Les enseignants en grève auront jusqu'à demain pour reprendre les cours, faute de quoi, ils seront considérés en abandon de poste et rayés des effectifs de l'éducation nationale. L'ultimatum a été lancé, hier, par le ministre de l'éducation nationale, M. Boubekeur Benbouzid, lors de la réunion qu'il a tenue avec la fédération nationale des travailleurs de l'éducation (FNTE) en présence de la presse. M. Benbouzid persiste et signe en déclarant, une nouvelle fois, que la Coordination des lycées d'Alger (CLA) “est illégale et illégitime”, avec, à l'appui, une décision de justice. “La cour de justice d'Alger a statué, dans sa session plénière du 23 avril 2003, déclarant illégaux aussi bien cette organisation que ses appels à la grève”, a-t-il martelé, estimant que ces appels à la grève vont à “l'encontre de la raison et des lois régissant l'exercice du droit à la grève” et à l'encontre des intérêts des élèves. Le premier responsable du secteur, qui a déclaré extraordinaire la session d'hier, “vu la gravité de la situation”, a-t-il souligné, avant de dédramatiser les conséquences de cette grève, a relevé que les revendications de la CLA, qu'il ne nommera jamais d'ailleurs, ont toujours été portées par la FNTE qu'il qualifiera de plus grand syndicat de l'éducation et de plus représentatif avec 80% des travailleurs du secteur. Selon l'avis de beaucoup, notamment les grévistes, la tutelle semble avoir eu l'aval de la Fédération nationale des parents d'élèves pour sévir, cette dernière ayant tenu un langage très dur à l'endroit des enseignants en grève lors de sa rencontre avec le ministère. M. Benbouzid a, ensuite, insisté sur le maintien du calendrier des épreuves du baccalauréat, fixées pour les 7, 8, 9 et 10 juin prochain, et celles du Bef qui se tiendront les 26, 27 et 28 mai pour les régions du Sud, et les 15, 16 et 17 juin pour le Nord. “Les dates ont été fixées depuis longtemps et resteront inchangées”, a-t-il indiqué. Pour cela, la tutelle a décidé d'un dispositif qu'elle mettra en place à partir de ce samedi pour le rattrapage des cours. “Nous avons tenu des séances de travail avec les chefs d'établissement et nous avons étudié, ensemble, les moyens à mettre en œuvre pour terminer le programme”, a déclaré le chef de cabinet du ministre, M. Boubekeur Khaldi, qui a tenu à faire savoir que sur les 112 lycées que compte la capitale, “les perturbations n'ont touché que 25 établissements et seuls 6 ou 7 d'entre eux ont enregistré un retard dans le programme”. Il a assuré que “la situation n'est pas aussi catastrophique qu'on a voulu la présenter” et que “la majorité des établissements a presque finalisé le programme”. Concernant le dispositif conçu pour le rattrapage des cours, l'accent a été mis sur la mobilisation des moyens humains et matériels pour cela. 130 “enseignants”, en formation d'inspecteurs et de proviseurs, seront mobilisés, des polycopiés et des CD-Rom seront distribués aux élèves concernés par les examens. “L'Etat va mettre tous les moyens pour cela, même si nous devons payer les enseignants à 150%”, a lancé M. Benbouzid qui a indiqué que la tutelle a décidé l'augmentation à 100% des indemnités de correction des épreuves du baccalauréat et du Bef — de 11 à 22 DA pour le baccalauréat et de 10 à 20 DA pour le Bef — ce qui induit une enveloppe supplémentaire de 21,7 milliards de centimes pour couvrir cette augmentation. Les indemnités accordées pour les heures supplémentaires seront, elles, majorées de 50% sur la base d'un décret qui sera signé incessamment par le Chef du gouvernement, a fait savoir le ministre de l'éducation. Un ministre visiblement gêné par une conjoncture dont il a hérité au départ de M. Salah Noureddine qui n'a rien fait d'autre que de compliquer une situation déjà déplorable, et qui tente de rassurer les enseignants en les assurant que “la prise en charge et l'amélioration de leur condition de vie et de travail figurent parmi les priorités du ministère de l'éducation nationale inscrites au programme du gouvernement”. R. M.