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Le chômage bat son plein
HASSI-R'MEL
Publié dans Liberté le 13 - 04 - 2006

Laissée pour compte, désemparée et sans perspectives d'avenir, une bonne partie de la jeunesse est fragilisée par le désespoir de sentir déjà son avenir derrière elle dans une ville qui abrite une des plus grandes plates-formes d'hydrocarbures du pays.
Aux côtés de la société Sonatrach, chargée de l'exploration et de l'exploitation du vaste gisement de gaz de Hassi-R'mel, un grand nombre de sociétés nationales et étrangères, telles que GTP, CGB, Sonelgaz, ENSP/Servicing, Enafor, Halliburton, Algesco, Schlumberger, JGC… activent en qualité de prestataires de service, pour les unes, et de sous-traitants pour d'autres. Cette activité économique intense a donné un caractère amplement industriel à cette région. D'où Hassi-R'mel, chef-lieu de daïra, relevant de la wilaya de Laghouat, est devenu une petite ville cosmopolite à l'instar de Hassi Messaoud. Outre les travailleurs résidant en famille (non soumis à relève) et ceux exerçant en régime de travail dit “célibataire” (soumis à relève), Hassi-R'mel est envahi, ces cinq dernières années particulièrement, par une jeunesse à la recherche d'un emploi. Ceux que nous avons approché sont d'un niveau d'instruction moyen. Rares sont les jeunes ayant suivi une formation professionnelle après la fin de leur cycle secondaire, faute de spécialités au Centre de formation professionnelle de Hassi-R'mel ou de moyens. Quant à la population inactive ayant entrepris un cursus universitaire, elle représente une minorité. Parmi ces universitaires, nous avons rencontré L. D., 24 ans, juriste de formation, qui exerce dans un taxiphone. Il nous a confié qu'étant l'aîné de cinq frères et sœurs, dont le père ne travaille pas depuis six années, il n'avait d'autre choix que d'accepter n'importe quel travail rémunérateur. À notre question se rapportant à la déclaration, par son employeur, à la Sécurité sociale, il nous répond : “C'est mon dernier souci du fait que je suis dans le besoin. Toutefois, étant de formation juridique, j'avoue que l'inspection du Travail a du pain sur la planche si elle veut s'y mettre.”
Une précarité qui perdure
Le peu de jeunes résidant dans la localité, qui ont réussi à décrocher un poste de travail à Sonatrach ou au niveau des autres sociétés de service et de sous-traitante, se sont rendus compte qu'ils ne se sont pas délivrés de la précarité qui les suit telle leur ombre depuis longtemps. En effet, selon les renseignements fournis par ces jeunes, l'année 2005 et le début 2006 n'ont pas connu de permanisation de jeunes dans des postes de travail étant donné qu'ils ont signé des contrats de travail à durée déterminé (CDD) difficilement renouvelables.
Ce qui fait dire à bon nombre d'entre eux qu'il s'agit là d'une fausse solution à un vrai problème. Concernant l'apprentissage, les sociétés existantes dans la localité en collaboration avec le Centre de formation professionnelle ont conclu des contrats d'apprentissage en faveur des jeunes, victimes de la déperdition scolaire. Toutefois, pour la majorité d'entre eux, ni le centre de formation censé superviser le parcours théorique et pratique de l'apprenti, ni la société d'accueil, n'ont désigné, conjointement, les encadreurs tel qu'exigé par la législation en vigueur, notamment la loi n° 81-07 du 27/06/1981, modifiée et complétée, relative à l'apprentissage. Aussi, plus de la moitié des apprentis s'est trouvée affectée par la société d'accueil à des postes de travail n'ayant aucun rapport avec leur formation. Et ce, en remplacement d'un agent en congé ou pour cause de surcharge de travail. Tout laisse à croire que ces sociétés n'ont accepté d'accueillir ces apprentis que pour échapper à la taxe sur la formation professionnelle et l'apprentissage. Pour être, effectivement, en conformité avec l'obligation légale édictée par l'article 56 de la loi n° 97-02 du 31/12/1997 portant la loi de finances pour 1998, les organismes employeurs, sont tenu de “consacrer au moins un montant égal à 0,5 % de la masse salariale annuelle aux actions d'apprentissage”.
Le désespoir de la jeunesse
La localité est dépourvue d'un minimum d'infrastructures d'accueil pour le visiteur ou le postulant à un poste de travail. Du fait du caractère industriel de la zone de Hassi-R'mel, les pouvoirs publics ont interdit les investissements hors hydrocarbures C'est pourquoi, faute d'infrastructures d'accueil, les jeunes venus, pour la plupart, du nord du pays et des villes avoisinant la wilaya de Laghouat, sont confrontés au problème de logement. Bon nombre d'entre eux ayant réussi à décrocher un contrat de travail à durée déterminée sont contraints de payer 2 500 DA chacun au propriétaire d'un studio que celui-ci a transformé en dortoir où s'entassent, souvent, une douzaine de locataires, source sûre d'enrichissement en ces moments de crise. Laissée pour compte, désemparée et sans perspectives d'avenir, une bonne partie de cette catégorie de population est fragilisée par le désespoir de sentir déjà leur avenir derrière eux.
Enfin, c'est une jeunesse qui risque de mourir de vieillesse. Le ras-le-bol, la haine de soi et l'absence de soutien et de prise en charge par les pouvoirs publics ou une association, conjugués au désert culturel criant, sont des facteurs exogènes et endogènes menant, certainement, droit à la manifestation de comportements collectifs pouvant atteindre l'ampleur des graves incidents qu'à connus la localité, lors desquels le siège de l'agence pour l'emploi a été saccagé et incendié par les manifestants à la fin de l'année 2005. Il appartient, désormais, aux élus de la commune d'envisager et de mettre en œuvre une politique qui pourrait porter un soutien à l'emploi de ces jeunes qui sont dans le besoin et de les délivrer de la précarité et de la souffrance sociale.
B. Arezki


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