Une évaluation du système de subventions est en cours. Le gouvernement se prépare à mettre en place un mécanisme de révision du système de subventions aux produits de large consommation. En effet, le ministre du Commerce Mohamed Benmeradi, cité par l'APS, a indiqué mardi qu'un groupe de travail supervisé par le Premier ministre et regroupant des représentants du ministère des Finances et de plusieurs autres départements, se penche actuellement sur l'examen du système de subventions pour passer à un système ciblé. Répondant aux préoccupations des membres de la commission des affaires économiques, du développement, de l'industrie, du commerce et de la planification de l'APN sur les mesures à prendre pour orienter les subventions de l'Etat, le ministre a précisé que le groupe de travail installé au Premier ministère se penche sur le dossier, précisant que l'opération ne serait pas achevée fin 2018. Mohamed Benmeradi a rappelé que cette révision du système de soutien des prix est une mesure contenue dans le plan d'action du gouvernement. Il a ajouté qu'une évaluation du système des subventions était en cours au niveau du gouvernement. "Nous sommes en train de travailler pour voir concrètement comment basculer d'un système de subventions généralisé vers un système ciblé qui nous permettra de mettre fin à cette incohérence qui contribue aux dérèglements observés dans le commerce extérieur". En clair, le gouvernement planche sur un système de ciblage des couches les plus défavorisées en vue de lever les subventions sur le lait, le pain, le sucre et l'huile. La définition de ce mécanisme pose problème en l'absence d'identification actuellement précise et efficace des citoyens à faibles revenus. La mise en place demande du temps. C'est la raison pour laquelle le gouvernement a retardé la décision de supprimer les subventions sur ces produits en 2018, la reportant à plus tard. La constitution d'un groupe de travail, le début du travail d'évaluation et de réflexion sur le sujet, laisse penser que cette levée des subventions interviendra en 2019, voire en 2020. En clair, à cette échéance si le gouvernent met en pratique cette décision, les prix du pain, du lait, du sucre et de l'huile seront libres, c'est-à-dire qu'ils vont augmenter de façon importante. En compensation de ces hausses des prix, les ménages aux revenus modestes pourraient recevoir des aides financières de l'Etat. Dans ses arguments pour la suppression du soutien des prix, le gouvernement a fait valoir que cette situation produit un grand gaspillage de produits subventionnés, un détournement de ces produits vers les frontières. Les subventions profitent davantage aux riches, soutiennent plusieurs experts. La situation financière actuellement difficile du pays, le poids important des subventions sur le budget de l'Etat expliquent ce passage aux actes. La crainte que cette décision puisse compromettre la paix sociale, voire entraîner des émeutes comme en Tunisie, a dissuadé depuis des années les gouvernements successifs en Algérie à mettre en œuvre cette décision. Le gouvernement Ouyahia passera-t-il à l'acte ? Rien n'est sûr. Puisqu'en 2019, c'est l'année de l'élection présidentielle et le choix d'un nouveau gouvernement. Sauf que dans un scénario d'aggravation de la crise, les pouvoirs publics pourraient accélérer la mise en œuvre d'une telle mesure qui pénaliserait au premier chef les couches moyennes. K. Remouche