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Un militant à toute épreuve
Hadni Saïd : de l'OS au maquis de 1954
Publié dans Liberté le 07 - 02 - 2016

"Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualité d'un révolutionnaire." Che Guevara
Aujourd'hui cela fait 59 ans jour pour jour que tombait au champ d'honneur le grand militant nationaliste, commissaire politique et officier de l'ALN, Hadni Saïd, dit Si l'Hakim, le 2 février 1957 au village Arous, dans la région de Larbâa Nath Irathen.
Né en 1917 au village de Tamazirt, à Fort National (actuellement Larbâa Nath Irathen), Hadni Saïd est issu d'une famille modeste de paysans, composée de quatre frères et deux sœurs dont il est l'aîné ; une lourde responsabilité pour l'époque. Le jeune homme grandit dans l'entre-deux guerres mondiales ; une période qui vit l'éclosion de partis nationalistes, l'Etoile Nord-Africaine (ENA) et le Parti du Peuple Algérien (PPA). Très jeune, il fréquente l'école coranique d'Isahnounen et l'école française de Tamazirt, alors chef-lieu de la commune d'Irdjen. Malgré son intelligence et l'intérêt qu'il manifeste pour le savoir, il est renvoyé de l'école communale au seuil du certificat d'études primaires partageant ainsi le sort ingrat des enfants de son âge. Il s'éveille à la cause indépendantiste dans le giron nationaliste actif dans la région. Il doit ses premiers pas dans le mouvement national à son oncle maternel, Lechani Mohand Saïd, instituteur, berbérisant, publiciste et militant socialiste de tendance jaurésienne. En 1940, alors âgé de 23 ans, il adhère au PPA à Alger où il est un temps employé à l'hôpital d'El-Kettar, à Bab El-Oued, avant d'intégrer l'équipe rédactionnelle du journal Alger Républicain dans la capitale, sur recommandation de Lechani Mohand Saïd, proche des fondateurs du journal anticolonialiste de gauche Alger Républicain. En contact avec des plumes de journalistes talentueux, Si l'Hakim aiguise sa prise de conscience du phénomène colonial abject et se donne tout entier à l'action militante pour une nouvelle vision de l'Algérie.
Après la création de l'OS (Organisation Spéciale) branche paramilitaire du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) décidée par ce parti lors de son congrès tenu à Zeddine en février 1947, Hadni Saïd en devient un membre actif. Il abandonne son travail, quitte Alger et rejoint définitivement sa région natale, Fort National, en compagnie de l'une des figures de proue de la résistance armée, Amar Aït Cheikh. Avec ce dernier, il joue un rôle important dans la préparation de la visite de Messali Hadj à Aïn El-Hammam (ex-Michelet) au mois de mars 1947 en compagnie de Messaoud Oulamara. Si l'Hakim se consacre entièrement à l'organisation paramilitaire et la préparation de la lutte armée. Il entreprend avec Fernane Hanafi, Ali Ferhat dit Oumahmoud et autres une vaste campagne de sensibilisation et de recrutement de militants au sein de l'Organisation Spéciale en Haute Kabylie.
En octobre 1947, il se fait remarquer par son opposition publique à l'interdiction signifiée par le pouvoir colonial aux militants du PPA/MTLD légal lors des élections communales d'assister à la surveillance des élections de leur parti entré en compétition électorale à Fort National. Interdit d'accès au bureau de vote, il ne se laisse pas intimider. Il s'oppose physiquement aux autorités, déclenchant à l'entrée du bureau de vote une bagarre. Arrêté, il est libéré au bout d'une semaine de geôle. L'année suivante, le 4 avril 1948, lors des élections de l'Assemblée algérienne, toujours à Fort National, le trublion Hadni Saïd est de nouveau arrêté et condamné à huit mois de prison ferme pour avoir saccagé les boîtes du bureau de vote. Durant son incarcération, il subit l'horreur et est confronté aux humiliations, intimidations et privations, le lot quotidien des détenus. Cette expérience le marque à jamais. Elle renforce et confirme en lui l'inévitable lutte armée, unique et irréversible option pour le salut de l'Algérie. À sa sortie de prison, il reprend ses activités de militant au sein de l'OS du PPA /MTLD, en compagnie d'autres militants, en redoublant les opérations contre les autorités françaises, s'illustrant particulièrement par une série d'actes de sabotage dont l'incendie du café du village de Tamazirt (Irdjen), des écoles et administrations françaises. En 1949, une rencontre a lieu lors du marché hebdomadaire de Fort National entre militants de l'OS. Y ont pris part Krim Belkacem, Mohamedi Saïd, Hadni Saïd alias Si l'Hakim, Fernane Hanafi, Ali Ferhat dit Oumahmoud et Djefal Akli. Ali Ferhat aborde la question de la situation politique du parti et dénonce l'esprit du "zaïmisme" de Messali Hadj. Une tension sourde et électrique s'installe entre Krim Belkacem et Ali Ferhat. Ce dernier reproche à Krim son soutien indéfectible à Messali Hadj qui fait abstraction de la question de l'amazighité. Krim s'énerve, dégaine son arme et tire sur Ali Oumahmoud. La réunion tourne au drame. Une panique générale s'empare du marché, les badauds fuient dans tous les sens. Ali Oumahmoud est évacué en urgence à l'hôpital par la police. Après des soins médicaux, il s'en sort non sans avoir subi un interrogatoire musclé par la police pour lui soutirer des informations sur cette réunion. Présenté devant le juge, il est condamné à la prison ferme. Cet acte malheureux lors de cette rencontre clandestine traduit le malaise déjà existant au sommet du parti entre les messalistes et les activistes berbéristes. Décidément, la crise s'invite à l'Organisation secrète. Quelques mois après le démantèlement de l'organisation paramilitaire par les services de sécurité, une véritable chasse à l'homme est lancée contre les militants de l'OS. Beaucoup sont arrêtés et emprisonnés ; d'autres, pourchassés, errent dans la nature, abandonnés et lâchés par leur parti.
