RESUME : Daya a échappé de justesse à la colère de son père. Il croit au malentendu. Lors de l'examen, elle ne parle pas à Kamel. Elle ne veut plus de problèmes. En fêtant sa réussite, ses parents ne se doutent pas qu'elle se sent seule et triste de ne pas avoir revu Kamel… Pour la première fois de sa vie, Daya est séparée de ses parents. À l'internat, elle retrouve des camarades qu'elle connaissait et elle se fait de nouvelles amies. Celles qui étaient avec elle au CEM ont remarqué qu'elle était moins studieuse. Avant quand elle ouvrait un livre, c'était pour le lire et non pas pour rêvasser. Elle ne cesse de penser à Kamel. Il étudie non loin de là et il a trouvé le moyen de lui écrire. La sœur d'un camarade de classe a accepté de lui “rendre ce service”. Daya ne cesse de surveiller son arrivée le mardi. Elle lui est reconnaissante de les aider à se rapprocher. La jeune fille trouve le temps long. Elle ne vit plus que pour le courrier. Elle n'aurait jamais cru qu'il serait facile de garder contact avec lui. À travers les mots, elle ressent combien il tient à elle et combien il lui importe de faire sa vie avec lui. Durant toute l'année, elle ne s'est pas concentrée sur ses cours. Les résultats sont moyens. Elle passe en deuxième année. Les profs la mettent en garde dans les bulletins. Il est impératif qu'elle se ressaisisse. Ils ne comprennent pas ce qui la distrait de ses études. Convoqué par le proviseur, Mohand est mis au courant. Le proviseur a cru que ses parents avaient peut-être des problèmes et quand il apprend que non, il secoue la tête. - Elle ne se donne pas à fond, insiste-t-il. Ce n'est pas normal de la part d'une fille aussi intelligente qu'elle d'avoir des résultats moyens ! Essayez de discuter avec elle… Il y a une cause, à vous de la trouver ! Mohand le remercie. Il rentre directement chez lui. À sa mine soucieuse, Aïcha s'inquiète. Elle est au courant pour la convocation et elle le rejoint dans leur chambre. Daya ne se doute de rien. Elle est dans la cuisine et prépare des gâteaux. - Que se passe-t-il ? - Il se passe que ta fille a l'esprit rêveur, lui apprend-il. Le proviseur dit qu'elle n'ira pas loin avec de tels résultats. Moi, je les attribuais aux programmes chargés et j'apprends que non ! Celles qui étaient plus faibles qu'elle sont devenues meilleures qu'elle ! Peux-tu m'expliquer pourquoi ? - Je n'en sais rien, répond-elle. - Pourtant, elle ne manque de rien, s'écrie-t-il. La moindre des choses est d'obtenir de bonnes notes ! Dis-moi que je ne suis pas en train de gaspiller mon argent ! - Non, non, je t'en prie, ne pense pas ce genre de choses, dit Aïcha. Il doit y avoir une raison. - À toi de la découvrir, lui ordonne-t-il. Mais avant, apporte-moi son cartable ! Aïcha le lui apporte et elle le regarde fouiller dans les livres, dans les cahiers à la recherche d'un élément. Il n'y a rien. Mohand est rassuré et exaspéré à la fois. Rassuré parce qu'il n'y a pas de courrier de cœur et exaspéré d'être encore dans l'ignorance. - Tu vois, elle est sérieuse, lui fait remarquer AIcha. Tu pensais qu'elle était amoureuse ? - Je le reconnais ! Mais si ce n'est pas un garçon qui la détourne de ses études, à quoi pense-t-elle ? - Hélas, je l'ignore, répond AIcha. Mais je vais discuter avec elle. S'il y a quoi que ce soit, je le saurais ! - Bien, je n'en attends pas moins de toi, réplique Mohand. Aïcha va à la cuisine et décide de tenir compagnie à sa fille. Elle la trouve en train de chantonner un air à la mode. Elle la trouve bien joyeuse et rêveuse. Comment ne pas se douter que son cœur bat pour un garçon ? L'absence de courrier de cœur ne prouve pas qu'il n'y a rien. Peut-être qu'ils n'ont pas cherché au bon endroit, pense la mère en l'abandonnant quelques minutes, le temps de fouiller ailleurs que dans ses affaires. A. K. (À suivre)