Malgré un thermomètre qui affiche 32°, la population témouchentoise a répondu présente en ce 19e vendredi de mobilisation populaire contre le système avec pour principal slogan le vendredi de la résistance. En effet, hommes et femmes accompagnés de leurs enfants, drapés dans l'emblème national, se sont retrouvés, comme à l'accoutumée, devant le siège de la wilaya juste après la prière hebdomadaire du vendredi pour rejeter la feuille de route de Gaïd Salah. Tout en réfutant cette vaine tentative déstabilisatrice de l'unité du peuple algérien avec cette histoire d'étendard de son identité, les manifestants ont appelé Gaïd Salah et l'armée à rejoindre les casernes pour laisser place aux civils, seuls à même de pouvoir gérer les affaires du pays. À ce titre, ils ont exigé une période de transition qui devra être menée par un gouvernement issu d'une conférence nationale de consensus dirigée par une personnalité civile. "Après le 9 juillet, on ne reconnaîtra pas le chef de l'Etat, Abdelkader Bensalah, ni le gouvernement de Noureddine Bedoui", ont-il scandé tout au long de l'itinéraire. Pour le mouvement, seule l'application de l'article 7 est à même de sauver les meubles, c'est-à-dire donner la parole au peuple pour décider de son sort et cesser de gagner du temps qui va à l'encontre de l'intérêt suprême de la nation. À ce titre, les manifestants avertissent le chef d'état-major sur une éventuelle intention de mener le pays vers un état militaire comme ce fut le cas en Egypte. "L'Algérie n'est pas l'Egypte", nous murmurait l'un des marcheurs au moment où la foule scandait "Daoula madania, machi aâskaria", "Arrêtons de jouer sur la fibre régionaliste", tout en appelant la justice à respecter les libertés individuelles et à faire payer avec plus de rigueur et de fermeté ceux qui ont dilapidé les deniers publics. À la fin de ce mouvement qui a pris fin à la place du 9-Décembre-1960, les manifestants se sont donné le mot pour résister et continuer à marcher tous les vendredis jusqu'à l'aboutissement des revendications du peuple "On ne fait pas machine arrière ! On n'abdique pas !", ont-ils scandé.