Sitôt l'alerte donnée, les autorités militaires de la Ve Région militaire, ainsi que les autorités locales se sont déplacées sur les lieux pour s'enquérir de l'état de l'avion et de son équipage composé de 7 PNC. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de cet atterrissage inattendu. Les habitants de la petite localité de Teleghma, 50 km de Constantine, ne seront pas près d'oublier les moments forts de la soirée de mardi dernier. C'est vers 17h, au crépuscule, qu'un Airbus A320 tunisien survola à basse altitude la région avant de piquer droit vers la piste de l'aéroport militaire. C'est la première fois que beaucoup de Teleghmis voient un imposant avion civil se diriger vers l'aéroport militaire et ce, au crépuscule. Les plus cauchemardesques scénarios ont été imaginés, l'espace de quelques secondes. Hier, à 14h30, l'aéronef tunisien était toujours sur le tarmac de l'aéroport militaire de Teleghma, interdit d'accès au public. Les plus hauts responsables aussi bien militaires que civils, dont le wali de Mila dont dépend territorialement l'aéroport, étaient sur place. Des techniciens en navigation, ainsi que des officiers supérieurs de la Ve Région militaire et de l'armée de l'air étaient aussi sur les lieux. Les autorités algériennes, qui ont ouvert une enquête, refusaient toujours de donner au A320 l'autorisation de décollage. L'avion en question battant pavillon tunisien était affrété par les autorités saoudiennes pour transporter de l'aéroport de Sétif vers celui de Djeddah, la délégation sportive, une quarantaine de personnes, du club de foot saoudien le Ahly Djeddah. Ce dernier avait rencontré la veille à Bordj Bou-Arréridj le club de cette ville dans le cadre de la Coupe arabe. Ainsi, l'atterrissage était prévu à l'aéroport, Ferhat-Abbas de Sétif, mais le pilote de l'Airbus pour des raisons inconnues aurait décidé d'atterrir sur la piste de l'aéroport militaire de Teleghma. Sitôt l'alerte donnée, les autorités militaires de la Ve Région militaire, ainsi que les autorités locales se sont déplacées sur les lieux pour s'enquérir de l'état de l'avion et de son équipage composé de 7 PNC. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de cet atterrissage inattendu. Le wali de Mila et le représentant de l'ambassade de Tunis se sont, hier matin, déplacés à Teleghma pour les mêmes raisons. Alors qu'une équipe technique de l'aéroport Mohamed-Boudiaf de Constantine a été dépêchée pour faire le constat d'usage, l'avion en question est toujours mobilisé à Teleghma. Selon des sources proches de l'aéroport Ferhat-Abbas de Sétif, l'avion tunisien s'est présenté à hauteur de l'aéroport et a pris contact avec la tour de contrôle. Pour reprendre le jargon des professionnels de la navigation aérienne, après cette première présentation et l'identification réciproque entre l'appareil et la piste, il est allé faire les fameuses “2 minutes”. C'est le “tour” qu'effectue tout aéronef avant d'entamer son atterrissage proprement dit. C'est à ce moment que le pilote s'est retrouvé en train d'atterrir sur la piste militaire de Teleghma. Selon une source locale, alors que le pilote avertissait la tour de contrôle de l'aéroport de Sétif de l'imminent atterrissage sur la piste, les contrôleurs lui ont certifié qu'il était toujours hors de leur vue. L'aéroport de Sétif, bien qu'il ne soit pas doté d'équipements de dernière génération en matière d'assistance à la navigation, dispose de balises “NDB” et de “VOR”. Les premières permettent de ramener directement de l'aéroport l'avion vers la piste qui lui est octroyée. Les secondes donnent les radials (positions) qui facilitent aux pilotes l'identification de l'aéroport quelle que soit la trajectoire de leurs appareils. Nos sources ajoutent que l'appareil et le personnel appartiennent à une filiale low cost de Tunis Air, Nouvelles Air. Cette compagnie n'a pas l'habitude de desservir les aéroports algériens et ne bénéficie pas de slots dans le cadre du programme des vols réguliers. Du moment que Nouvelles Air n'a pas de slots horaires pour l'Algérie, l'enquête va déterminer si elle a reçu ou non une autorisation spéciale de la DGAC pour atterrir dans les aéroports algériens. Concernant la délégation sportive du Ahly de Djeddah, elle a été entièrement prise en charge par la wilaya de Sétif pour la nuit de mardi à mercredi. Hier, à 10h, un vol spécial a emmené cette délégation à Djeddah depuis l'aéroport de Sétif. Enfin, un engin de remorque a été vu hier en fin d'après-midi en train de franchir les barrières de l'aéroport militaire. Il est utilisé, entre autres, pour assister les gros avions lors de leur décollage à partir de pistes moyennes. M. K. et A. B.