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Les détenus et les avocats démolissent l'accusation
Leur procès s'est ouvert hier à Sidi M'hamed
Publié dans Liberté le 12 - 11 - 2019

"L'atteinte à l'unité nationale se situe justement dans le fait que la justice ne condamne qu'à Alger les porteurs du drapeau et pas dans d'autres wilayas du pays", s'est défendue Samira Messouci, détenue depuis juin dernier à El-Harrach.
Le procès d'une quarantaine de détenus, accusés d'atteinte à l'unité nationale pour port du drapeau amazigh, s'est ouvert hier matin au tribunal de Sidi M'hamed, à Alger, et s'est poursuivi jusque très tard dans la nuit. Des centaines de personnes, entre celles qui ont pris place dans la salle et les autres qui ont organisé un sit-in devant l'enceinte du tribunal, se sont déplacées pour y assister. Entamé depuis 11h, le procès devait traiter une dizaine de dossiers qui se recentrent tous sur l'accusation du port du drapeau amazigh lors des manifestations du mouvement populaire.
Les premiers à être appelés à la barre sont Bibi Makhlouf, Boudraâ Abderrahmane, Amine Ould Taleb, Chatri Mouloud, Acherfouche Amar et Ouidir Khaled. Le procureur a requis 2 ans de prison et 100 000 DA d'amende. Le même réquisitoire a été prononcé contre tous les accusés. Après plusieurs heures de plaidoirie, le juge s'est retiré, avant de revenir près d'une heure après et d'appeler d'autres accusés à la barre, dont Samira Messouci, Chalal Amokrane, Kichou Lhadi, Aouissi Hocine. Nonobstant la lenteur des débats, la salle est restée archicomble durant toute la durée du procès.
Un procès historique
"Ils sont notre fierté", "ils sont en train d'écrire l'histoire de l'Algérie libre et démocratique". C'est en ces termes que les avocats ont entamé leurs plaidoiries. Ils étaient, en effet, plusieurs dizaines d'avocats à défendre les détenus contre ce qu'ils ont appelé "des directives venues d'une caserne". Même réplique chez les détenus qui ont tenu à récuser l'accusation selon laquelle brandir le drapeau amazigh serait une atteinte à l'unité nationale.
À l'unisson, les détenus ont insisté sur leur intention "de manifester encore avec le même drapeau dès qu'ils quitteront la prison". Il faut signaler que le collectif d'avocats ne s'est pas attardé sur les vices de procédure relevés et les amalgames dans les P.-V. des arrestations signés par les officiers de la Police judiciaire. Seul Me Abdellah Haboul a évoqué cet aspect en révélant que des jeunes manifestants ont été arrêtés à Birtouta, circonscription de Boufarik (Blida), mais présentés à Alger.
Me Nabila Smaïl a déclaré qu'elle déposerait plainte contre l'Etat algérien si la justice condamne ces jeunes manifestants. Les autres avocats ont concentré leurs plaidoiries sur l'aspect politique des accusations, donc du procès. À 16h20, c'est le deuxième dossier que le juge allait traiter. Les détenus Samira Messouci, Chalal Amokrane, Kichou Lhadi et Aouissi Hocine, arrêtés le 28 juin, sont appelés au box des accusés.
D'emblée, ils ont été accueillis par des applaudissements, des youyous et les cris "Algérie libre et démocratique", qui ont fait le topo pour un procès du système politique. "Les policiers m'ont dit : soit tu signes ces P.-V., soit tu pars en prison, donc j'ai signé et je suis à El-Harrach", ont dénoncé deux détenus. Samira Messouci, militante politique, a refusé de répondre aux questions du juge sur les circonstances de son arrestation.
"Je ne suis pas là pour me justifier, car des hommes et des femmes se sont sacrifiés pour tamazight, et ce n'est pas au chef d'état-major de l'armée qui n'est pas le législateur de nous interdire de manifester avec le drapeau amazigh", a-t-elle dit, sous les applaudissements de la salle. "Si vous doutez de mon patriotisme, vous doutez donc des 60 000 électeurs de Tizi Ouzou qui ont voté pour moi à l'APW", a-t-elle ajouté, considérant que "l'atteinte à l'unité nationale se situe justement dans le fait que la justice ne condamne qu'à Alger les porteurs du drapeau et pas dans d'autres wilayas du pays".
Dans leurs plaidoiries, tous les avocats ont évoqué le discours d'Ahmed Gaïd Salah du 19 juin dernier, qui a précédé les arrestations des porteurs du drapeau amazigh. "Est-il logique qu'un chef de l'armée demande à la justice de condamner des manifestants ?", se sont-ils, notamment, interrogés.
Des avocats ont même brandi le drapeau amazigh dans la salle et devant le juge, précisant que l'objectif des arrestations "est de casser le mouvement populaire". À souligner qu'à l'heure où nous mettions sous presse, le procès se poursuivait. Le juge a décidé de traiter tous les dossiers, nous a-t-on fait savoir. Les avocats interrogés sur l'issue du procès étaient tous optimistes. "Tout indique que tous les détenus seront libérés", ont-ils répondu.

Mohamed Mouloudj


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