Comme lors du procès en première instance, la presse n'a pas été autorisée à assister aux débats. Le procès en appel de Saïd Bouteflika, de Mohamed Mediène, d'Athmane Tartag et de Louisa Hanoune s'est ouvert hier au tribunal militaire de Blida. Un procès que la presse n'a pas été autorisée à couvrir. Les auditions des accusés se sont poursuivies tard dans la soirée d'hier. Elles se poursuivront encore aujourd'hui. Sur les quatre accusés, trois étaient présents au procès. Il s'agit de l'ancien patron du DRS, le général Toufik, Saïd Bouteflika, le frère cadet et conseiller du président déchu, Abdelaziz Bouteflika, et de Louisa Hanoune, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT). Athmane Tartag, dit Bachir, ancien responsable des services de sécurité, a refusé, lui, d'assister au procès. Jugés une première fois par la même juridiction pour "des faits commis dans une enceinte militaire, qualifiés par la loi de crimes de complot ayant pour but de porter atteinte à l'autorité militaire et de complot contre l'autorité de l'Etat, faits prévus et réprimés respectivement par l'article 284 du code de la justice militaire et les articles 77 et 78 du code pénal", ils ont été condamnés à 15 ans de réclusion criminelle. La défense avait interjeté appel du jugement. Selon Me Khaled Bourayou, membre du collectif de la défense, le premier prévenu à être auditionné a été le général Toufik. Ce dernier, selon la même source, a mis en exergue, dans sa plaidoirie, "sa carrière militaire" et "ses réalisations à la tête du DRS". Il a également mis en avant "les opérations menées sous son égide par les services de renseignements contre la corruption". Me Khaled Bourayou a affirmé que "le procès s'est déroulé normalement", ajoutant que la défense attend "l'application stricte de la loi". Me Bourayou a précisé que "lors de la séance d'aujourd'hui, (hier, NDLR), l'ancien président du Conseil constitutionnel a été consulté", précisant que ce dernier a estimé que cette affaire "ne peut être qualifiée de complot ou d'atteinte contre le régime". L'avocat a affirmé, à ce propos, que "le recours au Conseil constitutionnel réfute le caractère pénal de la rencontre qui a eu lieu entre les accusés". Il faut noter que Saïd Bouteflika a accepté de répondre aux questions du magistrat, contrairement au premier procès où il avait refusé de le faire. Auditionné dans l'après-midi, Saïd Bouteflika, le frère cadet du président déchu, a souligné que "son frère Abdelaziz n'avait aucune intention de se porter candidat au 5e mandat et que le défunt chef d'état-major de l'armée, ex-vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah, en était informé". Pour rappel, c'est le 27 mars 2019 que les accusés Saïd Bouteflika, Mohamed Médiène, Athmane Tartag et Louisa Hanoune s'étaient rencontrés dans une villa qui appartient aux services de renseignements, à Alger. Les participants à cette réunion ont été accusés "de complot contre l'autorité de l'Etat" et "d'atteinte au moral de l'armée". Arrêtés et mis en détention préventive, ils comparaîtront, le 25 septembre 2019, devant le tribunal militaire de Blida, qui les condamnera à 15 ans de réclusion criminelle. Saïd Bouteflika, Mohamed Mediène, Athmane Tartag avaient été arrêtés le 5 mai dernier, tandis que Louisa Hanoune avait été interpellée le 9 du même mois, soit quatre jours plus tard. Accusés dans la même affaire, le général Khaled Nezzar, son fils Lotfi, ainsi que Farid Benhamdine, président de la Société algérienne de pharmacie (SAP), ont fui le pays. Khaled Nezzar et son fils Lotfi ont été jugés et condamnés par contumace à 20 ans de réclusion criminelle. Ils sont toujours en fuite à l'étranger et n'ont donc pas assisté au procès en appel d'hier. Comme lors du procès devant le tribunal militaire, un rassemblement de solidarité avec Louisa Hanoune a été organisé hier à Blida. Plusieurs cadres du Parti des travailleurs, du MDS, du PST, ainsi que des citoyens ont pris part à cette action.