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Développer l'agriculture, une question de sécurité nationale
Clôture des journées parlementaires sur la défense économique organisées par le Sénat
Publié dans Liberté le 09 - 06 - 2008

L'Algérie risque de faire face à une crise alimentaire. Elle est même le pays le plus vulnérable du bassin de la Méditerranée et du Maghreb. Le professeur Aït Amara, ancien cadre au ministère de l'Agriculture et économiste agricole, a dressé un constat sombre aux journées parlementaires sur la défense économique. La sénatrice
Mme Zerdani a promis de transmettre les données aux plus hautes sphères de l'Etat.
“Notre dépendance alimentaire de l'étranger s'accroît chaque année. Nous étions déjà déficitaires en 1958”, soutient d'emblée le conférencier qui pense qu'actuellement avec “une dotation foncière de 0,23 hectare par habitant, là où il faut en moyenne 0,6 hectare pour nourrir la population, l'agriculture est dans l'incapacité structurelle de fournir les denrées alimentaires nécessaires à l'alimentation des populations”.
Selon lui, le recours aux importations est vital, lesquelles couvrent actuellement 70% environ de la ration calorique. Cette dernière doit être d'au moins 2 000 calories par habitant/jour pour permettre à l'individu de se maintenir en activité. En dessous, ce sont la malnutrition et l'alitement.
Nous importons actuellement 6 millions de tonnes de céréales pour consommation humaine, en plus des aliments végétaux. Les importations de céréales fournissent 60% de la ration calorique, source de l'énergie alimentaire. Peut-on réduire cette dépendance ? Le professeur Aït Amara souligne que la FAO nous accrédite de l'importation de 8,5 millions de tonnes de céréales à l'horizon 2015. Il indique que notre facture alimentaire était de 5 milliards de dollars en 2007; à la fin de l'année en cours, elle sera de l'ordre 7 à 8 milliards de dollars pour atteindre en 2015 les 15 milliards de dollars. “C'est un scénario catastrophe. Nos voisins tunisiens et marocains sont beaucoup moins exposés que nous à la crise alimentaire”, lâche-t-il. “L'Algérie doit développer son agriculture, même si cela va lui coûter plus cher que les importations. C'est une question de sécurité nationale”, recommande M. Aït Amara.
Contrairement à ce que l'on pense, le pays a des ressources naturelles “très limitées”. On apprend que jusqu'aux années 1980, la surface des terres cultivables était de 7,8 millions d'hectares, pour passer à 8 millions d'hectares. Les problèmes d'érosion, de désertification et d'urbanisation réduisent le potentiel de terres à vocation agricole. Les deux tiers des terres sont situés dans des endroits au climat aride. L'intervenant recommande une refondation de notre politique agricole en entamant en priorité la fertilisation des terres. Un programme qui devrait s'étaler sur 10 à 15 ans et générer des emplois. Actuellement, 3,4 hectares ne sont pas cultivés chaque année. On n'exploite que 57% des terres agricoles.
Toujours au chapitre des mauvaises nouvelles, l'évolution des cours mondiaux de produits alimentaires annonce la fin de la nourriture bon marché. “Les produits étaient vendus en moyenne à 30% en dessous des coûts de production. Les pays excédentaires veulent relever les prix pour réduire les subventions. Nous payerons nos importations de 30 à 40% de plus que le niveau moyen des prix de la période 2000-2005”, dit M. Aït Amara. Comparativement à la Tunisie par exemple, qui a exporté en 2006, 11,603 milliards de dollars en marchandises et 4,330 milliards en services, donc un total de 15, 933 milliards de dollars, les exportations algériennes reposent essentiellement sur les hydrocarbures. Et on s'achemine, selon le Dr Salah Mouhoubi, qui a recensé dans une communication “les vulnérabilités de l'Algérie”, au moment où les autres secteurs “connaissent une régression fort inquiétante. Sans les hydrocarbures, l'Algérie aurait connu elle aussi les émeutes de la faim”, affirme M. Mouhoubi.
Poursuivant ses critiques, il fait remarquer que le pays n'a pas de politique budgétaire rigoureuse “qui se préoccupe de diversifier les recettes et de rationaliser les dépenses, mais plutôt une politique de dépense publique qui n'est possible que grâce au prix du baril du pétrole. L'évolution de certains postes de recettes et des postes budgétaires le montre de façon édifiante. C'est ainsi qu'en 2008, le budget de fonctionnement a augmenté de façon édifiante”, à hauteur de 22% par rapport à l'année 2007. Pour que le scénario catastrophe de l'émeute de la faim ne se produise pas, “il faut bannir à jamais notre insouciance suicidaire”, conclut M. Mouhoubi.
Nissa Hammadi


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