La polémique autour de la récente pétition, signée par les 69 joueurs professionnels d'Europe en signe de soutien au peuple palestinien, semble prendre racine. Des révélations tombent et dénoncent, ce qui animent ceux qui aiment le football et détestent ceux qui jouent hors terrain de football. Une pétition, c'est connue, n'est souvent pas la bonne blague du jour. La preuve, les signataires ont reçu des e-mails qui les font reculer, plutôt qui les font taire. Des menaces en guise d'avertissement déguisé qui émanent de quelques dirigeants de football européens. «Taisez-vous ou cassez vous», quel méchant slogan que sélectionnent les dirigeants pour afficher leur désapprobation. Aussitôt, c'est l'avalanche de démentis qui se succèdent venant des joueurs impliqués, à juste titre, dans la pétition de soutien à la Palestine et contestant la tenue de l'Euro-Espoir en Israël, une pétition lancée par Frédéric Kanouté. L'actuel attaquant du club chinois de Beijing Guoan s'est pourtant défendu, à travers un communiqué. «J'ai reçu de la part d'amis, la déclaration sur la Palestine me demandant si je désirais la signer, indique l'attaquant malien. J'ai, à l'instar de plusieurs autres footballeurs, accepté de le faire, en geste de solidarité avec une population qui vit sous occupation», puis il poursuit, «malheureusement, une minorité d'e-mails et de commentaires dans les médias sociaux nous critiquent, nous les signataires, pour des positions partagées par nombre de citoyens en Europe et dans le monde. Il est vraiment triste que des gens tentent de faire pression sur nous et nos clubs afin de réduire au silence les footballeurs et de censurer ainsi notre liberté de penser. La liberté d'expression et le bon fonctionnement de la loi sont des composants fondamentaux d'une société démocratique.» Ainsi, l'international malien qui évolue en Chine, n'a pas hésité à arborer en 2009 le tee shirt en l'honneur de la cause palestinienne. Sur son site personnel, il dénonce et condamne avec force la décision de l'UEFA de confier à Israël l'organisation de l'Euro-Espoir en juin 2013. Les 63 signataires estiment que l'UEFA ferme les yeux sur la récente offensive israélienne sur la bande de Ghaza et expriment «(leur) solidarité avec le peuple de Gaza qui vit depuis trop longtemps en état de siège, et dont on refuse les droits humains les plus fondamentaux : la dignité et la liberté.» En juin dernier, Eric Cantona accompagné de plusieurs personnalités, avait déjà envoyé une lettre allant dans ce sens à l'UEFA. «Nous sommes choqués de voir que certains politiciens et institutions sportives qui se sont inquiétés de la tenue de l'Euro en Ukraine, en raison des violations des droits de l'Homme, se taisent quand Israël est censé accueillir la coupe européenne de football des moins de 21 ans en 2013» et ce n'est pas fini, les références remontent à la surface et mettent ainsi dans une situation inconfortable ceux qui gèrent le football européen. La preuve est faite par ce grand Michel Platini qui déclarait, il n'y a pas longtemps «nous ne pouvons pas tenir la fédération israélienne responsable de la situation politique dans la région où des procédures légales en vigueur dans son pays. L'UEFA est une organisation apolitique et la fédération israélienne a gagné le droit d'accueillir la compétition par un vote équitable et démocratique.» La relation tumultueuse des footballeurs avec Israël ne date en tout cas pas d'aujourd'hui. Et pourtant en mars 2005 alors que l'équipe de France devait jouer à Tel-Aviv une rencontre comptant pour les éliminatoires au Mondial-2006, Fabien Barthez avait fait part de son inquiétude. «Quand je vois ce qui se passe dans le monde, je me demande pourquoi on va jouer là-bas. Cela ne me plaît pas du tout, mais alors pas du tout (...) C'est l'homme et le père de famille qui parle, pas le joueur.» Des propos qui avaient à l'époque soulevé un véritable tollé.