L'apparition de la grippe aviaire dans le monde a fortement marqué le marché du poulet de chair, notamment dans l'est du pays, suscitant la crainte des consommateurs et des opérateurs. Ce n'est qu'après les assurances des pouvoirs publics que les choses sont en train de rentrer dans l'ordre. Les viandes blanches, vu leurs prix relativement accessibles aux ménages, demeurent de large consommation. C'est d'ailleurs ce que confirment les bouchers chez qui nous nous sommes rendus. Pour eux “rien n'a changé, on vend toujours les mêmes quantités”. Même son de cloche chez certains restaurateurs : “Les clients consomment bien le poulet et c'est tant mieux.” Sur le marché actuellement les prix varient entre 140 et 180 DA le kilo, selon les régions. Pour plus d'informations sur l'activité, nous nous sommes rapprochés d'un propriétaire de couvoir qui nous déclare : “Il n'y a pas une mévente ces jours-ci de tous les produits avicoles. Le prix de l'œuf à couver a baissé et est actuellement à 8 DA, le poussin à 15 et le poulet à 85 sur pied. Pratiquement, tous les maillons de la chaîne sont perturbés, ce qui a entraîné la chute des prix.” Chez les producteurs, le profit va aux seuls abattoirs. “Quel que soit le prix, leur marge bénéficiaire est toujours préservée et l'Etat doit penser au prix à la production, faire une étude de prix de revient du kilo de poulet. On cible la satisfaction du consommateur sans penser à l'éleveur. La profession n'est pas organisée à tous les niveaux et, puis, il y a un problème d'approvisionnement en œufs à couver. Rares sont ceux qui font la reproduction, l'œuf d'importation est de mauvaise qualité et donne de mauvais résultats. Le cheptel n'est pas homogène parce que c'est un œuf de collecte, le taux d'éclosion ne dépasse pas les 65%, c'est une perte aussi pour l'Etat.” Un éleveur nous détaille l'opération d'élevage du début jusqu'à la fin : “Le poussin est aujourd'hui à 25 DA et, par moment, son prix grimpe jusqu'à 90, selon la demande. Les fortes demandes sont enregistrées particulièrement avant le mois de ramadan et la période estivale. 2 000 poussins nécessitent un travail de 60 jours avec un taux de mortalité de 10%. En plus des frais : 120 à 130 quintaux d'aliment à raison de 2 800 DA le quintal, 100 bouteilles de gaz butane à 210 DA l'unité, la main-d'œuvre à 30 000 DA par salarié... Une fois le produit prêt à la consommation, les prix proposés par des abattoirs vont de 85 à 95 DA/kg. En l'absence d'organismes régulateurs, on ne peut écouler notre produit au prix qui convient, le prix de revient étant supérieur à 100 DA/kg.” Pour un propriétaire d'abattoir, “c'est le marché qui fixe le prix. Pis, nous ne pouvons le stocker dans les chambres froides au-delà de trois jours. C'est l'offre et la demande qui déterminent le prix”. B. Nassir