L'argumentaire du ministre des Transports, qui épargne certes l'Etat de sa lourde responsabilité de contrôle en amont des véhicules, a cet avantage d'instaurer une nouvelle habitude : acheter la qualité. L'extension de l'obligation du contrôle technique à tout le parc automobile national, au-delà du mécontentement certain qu'elle provoquera, aura néanmoins le mérite de mettre l'Algérie en la matière au même niveau des exigences imposées dans le monde. L'argumentaire du ministre des Transports, qui épargne certes l'Etat de sa lourde responsabilité de contrôle en amont des véhicules, a cet avantage d'instaurer une nouvelle habitude : acheter la qualité. Il y a quelques années à peine, l'Algérie était le dépotoir de “la quincaillerie” occidentale, à tel point que le parc automobile national a pris les couleurs d'une casse mobile. L'absence de contrôle a facilité l'inondation du marché en pièces usagées ou contrefaites. Le résultat des défaillances techniques est macabre. Le pays s'est hissé, à une vitesse vertigineuse, à une place peu enviable, en nombre d'accidents de la route. Bilan auquel a beaucoup contribué le facteur humain, encouragé par la facilité et la légèreté de délivrance du permis de conduire. D'où la nécessité de reprise en main du problème par l'Etat. Peu importe la manière étant donné l'urgence. Ce n'est pas le seul chantier sur les bras de M. Maghlaoui. La compagnie nationale de transport aérien commence à respirer après une longue période de flottement et d'incertitude. Sa flotte rénovée par de nouvelles acquisitions ne peut pas, à elle seule, être la solution à son profond mal. Le ministre a précisé quelques-unes des anomalies qui caractérisent son fonctionnement, suggérant ainsi des prochaines mesures pour y remédier. Il s'agit notamment d'un plan social pour délester la compagnie de son personnel pléthorique. Mais, ce n'est pas le seul obstacle à son essor, puisque le ministre accuse les autres intervenants d'alourdir la tâche influant négativement sur la ponctualité ou la qualité du service. Ainsi donc, Maghlaoui donne tout l'air d'un responsable d' imposer à la démocratisation de la voiture un accompagnement d'exigences strictes. À défaut de pouvoir assumer en tant qu'Etat une part de la responsabilité, le ministre contourne le problème par une règle généralisée. Quitte à ce que, par exemple, les centres de contrôle technique pris d'assaut ressemblent aux files d'attente devant certaines ambassades accréditées à Alger. D. B.