Si l'Hakim est activement recherché par la police. Il se déplace et se réfugie d'un village à l'autre. Fatigué par cette cabale et consterné par l'abandon du parti, il décide de quitter le territoire national. Il se réfugie à Besançon, en France, où il reste jusqu'au déclenchement de la révolution. Il rentre au pays en janvier 1955. Son passé de militant actif et invétéré de l'OS qu'il intègre dès sa création en 1947 lui facilite son incorporation au sein du FLN/ALN. Il contacte Krim Belkacem et Mohamedi Saïd. Ces derniers le nomment chef de la région de Fort National (Larbâa Nath Irathen) et commissaire politique. Il prend le pseudonyme de Si l'Hakim (le justicier) sans doute en raison du fait qu'il a initié à Fort National (Isahnounène) une justice parallèle à celle des tribunaux français dans les villages au sein des assemblées (tajmaât). Si Nacer lui confie les tâches de recruteur et de collecteur de cotisations au sein de la population locale ; une responsabilité titanesque qu'il mène avec abnégation. Plusieurs militants ont été recrutés et beaucoup d'argent a été collecté en un temps relativement court. À l'occasion de l'hommage qui lui a été rendu l'année dernière le 7 février 2015 au musée du Moudjahid à Tizi Ouzou, Salah Mékacher, l'ancien secrétaire de la Wilaya III, a souligné dans son allocution à propos de Si l'Hakim : "La literie et les couvertures nécessaires pour les congressistes de la Soummam, à la veille du 20 août 1956, ainsi qu'une somme d'argent estimée à un million de francs de l'époque ont été acheminés de Boudjellil par les soins du lieutenant Si l'Hakim." Le même intervenant rapporte dans son livre Fureurs dans les djebels : "Si l'Hakim avait chargé son frère Hadni Mohand Ameziane, futur régional à la Fédération de France du FLN, de prendre attache avec Mahyouz Ahcène afin de l'incorporer dans les maquis du FLN. Mission accomplie après un rendez-vous pris au lieudit Café d'El-Had, fin 1955."
À l'issue du congrès de la Soummam, Hadni Saïd est désigné lieutenant de l'ALN, commissaire politique et prend le commandement de la zone 3 de la Wilaya III. Il est parmi les premiers à mettre en application les résolutions du Congrès de la Soummam. Précurseur de la formation d'une équipe d'infirmiers, il nomme l'aspirant sanitaire Iratni Mohamed aux commandes de cette équipe. Il s'est distingué par plusieurs faits d'armes : il organise une embuscade au village de Azouza mettant hors d'état de nuire dix-sept militaires dont un capitaine ; il confie une opération délicate à un maquisard, Si El-Mahfoud du village d'Arous, chargé de neutraliser un capitaine zélé de la SAS de Fort National. Sur instruction du colonel Si Nacer, Si l'Hakim installe le premier bureau régional de coordination composé de Hamoudi Tahar, Habès Ferhat, Farez Ali et Iratni Mohamed.
Parmi d'autres missions délicates qu'il a eu à accomplir, il sert d'escorte à Abane Ramdane en route pour Ifri Ouzellaguen, à la veille du Congrès de la Soummam. Le 2 février 1957, le lieutenant Hadni Saïd, son groupe ainsi que celui du capitaine Abderrahmane Mira sont pris dans une embuscade meurtrière tendue par l'armée française au village de Arous. Le groupe de Mira réussit à se replier sain et sauf. Si l'Hakim tombe au champ d'honneur avec son aspirant sanitaire Iratni Mohamed et neuf autres moudjahidine de son groupe après une farouche résistance. Au lendemain de son inhumation, l'armée française, revenue sur les lieux, ordonne l'exhumation du corps de Si l'Hakim pour le photographier. Il avait 40 ans. La zone 3 de la Wilaya III enregistra la perte de l'un de ses redoutables chefs, et l'Algérie un de ses valeureux enfants.
M. H.
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