Les étudiants des campus de Targa Ouzemour et d'Aboudaou à Béjaïa comptent poursuivre leur mouvement de grève. En effet, à l'issue d'une AG extraordinaire, tenue dans la matinée d'hier, et ce, jusqu'en fin d'après-midi, ils ont décidé de poursuivre le blocage des deux campus en maintenant des piquets de grève devant tous les portails d'entrée. La marche, initialement annoncée pour aujourd'hui, a été reportée à la semaine prochaine, nous a indiqué Massinissa, un étudiant de la Faculté des sciences économiques, de gestion et de commerce. Les trois points à l'ordre du jour de cette AG, sont la promotion effective de tamazight, la loi de finances 2018, austère uniquement à l'égard de la promotion de la langue et de la culture amazighes, selon leurs propos. Et enfin, le projet du règlement intérieur, proposé par le recteur de l'université de Béjaïa, qui est, selon eux, rejeté dans le fond et dans la forme. Dans la journée d'hier, une partie des étudiants s'est postée, contrairement à la veille, devant les deux portails principaux d'Aboudaou qui sont restés fermés toute la journée. Le gros des étudiants s'est donné rendez-vous à Targa Ouzemour où les portails étaient ouverts, mais les blocs fermés, hormis, bien sûr, celui où s'est tenue l'assemblée. Les étudiants des 8 facultés se sont relayés pour dénoncer la diminution du budget du Haut-Commissariat à l'amazighité (HCA) par les députés de la majorité. Beaucoup d'entre eux ont exprimé leur désapprobation quant à la baisse du budget de fonctionnement de cet institut académique, rattaché pourtant à la Présidence, mais le "Conseil supérieur de la langue arabe n'a pas à s'inquiéter. L'argent, ce n'est pas un problème pour promouvoir davantage l'arabe", dénoncera un étudiant, qui active dans une organisation des droits de l'Homme. Il a été applaudi par ses pairs qui n'en pensent pas moins. Occasion pour un autre d'évoquer la loi de finances 2018, qui va, selon lui, appauvrir davantage les Algériens, qui ne savent plus où donner de la tête, "mais ceux qui ont un train de vie indécent n'ont pas à faire d'efforts". Beaucoup a déjà été dit sur cette loi de finances, qui est, pour une étudiante, déjà entrée en vigueur, en témoigne, justifie-t-elle, la grève des boulangers, qui ont décidé d'augmenter de 50% le prix de la baguette de pain. Et le prix du gasoil et de l'essence, qui va se répercuter, enchaînera un autre, sur le prix du transport dès la rentrée. S'il est vrai que la baisse du budget du HCA est à l'origine de cette mobilisation estudiantine, le projet du règlement intérieur, élaboré par le rectorat, n'est pas en reste. La preuve : une bonne partie des interventions des étudiants a été focalisée sur ce futur règlement intérieur, qui est, selon eux, digne d'un univers carcéral. Il y aura, dénonce-t-on, plus de restrictions et un contrôle sur tout ce qui bouge à l'université. Le mouvement estudiantin sera muselé, dénonce-t-on. Les étudiants semblent s'être procuré une copie de ce projet du règlement intérieur d'où leur montée au créneau. L'occasion, qui leur est offerte via cette baisse du budget du HCA, a été exploitée pour rejeter dans le fond et dans la forme le texte du recteur. À signaler qu'une marche des lycéens de la commune d'Aït R'zine est annoncée pour aujourd'hui. À l'instar de leurs camarades de Sidi-Aïch et de Tazmalt, avant-hier, ils vont appeler "à la généralisation de l'enseignement de tamazight" et exiger des pouvoirs publics de consacrer plus de moyens à la promotion de la langue et de la culture amazighes. M. Ouyougoute