Les faits se sont déroulés dans la nuit du 20 au 21 novembre 2014, dont au moins quatre personnes à bord de deux voitures étaient victimes de ce faux barrage. Cinq membres du gang de Santa Cruz, spécialisé dans l'agression des automobilistes se rendant sur les hauteurs du Murdjadjo, ont été condamnés, dimanche, par le tribunal criminel près la cour d'Oran à 20 ans de réclusion criminelle et deux à la perpétuité par contumace. Deux autres inculpés ont été acquittés. Les 9 accusés, âgés entre 25 et 32 ans, étaient poursuivis pour association de malfaiteurs et assistance aux criminels (art. 176 et 177 du code pénal), vol avec violence (art. 353) et entrave à la circulation ayant entraîné la mort (art. 408, alinéa 2). A. Hamza, 25 ans, les frères N., Mohamed, 31 ans, Nacer, 30 ans, et El-Hachemi (en état de fuite), D. Kamel, 30 ans, N. Mohamed Yacine, 29 ans, A. Saber, 35 ans, B. Toufik, 37 ans, et H. Youcef (en fuite) étaient accusés d'avoir barré la route menant à Santa Cruz à l'aide de troncs d'arbres et de pierres et d'avoir attaqué des automobilistes à l'aide d'armes blanches, notamment des épées. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 20 au 21 novembre 2014, dont, au moins, quatre personnes à bord de deux voitures étaient victimes de ce faux barrage. Il s'agit de T. Samir, T. Brahim, B. Mohamed et A. Mohamed. Si les trois premiers ont été dépouillés de tout ce qu'ils possédaient et ligotés en contrebas de la route, A. Mohamed a réussi à prendre la fuite avant de chuter mortellement d'une hauteur de 35 m. "Ils étaient une douzaine, tous encagoulés, et ils ont fracassé le pare-brise. J'ai essayé de faire marche arrière, mais ils avaient barré la route. Mohamed a réussi à s'échapper et c'est le lendemain que nous avons appris sa mort", a raconté à la barre B. Mohamed, plaignant et ami du défunt. Selon l'acte d'accusation, le cellulaire de A. Mohamed (dont le cadavre a été retrouvé dans l'après-midi de vendredi 21) a été utilisé deux jours plus tard, lorsque Mohamed, l'ami rescapé, a reçu un appel émanant de l'appareil du défunt. "La personne au bout du fil réclamait 50 millions de centimes en contrepartie de la restitution de la voiture appartenant à T. Brahim", a encore raconté le plaignant. L'appel a toutefois permis aux enquêteurs de remonter jusqu'à A. Hamza, qui était en possession du téléphone, lequel Hamza, gardien d'un chantier de construction à Aïn Turk, se mettra à table et livrera le nom de ses complices. Confrontés à leurs agresseurs, les trois rescapés identifieront Hamza, Nacer et son frère Mohamed. "Nous les avons reconnus grâce à leur taille et au timbre de leurs voix", répéteront les plaignants à la barre en rappelant que les assaillants portaient des cagoules. Durant leur déposition lors du procès, tous les inculpés rejetteront les accusations qui pesaient sur eux, y compris celles de Hamza qui avait fait des aveux lors de l'enquête préliminaire. En larmes, la mère de la victime reviendra sur le cauchemar qu'elle a vécu depuis l'annonce de la disparition de son fils et la découverte de son corps. Elle dira avoir douté de la réalité des choses lorsque l'ami du disparu avait reçu un coup de fil provenant de l'appareil de son fils, le jour de l'enterrement. "J'avais vu le cadavre de mon garçon, mais j'ai quand même douté. Je suis retournée à l'hôpital en me disant qu'ils s'étaient peut-être trompés, que mon fils était vivant", a-t-elle raconté en sanglots. Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public a requis la prison à perpétuité contre les accusés. Les avocats de la défense tenteront de décharger leurs clients, mais seuls les défendeurs de D. Kamel et N. Mohamed Yacine réussiront à convaincre la cour de l'innocence de leurs mandants et obtenir leur acquittement. S. Ould Ali