Pour le moment, seule la présence dans le sang de la victime d'une forte dose de tranquillisants a été démontrée. Pour l'identité des responsables, cela reste au stade des spéculations. La famille du lycéen, mort dimanche dernier à Saoula des suites d'un empoisonnement, a déposé, hier, plainte contre X auprès des services compétents. “Nous ne savons pas vraiment ce qui s'est passé. C'est aux services chargés de l'enquête de déterminer les circonstances de ce décès tragique ainsi que les responsabilités”, nous a précisé l'un des frères de la victime que nous avons rencontrés, hier, près du domicile familial. Toutefois, la famille s'oppose catégoriquement à toute exhumation du corps du défunt aux fins d'autopsie. En effet, une information que nous n'avons pas pu confirmer, hier, fait état de la décision du procureur de recourir à cette méthode dans le but de tenter de trouver des indices à même de renseigner les enquêteurs sur les causes de la tragique disparition du lycéen Fateh Akkachi, qui a mis en émoi la paisible localité de Saoula, la semaine dernière. Selon le témoignage de son frère, Fateh a commencé à ressentir les premiers signes de dégradation de sa santé le jeudi 21 avril dernier, lorsqu'il s'est plaint de fatigue et de fièvre. Cela ne l'a pas empêché d'aller, tout en étant souffrant, à l'école au début de la semaine suivante. “Nous l'avons emmené au dispensaire et à l'hôpital d'El-Kettar, mais les médecins n'ont rien détecté d'anormal chez lui”, raconte notre interlocuteur. Des analyses plus approfondies ont finalement révélé la présence d'une forte dose d'un psychotrope, le Thegritol. Le jeune Fateh a été ensuite admis aux urgences de l'hôpital de Béni-Messous, le mercredi 26 avril. Il plongera dans un coma profond durant trois jours avant de rendre l'âme le dimanche 1er mai. A-t-il été empoisonné ? Si tel est le cas, qui aurait voulu attenter à sa vie ? S'agit-il d'une mauvaise plaisanterie entre camarades de classe qui aurait tourné au drame ? Pour le moment, seule la présence dans le sang de la victime de cette forte dose de tranquillisants a été démontrée. Pour les responsabilités, cela reste au stade des spéculations. Le frère du défunt affirme, lui, que c'est devant une psychiatre de l'hôpital de Béni-Messous que le concerné aurait lâché avant sa mort qu'“un garçon et une fille lui auraient donné quelque chose”. De qui s'agit-il ? Personne pour le moment ne peut avancer quoi que ce soit et l'on ne signale aucune arrestation dans cette affaire. Le frère de la victime se dit, par ailleurs, écœuré par le fait que les responsables de l'école n'aient pas cherché à comprendre les raisons de l'absence du concerné pendant plusieurs jours des bancs du lycée ou à alerter ses parents. Au lycée Mohamed-Boudiaf de Saoula où le jeune Fateh poursuivait ses études secondaires, les élèves que nous avons rencontrés se déclarent outrés par l'attitude de l'administration du lycée qui “tente de faire comme si rien ne s'y était passé”. Dans cet établissement, enseignants et élèves, et même les voisins que nous avons interrogés sur ce lycéen le décrivent comme quelqu'un de pieux et de sage qui n'a jamais touché à la drogue ni même à la cigarette ou à la chique. Qui aurait donc intérêt à attenter à la vie de Fateh ravi aux siens à la fleur de l'âge ? Les investigations des services de sécurité pourront peut-être lever le voile sur ce décès aussi mystérieux que tragique. H. S.