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Un conqu?rant impitoyable
Attila (433-454)
Publié dans La Nouvelle République le 28 - 01 - 2009


Roi d'un peuple de la steppe
Attila fut le roi des Huns -- une peuplade originaire des steppes qui s'était établie dans la plaine danubienne -- et régna selon l'historiographie romaine de 434 à 453. Dans les faits, l'essor de la puissance hunnique en Europe commence en 422 au temps du grand-roi Ruga et connaît son apogée durant le règne de son successeur, Bleda, le frère d'Attila. Attila eut plusieurs fils, dont Ellac, son successeur officiel. Ruga, en effet, puis son successeur, aide un parti des Romains occidentaux -- celui du patrice Aetius, opposé à l'impératrice Galla Placidia -- d'abord à prendre le pouvoir contre sa rivale (en 433 ou 434), puis dès 435 à chasser les barbares germaniques qui s'étaient installés en Gaule. Notamment, en 436, les Huns écrasent l'armée burgonde de Gundahar ( événement qui sert de base à un c hant local célèbre).
Les relations privilégiées des Huns avec l'Occident contrastent avec les luttes des Huns contre l'empire d'Orient, et expliquent en partie la future politique d'Attila. De fait, Ruga, est de plus en plus hostile à l'empire d'Orient et il meurt dans une expédition organisée contre celui-ci en 434, certainement empoisonné par ses neveux. La succession se fait alors au profit de Bleda, qui devient grand-roi à son tour, et dans une moindre mesure de son frère Attila qui n'hérite que des territoires occidentaux.
Les Huns dominent l'Orient
Les années suivantes (435-440), sous le règne de Bleda, sont marquées par le triomphe des Huns face à l'empire d'Orient. Ces derniers étaient de grands guerriers intrépides et d'une brutalité inouë. Dans ces temps obscures, ces traits étaient, vérité obligen communs à tous les peuples anciens. Les Huns étaient armés de flèches et d'épées et maniaient parfaitement les mouvements du combat. Leurs chevaux de petite taille, sobres et rapides leur permettaient de se déplacer rapidement dans les champs de bataille et à travers les espaces. C'est ainsi qu'ils arrivaient à triompher de leurs adversaires comme le triomphe cité plus haut. En effet, ce triomphe était avant tout diplomatique et la politique de Bleda à l'égard des Romains est pacifique. Un doublement du tribut versé par Constantinople et la promesse impériale de ne plus s'allier aux barbarres ennemis des Huns (aux peuples germaniques restés indépendants) donne les mains libres à Bleda. Aussi, les Huns étendent leur empire jusqu'aux Alpes, au Rhin et à la Vistule. .Pourtant, dès 440, profitant de l'occasion qu'offre l'invasion de l'Arménie romaine par les Perses sassanides, invasion qui détourne momentanément l'attention de Constantinople des Huns, Bleda attaque à nouveau l'empire d'Orient. A ce moment, Attila n'aide son frère qu'en dernier recours, ayant entamé des pourparlers avec l'empire de son côté. Il ne le fait sans doute que pour éviter d'être lésé sur le partage du butin. La politique séparée d'Attila lors de la guerre de 441-442 s'explique principalement par sa volonté de négocier avec les Romains la remise des princes héritiers huns qui s'étaient réfugiés dans l'empire à la mort de Ruga, dès 435. Ceux-ci auraient hérité du royaume en cas de décès de son frère.
Attila s'empare du trône
Fin 444 ou début 445, aidé par ses vassaux germaniques, Attila réussit un coup d'État contre son frère Bleda. Deux Germains soumis aux Huns : le Skire Edika et le roi des Gépides Ardaric, fournirent en effet les forces nécessaires pour l'assassinat de Bleda qui eut lieu dans l'ordu de ce dernier.
Attila devient alors grand-roi des Huns. Son règne dure huit ans et est marqué par un effondrement de la puissance des Huns, jusque-là patiemment bâtie sur la reconnaissance de l'empire hunnique par l'Empire romain d'Orient et sur la manne financière des tributs et rançons versés par Constantinople. En réalité, il semble que dès la fin de l'assassinat, les alliés germaniques d'Attila aient influencé celui-ci en favorisant la propension qu'il avait de se croire destiné à règner sur l'univers tout entier. Or, dans l'engrenage qui va mener les Huns à acquérir plus de puissance, Attila se trouve rapidement contraint à de nouvelles guerres pour récompenser et surtout garder ses fidèles Germains.
Aussi, Attila se fait désigner Europæ Orbator (empereur d'Europe) et s'empare dès 445-446 de la province romaine de Pannonie-Savie (le reste de la Pannonie étant déjà tenue par les Huns). Pour maintenir la fiction de l'administration romaine, il est quand même nommé maître de la milice par l'empereur. Depuis la cuvette danubienne où il est durablement installé, Attila menace alors l'Empire romain. Mais, en janvier 447, un tremblement de terre détruit une grande partie de la muraille théodosienne de Constantinople et provoque une famine importante. Cette faiblesse de l'Empire d'Orient permet à l'Empire d'Occident d'être momentanément épargné par les visées d'Attila.
