvent-ils. Pour eux, les fonds affectés à cette politique de solidarité ne cessent d'augmenter jusqu'à atteindre des proportions alarmantes. Pour l'année 2014, les sommes consacrées au soutien des prix et aux diverses subventions, notamment les transferts sociaux, se chiffraient à 60 milliards de dollars, soit 30% du PIB. Plus de 1 700 milliards de dinars vont aux produits alimentaires. Or, ce soutien des prix ne devrait pas dépasser, indiquent-ils, les 400 milliards de dinars. "Cet effort national ne peut être soutenu au même rythme, avec la même ampleur, au moment où les prix des hydrocarbures connaissent une baisse sans précédent", constatent les membres du FCE qui ont établi le constat. L'organisation que dirige Ali Haddad partage également la décision prise par le gouvernement quant à la réintégration dans les réseaux bancaires des masses monétaires (en dinars et en devises), évaluées à 3 700 milliards de dinars, soit 40 milliards de dollars qui empruntent le circuit informel. B. K.