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"L'évolution de la pandémie fait craindre le pire"
Pr Taleb Abdessamad, chef du service de pneumologie au CHU de Sidi Bel-Abbès
Publié dans Liberté le 10 - 08 - 2020

Tant que les gens ne changent pas leur comportement, ne se protègent pas, ne respectent pas les mesures barrières et de confinement, le virus restera actif, déplore le professeur Taleb Abdessamad, qui, avec une note de pessimisme, redoute une nouvelle courbe ascendante de la pandémie avec la rentrée sociale.
Liberté : Tout d'abord, un point sur la situation épidémiologique du coronavirus (Covid-19) à Sidi Bel-Abbès ?
Pr Taleb Abdessamad : Au départ de la pandémie, c'était un peu difficile, parce que tout le monde savait que ce virus allait nous créer des problèmes et nous obliger à fournir un effort important. Donc, c'est tout à fait normal que le personnel médical, notamment les médecins, a eu peur. Mais après, ils se sont habitués à ces nouvelles conditions de travail et aux comportements vis-à-vis d'eux-mêmes et de ceux qui les entourent. Cela nous a aussi permis d'apprendre comment nous protéger. Malheureusement, on a eu trois médecins assistants de notre service qui ont été contaminés, et jusqu'à présent on ne sait pas encore où ils ont été infectés. Cela reste un point d'interrogation.
Les médecins et les paramédicaux sont-ils suffisamment protégés ?
Au départ, il y a eu un manque de communication et d'organisation. Actuellement, les choses se sont nettement améliorées, car on a eu beaucoup plus de moyens émanant des pouvoirs publics et des associations. Malgré cela, on enregistre de temps en temps des déficits. Donc, il faut désormais déterminer les rôles et les responsabilités de chacun pour être à la hauteur des tâches confiées. Cependant, il reste quelques problèmes liés à notre organisation, notamment les difficultés pendant et après les gardes, surtout dans les salles de repos dignes de ce nom pour se reposer ou passer une nuit. Donc, le moyen matériel, c'est une question de communication, d'organisation et que chacun assume ses responsabilités. Chose qui n'existe pas au sein de notre établissement de santé.

Qu'en est-il de la prise en charge des patients atteints de Covid-19 ?
Les malades hospitalisés au service Covid-19 ont besoin de prestations de soins, d'hygiène et de confort. Actuellement, ce nursing dispensé par le personnel paramédical aux patients dépendants n'existe pas dans nos hôpitaux. Parfois, ce sont les médecins qui changent les couches des malades et leur donnent de l'eau. Cela se passe au CHU. Mais à l'EPH Dahmani-Slimane, la communication est difficile avec un directeur qu'on ne connaît pas. On a eu des réunions avec le wali et on a discuté de tous ces problèmes, mais au niveau de l'application, rien n'a été fait.

Le CHU arrive-t-il à supporter la charge face à l'afflux des patients infectés ?
Vous savez, on est au septième mois de l'apparition de la pandémie, et les médecins sont épuisés et stressés. On a une vingtaine de réanimateurs et on ne peut pas les dédoubler. Au début, l'EPH Dahmani-Slimane, mobilisé pour l'isolement des malades infectés, était un point de chute Covid-19 pour régler le problème de la radiologie et de la biologie. Ensuite, l'évolution de la pandémie s'est faite crescendo, et puis il y a eu une recrudescence qui a duré jusqu'à la fin du mois de juin et le début de juillet écoulés. C'est pour cela qu'on a été obligé d'ouvrir les services de la rééducation avec 30 lits et de la traumatologie au sein duquel on a installé l'unité de réanimation. Cependant, si les choses évoluent encore, on procédera aussi à l'ouverture des services de la médecine interne, de la pneumologie et de l'infectieux pour augmenter le nombre de lits afin d'accueillir les patients atteints.
Concernant les personnels médical et paramédical, disposez-vous de suffisamment d'effectifs ?
Pour ce qui est du problème de la ressource humaine, au départ c'étaient les pneumologues, les internistes et les infectiologues qui s'en occupaient, puis on a vu que c'était impossible et que cela concernait tout l'hôpital. Donc, c'est à partir de là qu'on a décidé d'utiliser nos ressources humaines, notamment les médecins dans d'autres spécialités qui ont intégré les équipes. Durant le mois de juin, ils étaient en contact avec les pneumologues, les infectiologues et les internistes pour essayer d'apprendre ce qu'on faisait au service Covid-19. Maintenant, sur nos listes de garde, vous avez des cardiologues, hématologues, ophtalmologistes et chirurgiens qui sont concernés par la lutte contre la Covid-19, et on souffle un peu.

Redoutez-vous un autre pic de l'épidémie dans les prochains jours ?
Pour l'instant, c'est légèrement mieux mais, avec la fête de l'Aïd, le relâchement, les tests PCR qui ne se font pas et les gens qui ne viennent pas consulter, on peut envisager le pire. Donc, il faut s'attendre à ce que les choses aillent crescendo à partir de cette semaine. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a beaucoup de citoyens qui sont porteurs du virus et qui rôdent et errent dans la ville et qui sont asymptomatiques. Donc, ce sont eux qui ramènent le virus à leurs parents, grands-parents et membres de leur famille.

Que faut-il mettre en place immédiatement pour y faire face ?
Quand on fait des tests PCR, c'est pour déterminer les cas positifs. Ces derniers sont placés en isolement sanitaire et traités tout de suite. C'est pour cette raison que j'ai proposé au wali et aux autres autorités que nous sommes un CHU et nous avons des médecins et des biologistes qui sont là pour faire ces tests PCR. Il nous suffit d'avoir les kits de dépistage et des machines pour le faire. Pour cela, le wali nous a promis une aide financière pour l'acquisition de ces équipements. Aussitôt, nous avons déposé le cahier des charges et on attend. Donc, l'acquisition de ces équipements est une occasion pour nous de développer le CHU et de lui donner une autre facette. Les tests rapides ne servent à rien, ils donnent tout simplement votre situation immunitaire.
Pour cela, il est urgent et important d'avoir son propre PCR au même titre que les autres wilayas qui ont leurs propres centres PCR, alors que nous, nous dépendons toujours des autres.

Comment voyez-vous l'avenir ?
L'avenir proche est imprévisible, et tant que les gens ne changent pas de comportement, ne se protègent pas, ne respectent pas les mesures barrières et de confinement, le virus restera actif. Donc, on souhaite que la situation s'améliore et que les gens prennent conscience. Heureusement que maintenant, après un ou deux mois où on parlait de déni et de gens qui ne croyaient même pas à l'existence de ce virus, certains en ont pris conscience.
À ce propos, je vais être un peu pessimiste parce qu'il y a le mois de septembre qui arrive avec les rentrées sociale, scolaire, universitaire et de la formation professionnelle. Aussi, les pouvoirs politiques seront obligés d'ouvrir les mosquées, les plages, et là ce sera une autre paire de manches. Ensuite, on aura la grippe saisonnière qui sera au rendez-vous. À ce moment-là, j'espère qu'on sera capable de maîtriser la situation.


Entretien réalisé par : A. BOUSMAHA


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