Attila, profitant de l'événement, jette son armée sur l'Empire d'Orient. Il s'y embourbe : en réalité, l'empire ne paye pas son tribut et les versements des sommes précédemment dues sont interrompues. Les négociations de paix durent plusieurs années, sans aucun bénéfice pour les Huns. Or, au moment même où elles vont aboutir, les tributs versés par l'Orient se tarissent définitivement. L'empereur Théodose II meurt dans un accident de cheval et le «parti des bleus» (parti des sénateurs et des aristocrates) triomphe : il est farouchement opposé à l'idée de payer les barbares pour acheter la paix.
L'invasion de l'Occident romain
N'ayant pu envahir ni soumettre l'Orient, Attila se retrouve pris dans le jeu diplomatique d'Occident en 450. L'épisode concerne Honoria, co-impératrice d'Occident que son frère cadet, Valentinien III, veut forcer à prendre le voile pour préserver l'unité impériale. En 449, un scandale éclate et Honoria est envoyée à Constantinople pour que sa «virginité» soit mieux gardée. Celle-ci envoie alors sa bague à Attila pour lui demander de l'aide. Attila prend l'affaire au sérieux et accepte le bijou comme «dot», avant de demander la Gaule en tant qu'héritage impérial dû à sa «fiancée».
Bloqué en Orient, devant le refus de Valentinien et suite à la disparition de Honoria, Attila se trouve contraint en automne 450 de déclarer la guerre à l'Empire romain d'Occident, ce qui met un terme également au tribut versé par l'Occident. A la tête d'une armée coalisée hunno-germanique, Attila se lance au printemps 451 contre la Gaule. Cette armée réunit Gépides (les plus nombreux), Ostrogoths (dirigés par trois rois frères dont le père du futur Théodoric le Grand), Skires, Suèves, Alamans, Hérules, Thuringiens, Francs, Burgondes, Alains, Sarmates, elle est majoritairement germanique et les Huns n'en composent qu'une infime partie. Les tactiques qui ont précédemment fait leur succès contre les «civilisés» ne sont donc plus à l'ordre du jour. Le 7 avril, Attila brûle Metz.
La Gaule lui résiste, d'abord à Paris sous l'impulsion de sainte Geneviève, puis à Lyon, à l'instigation de saint Aignan. Attila est définitivement vaincu par une autre armée barbare, menée par le patrice romain Aetius représentant l'empereur Valentinien III, mais surtout grand connaisseur du grand-roi. A Orléans, où il compte franchir la Loire, le roi hun trouve face à lui les Wisigoths de Théodoric Ier et l'armée romaine d'Aetius, en réalité composée de tous les peuples établis en Gaule à cette époque : Alains, Francs, Burgondes, gentiles sarmates, Saxons, Lètes (colons barbares), Armoricains et même des Bretons venus d'Outre-Manche...
La défaite finale (453)
Les Huns sont repoussés et c'est à 7,5 km de Troyes que la bataille finale a lieu, sans doute moins d'une quinzaine de jours plus tard, dans des champs près du village de Maurica ou Mauriacus ( identifiés par la suite comme les «champs catalauniques» près de Châlons-en-Champagne). A la suite du carnage, Attila reste un moment en Gaule puis se retire vers le Rhin. Au printemps 452, il attaque à nouveau en Italie. L'armée d'Attila prend Aquilée, Padoue, Vérone, Milan, Pavie et se dirige vers Rome. Valentinien décide alors de négocier.
Conduite par le pape Léon Ier, par le préfet Trigetius qui a déjà traité avec les Vandales de Genséric, et par le consul Aviennus une délégation romaine va au devant du roi des Huns et obtient un armistice. Dans le même temps, les troupes du nouvel empereur oriental, Marcien, ont franchi le Danube et menacent le cœur de l'empire hunnique. Aussi, Attila se retire en Pannonie. De retour dans son ordu, le grand-roi meurt subitement, au printemps 453, peut-être empoisonné, sans doute d'une hémorragie à la suite d'un festin donné à sa cour pour ses dernières noces. Attila reçoit des funérailles royales et est enterré dans un triple cercueil, probablement sous le lit du fleuve Tisza (dans la Hongrie actuelle), temporairement détourné pour l'occasion. Son fils Ellac lui succède, mais les Huns avaient déjà perdu une grande partie de leurs moyens et durent se replier jusqu'à disparaître de l'histoire et subir les événements provoqués par d'autres peuples qui les dominèrent à leur tour.


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