Face à ces enjeux cruciaux, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, n'a pas manqué, hier, de lancer un pressant appel à la conférence climat COP26 pour "sauver l'humanité" face au changement climatique, pour cesser de creuser "nos propres tombes". Plus de 120 dirigeants du monde entier ont pris part hier à Glasgow (Ecosse) à la conférence mondiale sur le climat (COP26) avec l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Les enjeux sont énormes et les participants à ce sommet, qui durera deux semaines, n'ont pas droit à un faux pas après le semi-échec de la réunion du G20. En effet, les observateurs espéraient que la réunion ce week-end à Rome des leaders du G20, qui représente près de 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, donneraient un fort élan à cette COP écossaise, repoussée d'un an en raison de la Covid-19. Mais c'était peine perdue. Certes, l'objectif de limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle – plafond le plus ambitieux de l'accord de Paris –, l'ambition de neutralité carbone autour du milieu du siècle et la fin des subventions aux centrales à charbon à l'étranger ont été exprimés lors de la réunion du G20. Mais cela n'a pas convaincu grand monde, à commencer par l'ONU ou encore le Premier ministre britannique, Boris Johnson. "Je quitte Rome avec des espoirs déçus – même s'ils ne sont pas enterrés", a lâché, dimanche 30 octobre, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. "Nous avons fait des progrès au G20 (...), mais ce n'est pas assez", a renchéri Boris Johnson, avant de mettre en garde : "Si Glasgow échoue, c'est tout qui échoue." C'est dire l'importance de voir le sommet de Glasgow sortir avec des décisions à même d'éviter le pire à la planète. En effet, les enjeux de cette conférence, qui doit durer deux semaines, sont nombreux, plus difficiles et explosifs les uns que les autres dans un contexte de pandémie mondiale qui a fragilisé les pays pauvres, déjà vulnérables aux impacts du dérèglement climatique. "J'espère qu'au sommet (de lundi et mardi), nous verrons de nouveaux engagements qui aideront à construire la confiance et la conviction que nous pouvons limiter le réchauffement à +1,5°C", a déclaré dimanche 31 octobre le président de la COP26, Alok Sharma. Face à ces enjeux cruciaux, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, n'a pas manqué, hier, de lancer un pressant appel à la conférence climat COP26 à "sauver l'humanité" face au changement climatique, pour cesser de creuser "nos propres tombes". "Il est temps de dire 'assez'", a déclaré le chef de l'ONU, en s'adressant aux dizaines de dirigeants mondiaux réunis à Glasgow dans le cadre de la COP26. "Assez de brutaliser la biodiversité. Assez de nous tuer nous-mêmes avec le carbone. Assez de traiter la nature comme des toilettes. Assez de brûler, de forer et d'extraire toujours plus profond. Nous creusons nos propres tombes", a-t-il dénoncé. Au lieu de continuer à exploiter la planète, "choisissez de sauvegarder notre avenir et de sauver l'humanité", a-t-il encore insisté. Selon le chef de l'ONU, l'humanité est "poussée au bord du gouffre" par "notre addiction aux énergies fossiles". Pour sa part, la patronne du FMI, Kristalina Georgieva, a appelé, dimanche 31 octobre, les dirigeants du monde réunis à la COP26 à se montrer "plus ambitieux" dans leurs politiques contre le changement climatique, qu'elle a présenté comme "une grave menace à la stabilité financière et économique". "La menace du climat demande des actions mondiales plus ambitieuses", a-t-elle écrit dans un blog paru avant de se rendre à Glasgow. "Inchangées, les politiques mondiales vont laisser les émissions de carbone en 2030 bien plus élevées que nécessaires pour maintenir en vie l'objectif (de limiter le réchauffement à) 1,5°C", a appuyé la responsable du FMI, avant d'ajouter : "Pour réaliser ces réductions, les décideurs politiques présents à la COP26 doivent combler deux lacunes critiques : en termes d'ambition et de politique." Et Kristalina Georgieva de lancer un appel aux économies avancées afin de "réduire plus rapidement leurs émissions pour des raisons d'équité et de responsabilité historique" car, à ses yeux, "même si les engagements actuels pour 2030 étaient respectés, cela ne représenterait qu'entre un à deux tiers des réductions nécessaires pour les objectifs de température". Pour elle, ces mêmes économies avancées doivent tenir leur engagement à fournir 100 milliards de dollars par an de financement aux pays à faible revenu à partir de 2020 pour compenser le coût de l'abandon des combustibles fossiles. D'ailleurs, la vingtaine de chef d'Etat et ministres africains qui se sont rendus à Glasgow comptent réclamer ces moyens financiers pour pouvoir lutter efficacement contre le changement climatique, surtout que le continent noir, responsable de 4% à peine des émissions globales, est le plus vulnérable.