À deux mois des élections sénatoriales, prévues pour le 29 décembre prochain, la bataille des primaires fait rage en coulisses au sein des assemblées élues de la wilaya de Béjaïa qui comptent un collège électoral global de 839 élus locaux, dont 43 siégeant à l'Assemblée populaire de wilaya (APW). Toutefois, ce collège électoral sera, cette fois-ci, amputé de quinze membres représentant le nombre de sièges dont dispose la commune de Boudjellil, où l'opération de vote fut annulée lors des locales du 23 novembre 2017. En effet, les postulants au fauteuil de la Chambre haute du Parlement ont déjà entamé les tractations et les travaux de coulisses, afin de glaner des voix auprès de leurs pairs "désintéressés" ou dissidents de partis politiques. Au centre des convoitises, les élus issus de listes indépendantes, qui constituent en termes de nombre la deuxième force politique avec un total de 152 élus, après le Front des forces socialistes (FFS) qui a décroché, au lendemain du scrutin du 23 novembre 2017, 242 sièges, dont une vingtaine à l'APW de Béjaïa. Bien que sur le plan numérique, c'est le FFS qui détient une majorité relative d'élus, il n'en demeure pas moins que le rapport de force en termes de voix pourrait basculer en faveur d'un autre candidat, et ce, pour plusieurs raisons. En ce sens, l'exemple des sénatoriales de décembre 2012 est plus qu'édifiant. L'on se rappelle de la prouesse réalisée à l'époque par l'actuel P/APC d'Oued Ghir, Yacine Ramdani, quand il avait réussi à remporter 136 voix, talonnant ainsi le FFS et devançant le RCD et le FLN, alors que son parti, le MPA, n'avait qu'une trentaine d'élus à travers toute la wilaya de Béjaïa. Pour cette année, une chose est sûre, le futur sénateur de Béjaïa ne pourrait être issu que de l'un des trois candidats qui seront présentés par le FFS, le RCD et le FLN. Si au FFS, on parle déjà de pas moins de quatre postulants qui devraient se disputer la candidature officielle du parti, le RCD qui compte quelque 141 élus, dont six transfuges du RPR (élus à l'APC de Darguina), sera représenté par son P/APC de Fenaïa, Farid Bali, qui est aujourd'hui à son troisième mandat consécutif à la tête de sa commune. Ancien directeur général de l'entreprise des travaux de distribution de l'énergie (ETDE) de la wilaya de Béjaïa, M. Bali, âgé de 51 ans, est l'un des prétendants favoris au poste de sénateur, eu égard à sa compétence et à sa réputation. Le candidat favori au FFS, affirment certains observateurs politiques locaux, n'est autre que l'actuel vice-président de l'APW, Abdennour Derguini, membre du conseil national du parti. Quant au FLN, on a déjà enregistré deux candidatures qui vont se disputer les 123 voix dont dispose le parti, lors de l'élection primaire qui se tiendra prochainement. Il s'agit du candidat malheureux aux sénatoriales de décembre 2015, Abdelhamid Merouani, ex-P/APC de Béjaïa et néanmoins mouhafedh de la même ville, et du jeune militant associatif de Tazmalt, Massinissa Ouari, qui s'est investi dans le travail de proximité dans la région de la vallée de la Soummam. Kamel ouhnia