En raison de l'absence d'un marché de fruits et légumes, le commerce informel renaît de ses cendres dans la ville de Boufarik après avoir été difficilement éradiqué. La rue Cherchali, connue communément sous le nom de Zenket Larab, qui reste le foyer de ce commerce et qui attire des dizaines de jeunes vendeurs de produits en tous genres, a finalement repris ses droits. Malgré le fait que les services de sécurité ont mis tous les moyens et ont imposé une surveillance continue dans cette rue populaire, les acteurs du commerce informel ont la peau dure. Avec leurs charrettes et camionnettes, ils investissent en force le centre-ville aux alentours de la mosquée Taleb-Ibrahimi, provoquant ainsi un désordre indescriptible. D'ailleurs, même les fidèles de la mosquée ont contesté leur présence qui dégrade non seulement le cadre de vie des citoyens mais aussi empêchent les fidèles de la mosquée d'accomplir leurs prières dans le calme. Les commerçants de l'informel se disputent les places sous les platanes pour étaler différents articles. Les services de sécurité ont mobilisé une dizaine de policiers pour préserver la quiétude à Zenket Larab, en vain. Ce phénomène gagne du terrain de jour en jour. Même constat chez les commerçants légaux qui étalent leurs produits sur les trottoirs en toute impunité. Face à l'ampleur de cette situation, les services de sécurité semblent dépassés. Il faut dire aussi que les nouveaux élus sombrent dans un mutisme total et oublient les promesses faites aux citoyens avant les élections. Par ailleurs, le centre-ville de Boufarik est transformé en gare routière, puisqu'une cinquantaine de bus qui assurent le transport des riverains se disputent les places en provoquant une situation intolérable sous la fenêtre du président de l'APC qui semble afficher une tolérance à cette anarchie totale. Même les places publiques ayant connu une grande opération d'aménagement à coups de milliards servent de lieu de stationnement pour certains automobilistes qui défient même les services de sécurité. À Boufarik, la société civile, qui lance un appel aux autorités locales à se mobiliser afin de mettre fin à cette situation de pourrissement, craint que la situation ne se dégrade de plus en plus durant le mois de Ramadhan. K. FAWZI