Les praticiens ayant participé à la 7e Journée internationale de psychiatrie, tenue jeudi dernier à l'EHS de Oued Aïssi de Tizi Ouzou, se sont accordés à relever la “difficulté d'établir avec certitude la récidive ou non du schizophrène auteur de crime”. Un défi auquel est confronté le psychiatre dont l'expertise médicolégale requise par la justice. Ceci d'autant plus que “les schizophrénies sont considérées comme les maladies mentales statistiquement les plus criminogènes”, affirme le Dr Ziri, psychiatre à l'Etablissement hospitalier spécialisé en psychiatrie (EHS) de Oued Aïssi et organisateur de cette journée d'étude. Le Dr Ziri a souligné que “si le juge décide de l'internement d'un malade auteur de crime, sa libération échappe à cette même justice et c'est déplorable car la psychiatrie reste incapable d'établir avec certitude une prévision de dangerosité”. Abondant dans le même sens, le Dr G. Ferrey de l'hôpital Simonne-Veil de Paris a relevé que “cette imprévisibilité n'est pas l'apanage des sciences humaines. Même la médecine y est confrontée quotidiennement et multiplier les expertises psychiatriques ne signifie pas établir une vérité absolue quant à la récidive du sujet examiné”. Pour sa part, le Pr Ridouh du CHU de Blida a précisé qu'“au-delà de l'expertise psychiatrique, le magistrat se réfère surtout à son intime conviction et met, donc, le droit de son côté”. Cet éminent psychiatre souligne, lui aussi, que “la libération d'un patient, interné dans un service de psychiatrie par voie judiciaire, survient après sa stabilisation au plan psychiatrique, médical et comportemental mais sa récidive potentielle reste difficile à prévoir”. “Le nombre de malades mentaux emprisonnés croît proportionnellement à celui des ces expertises psychiatriques”, souligne également le Pr Ridouh. Abdenour Bouhireb